‹ Histoire de la nation suisseChapitre 2 sur 82 · Deuxième partie : Période héroïque · texte numérisé non relu

Deuxième partie : Période héroïque

LAUSANNE

HENRI MIQNOT ÉDITKUR 17, Pré du Marché, 17

PmUC LIBKARÏ

muM rati.iDAmin ■ 1950 L

Dans les préoccupations de notre époque, l'étude des sciences et des problèmes sociaux figure au premier rang. Les sciences physiques et naturelles vont de découverte en découverte ; grâce à elles l'humanité a vu se réaliser en cinquante ans plus de progrès qu'elle n'en avait accomplis précédemment en trois siècles. Les progrès dans l'ordre matériel en appellent d'autres dans l'ordre moral ; avec le développement de l'instruction la misère diminue, et le vice décroît par la diminution de la misère. La société se doit à ellemême de venir en aide au faible, au déshérité, à celui qui lutte péniblement contre les difficultés de l'existence^ elle doit chercher par un effort constant à améliorer les conditions économiques du ' travailleur ; il y a non pas une question sociale mais bien des problèmes sociaux dont l'étude s'impose aux gouvernements. Que nous importe le passé ! C'est de l'avenir que dépend notre bonheur ; c'est vers lui, entendons-nous dire parfois, quMl faut diriger notre regard.

Il y a dans un tel langage une grande part de vérité, nous sommes prêt à le reconnaître. La génération qui nous a précédés a poussé trop loin les doctrines individualistes et il en est résulté une réaction. Tant que le monde sera monde il en sera perpétuellement ainsi. L'homme, étant incapable de concevoir le vrai et le bien absolus, oscille perpétuellement entre les théories les plus opposées, les idées comme le costume subissent l'influence

de la mode et sont sujettes à des retours périodiques. Se laissant séduire par certaines apparences, l'homme s'engoue d'un système jusqu'au moment où, tel inconvéaient se manifestant, il l'abandonne brusquement pour adopter la thèse opposée, quitte à y revenir ensuite, croyant de bonne foi avoir trouvé une solution nouvelle, est-il de la liberté du travail, de la liberté de la presse, échange, ainsi encore des divers systèmes de propriété, de alisation du sol, des monopoles, etc. Brâlant ce qu'elle a adorant ce qu'elle a brûlé, la société s'avance k petits pas voie du progrès, elle piétine souvent sur place, pareille à ins qui se rendent à Saînt-Jacquea de Compostelle en faion, cinq pas en avant et trois en arrière. Et, cependant, cations mêmes de l'esprit humain sont dignes de axer ention, car en elles se reflète, comme en uu miroir, l'âme liété avec ses enthousiasmes et ses souffrances. L'histoire n documents précieux pour le psychologue. L'étude objecmpartiale des faits assouplit l'intelligence et l'habitue à jr un événement sous ses faces multiples ; l'influence légiles grands hommes ont eue sur leur temps se continue à es âges, à son contact l'esprit s'ennoblit et acquiert une ade indépendance ; la puissance de l'ezomple a une force )le qui contribue puissamment à la formation du caractère volonté.

idominance des sciences exactes et l'application de leurs 3 précises à des problèmes de l'ordre moral est une cause a d'erreurs ; un raisonnement rigoureux basé sur des s incomplètes aboutit fatalement à des résultats faux, r qui en posant les données d'un problème de l'ordre 'oit avoir tenu absolument compte de tous les éléments de on à résoudre, n'est qu'on présomptueux, et les vices de ème ne doivent pas tarder à se manifester. Ce travers est ns lequel tombent volontiers les publicistes de l'école Ile ou philosophique qui tendent à subordonner le cas parau cas général, en croyant servir la cause de l'intérêt

public. D*autre part les publicistes de Técole historique, par un respect exagéré des situations considérées comme acquises, rendent parfois certains progrès impossibles. Les querelles entre les Proculéiens et les Sabiniens de l'ancienne Rome se sont perpétuées jusqu'à nos jours et sont nécessaires pour faire valoir tous les côtés d'une question.

L'homme désireux de s'éclairer aura recours aux études littéraires pour élargir son horizon. Mais les œuvres d'imagination, si utiles pour arracher le travailleur au terre à terre de l'existence, ont aussi leur inconvénient. Elles faussent parfois le jugement en forgeant des tjpes faits d'exception et partant contraires à la réalité. Un roman donne souvent une idée très inexacte d'un pays parce qu'il s'applique à décrire les qualités ou les travers qui sortent du courant. Les mémoires et les lettres que nous ont laissés les siècles passés produisent souvent un effet semblable ; écrits par des gens d'esprit (autrement on ne les publierait pas) et racontant d'une manière piquante des faits propres à divertir le lecteur, ils le laissent sous l'impression que dans ces temps-là tout le monde avait de l'esprit et que la vie possédait un charme, un imprévu qui est loin de correspondre à la réalité. Ceci soit dit sans vouloir faire tort à ce genre d'ouvrages qui, bien compris, seront toujours une source inépuisable de renseignements.

Au lecteur que ne rebute pas une certaine tension intellectuelle, l'histoire s'offre comme un complément aux études scientifiques et littéraires. Elle le met en présence de choses réellement vécues, dans les milieux les plus divers, et lui permet d'asseoir son jugement sur une base plus large. Elle réagit contre l'influence parfois néfaste de cette « folle du logis » que l'on appelle l'imagination. Elle ramène à de justes proportions l'importance du temps où nous vivons, importance que les grandes inventions dont notre génération a été témoin nous portent à exagérer. Jadis les historiens s'étendaient longuement sur les faits militaires et négligeaient souvent les faits moraux. Aujourd'hui ils mènent de front l'étude de tous les éléments qui ont agi sur le développement de la civili-

sation : religion, art, culture intellectuelle, conceptions juridiques, commerce, industrie, politique et mœurs ; domaines dans lesquels les anciens sont encore à plus d'un égard nos maîtres. Ainsi envisagées, les annales d'un peuple constituent un moyen d'enquôte indispensable à quiconque veut s'occuper sérieusement de sociologie. La préoccupation de l'avenir, loin de nous détourner de l'étude du passé, doit au contraire nous engager à y puiser des éléments d'appréciation sur l'enchaînement des causes et de leurs effets et sur les avantages que l'on peut attendre de telle ou telle réforme dans l'organisation de la société.

A ce titre l'histoire de la Suisse a un attrait tout particulier. Son caractère extraordinairement complexe, conséquence des différences de races, de mœurs, de religion et de langue des peuples qui la composent, joint aux vicissitudes et aux révolutions dont notre patrie a été le théâtre, fournissent aux esprits curieux de scruter les phénomènes sociaux un champ d'études d'un haut intérêt.

La Suisse a joué naguère, du quatorzième au seizième siècle, un brillant rôle militaire ; dès lors elle s'est retirée de l'arène de la grande politique pour devenir la terre du refuge, l'asile des proscrits ; puis, s'adonnant aux arts de la paix, elle s'est signalée au monde par ses penseurs, ses écrivains^ ses savants ,* son sol peu fécond étant incapable de suffire à la nourriture de ses habitants, elle a trouvé une compensation dans l'expansion qu'ont prise son industrie et son commerce ; de tous côtés, dans toutes les grandes villes d'Europe, elle a envoyé des colonies laborieuses qui se sont acquis un renom honorable. Les difficultés inhérentes à sa situation géographique, à son climat, à l'éloignement de la mer, à rétroitesse de ses frontières ont stimulé son énergie.

Doit-on considérer la Suisse comme une nation, ou seulement comme une agglomération de nationalités multiples réunies par un lien fédéral artificiel ? Si le principe de la nationalité repose uniquement sur l'identité de langue et de race, notre patrie ne répond

évidemment pas à ce double réquisit, et Ton peut même se demander si tel n'est pas aussi le cas de la France ou de TEspagne. Il n*est, en effet, guère plus facile à un paysan breton ou basque de comprendre le provençal, ou à un Catalan de comprendre le castillan qu'à un Tessinois ou à un Neuchâtelois de s'entretenir avec un habitant de Saint-Gall. Mais, pour constituer une nationalité, il faut à la fois plus et moins que l'identité de langue et de race, il faut un patrimoine commun de souvenirs, d'intérêts, d'institutions et une volonté arrêtée de demeurer unis dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. Or ce patrimoine la Suisse le possède, elle y tient fermement, elle met un grand prix à le conserver et s'en fait gloire.

€ Heureux, disent certains sophistes, heureux sont les peuples qui n'ont pas d'histoire, > ce qui reviendrait à dire : heureux sont les peuples qui n'ont pas de passé, qui n'ont pas eu de combats, de luttes à soutenir, qui n'ont pas remporté de triomphes, qui n'ont pas subi d'épreuves, dont la vie exempte d'émotions s'est écoulée paisible, pareille à ces cours d'eau tranquilles qui ne rencontrent aucun obstacle sur leur route. Cette conception du bonheur des peuples est, à nos yeux, erronée. Ce n'est pas au milieu d'une quiétude ininterrompue que se déploient les mâles vertus qui font les races fortes. Nous dirons au contraire : heureux les peuples qui ont sans cesse présent à la mémoire un ensemble de souvenirs légués par les ancêtres. Â cet égard nos annales, loin de ressembler à un cours d'eau tranquille, sont plutôt comparables au lac des Quatre-Cantons. Sur cette nappe liquide entourée de hautes montagnes et de vallons escarpés où s'engouffre le vent, la vague est courte et l'orage s'élève parfois subitement avec une véhémence extrême, puis, soudain, le calme se rétablit et les rives accidentées de cette mer pittoresque reprennent leur aspect paisible, ici riant, là sévère. Tantôt hantés par de noirs pressentiments, tantôt bercés par une folle confiance, nous voguons parfois à la dérive. Or rien n'est plus propre à ranimer les courages abattus et à inspirer la modestie, que le spectacle des actions accomplies par nos devanciers et des difficultés qu'ils ont eues à surmonter. Nos fastes contiennent

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des pages glorieuses et des pages bamiliaates, les unes comme les autres sont utiles à méditer.

DsDs OD récent article intitalé One démocratie historique, aar lequel Dons anrions quelques réserves à faire, mais qui déuote une étude sérieuse de notre histoire, M. Charles Benoit* porte le jogenaent suivaut : < Hétérogène quant à sa formation géographique, aucun pajrs n'est autant que la Suisse homogèue de la profonde et suprême homogénéité de l'histoire. »

Ed fait cette hétérogénéité qui de prime abord frappe l'étranger et que met en évidence la variété des dos idiomes est plus apparente peut-être que réelle. Si nous remontons à vingt siècles en arrière, nous constatons que le point de départ 'géographique de notre nationalité se rapproche beaucoup de notre point d'arrivée. En somme, notre territoire forme bien un tout, vouln et providentiel, que des événements extérieurs, tels que l'invasion des barbares et les menées ambitieuses de nos puissants voisins, ont plus d'une fois démembré, mais qui a toujours tendu à se reconstituer, en dépit des modifications que des afflux de sang nouveau ont apportées à la constitution de notre peuple.

Avant la domination romaine, à peu près tout le plateau compris entre le lac Léman, le Jura, le lac de Constance et les Alpes était habité par les Helvètes ; ils avaient pour voisins, à l'ouest les Allobroges, à l'est les Rhètes, ils occupaient encore an nord le territoire qui s'étend entre Rhin et Mein, mais furent obligés de l'évacuer sous la pression des peuples germaniques. Durant plusieurs siècles l'Helvétie tout entière fut sous la domination romaine et la Khétie partagea son sort. Au moment des invasions barbares une première scission, origine de la diversité de nos langues, se produit ; les Burgondes conquièrent l'Helvétie occidentale, adoptent sa langue et fondent le premier royaume de Bourgogne, les Alémans s'emparent delà Suisse centrale et orientale, dont ils forment d'AIémanîe, et lui donnent leur idiome, tandis que les

'M Deux-Mondei. 15 janvier 1895.

hantes vallées de la Rhétie échappent à ces invasions et conservent des dialectes dérivés du latin. Au sixième siècle, le roi des Francs, Clovis, ayant soumis les Âlémans et les Burgondes, PHelvétie se trouve de nouveau réunie sous une même domination. Après le partage de l'empire de Charlemagne, le royaume de Bourgogne ou de Transjurane d*une part, le duché d*Alémanie ou de Souabe de l'autre se reconstituent (888-917). Sous le règne des empereurs Conrad III et Henri III de Franconie, le royaume de Bourgogne et le duché d'Alémanie sont absorbés par l'empire (1032-1038), la Suisse allemande et la Suisse romande se trouvent encore une fois réunies sous une même domination. A la mort de Berthold V de Zasringen, dont la famille avait été investie du gouvernement de la plus grande partie de la Suisse, une dernière scission s'opère ; deux maisons rivales, les comtes de Habsbourg d'une part, ceux de Savoie de l'autre, parviennent à établir leur autorité, les premiers sur la Suisse centrale et orientale, les seconds sur la Suisse occidentale. Pour conquérir leur indépendance les communes suisses luttèrent pendant plus de deux siècles contre ces deux maisons et parvinrent après les guerres de Bourgogne et la conquête du Pays de Vaud (1536), à constituer définitivement une confédération indépendante, composée de cantons souverains et de pays sujets s'étendant du lac de Constance au lac Léman, flanquée de deux autres confédérations alliées, celle des Ligues grisonnes et celle du Valais qui, comme sous les Romains, ont une vie distincte.

Pour expliquer la genèse de notre nationalité, qui se poursuit à travers les péripéties que Ton vient de décrire, il faut considérer à la fois la nature de notre sol, le tempérament de ses habitants et les circonstances politiques des pays qui nous avoisinent. La configuration géographique particulière à l'Uelvétie a permis à la classe des hommes libres qui habitaient nos hautes vallées de conserver leur indépendance et les traditions démocratiques des anciens Germains, tandis qu'ailleurs les hommes libres étaient contraints par la force des circonstances de s'assujettir aux grands. L'âpre climat de nos montagnes a développé à un haut degré chez les pâtres des

WaldstEetteo la virilité, le mépris de la mort et un grand amour de la liberté ; ces rudes champions, sans cesse aax prises avec les éléments, habitués à se contenter de peu, & se suffire k eux-mêmes, apprirent de bonne heure à défendre leurs intérêts, à régler leurs différends et n'éprouvaient aucun besoin de se placer sous la tutelle seigneuriale. Les compétitions fréquentes dont la couronne impériale fut l'objet, les longs interrègnes résultant de ces compétitions et les luttes entre les Guelfes et les Gibelins furent mises à profit par les premiers confédérés, qui se montrèrent fort habiles pour arracher des concessions aux souverains des maisons de Hohenstaufen, de Nassau, de Luxembourg et de Bavière. Lors des guerres d'Italie, il importait beaucoup aux Hohenataufen que le passage du Gothard ne fût pas aux mains de leurs adversaires ; cette nécessité politique où ils étaient les engagea à se montrer particulièrement favorables aux vœux des Schwyzois et des Uranais. C'est ainsi que la célèbre querelle des investitures a eu pour résultat indirect de développer les franchises communales des Waldsteetten et de leur assurer le bénéfice de l'immédiateté impériale. Plus tard les guerres sans cesse renaissantes entre les Français et les Allemands permirent aux confédérés de faire des conquêtes en Italie, et, finalement, de s'affranchir tout à fait des liens qui les rattachaient à l'empire.

Ces trois mêmes facteurs ont retardé le développement de l'unité nationale. En effet, le cantonnement dans des vallées profondes où les pâtres des Alpes vivaient isolés du monde pour ne se réunir à leurs confédérés qu'en cas de danger, donna aux premiers confédérés des tendances particularistes. Le sentiment de leurs droits et l'opiniâtreté propre aux montagnards devaient accuser chez eux cette tendance, qu'accentue encore la diversité de mœurs entre les Etats campagnards voués à l'élève du bétail et à la culture du sol, et les villes adonnées au commerce et aux arts manuels. Enfin les guerres européennes auxquelles les Suisses, poussés par leur besoin d'aventures, participèrent soit pour leur compte soit comme mercenaires, semèrent des germes de division parmi les confédérés.

Pour retracer siècle après siècle l'histoire de la Suisse, il faut faire marcher de front des événements qui se produisent parallèlement sous des influences diverses. Il en résulte que la trame du récit est fréquemment cachée par de nombreux épisodes qui ont cependant leur importance. A envisager notre histoire dans ses grandes lignes, elle présente néanmoins une certaine unité que nous voulons essayer de faire ressortir. On peut la comparer à un grand drame dominé tout entier par un perpétuel dualisme ; d'une part, les confédérés s'unissent pour s'affranchir de la dépendance étrangère, et de l'autre chaque canton prétend conserver son individualité propre. La variété dans l'unité : tel est le trait original, l'aspiration commune qui est le fondement de notre nationalité. Lorsque ce programme se réalise la Confédération est forte et fait des pas de géant, lorsque l'un des principes l'emporte sur l'autre les cantons marchent à leur perte.

Le drame est précédé d'un long prologue où nous voyons apparaître successivement les ancêtres de la nation suisse, les Helvètes, les Rhêtes, les Burgondes, les Àlémans, tour à tour en lutte avec les Romains, les Huns, les Sarrasins, l'Eglise, la féodalité, et les grands dynastes. Ces prolégomènes sont indispensables pour nous faire connaître le milieu dans lequel la Confédération s'est fondée, ainsi que le développement religieux, artistique et économique auquel étaient parvenues les communes suisses avant de proclamer leur indépendance. Le premier acte de ce drame comprend la période héroïque qui commence par l'alliance des Waldstaetten en 1291 et se termine en 1515 par la bataille de Marignan, glorieuse épopée que les hauts faits accomplis à Morgarten, à Laupen, à Sempach, à Nsefels, à Saint-Jacques, à Grandson, à Morat et à Novare ont rendue célèbre.

Le second acte correspond à la période de la réformation. Un vent de discorde souffle alors sur la Suisse ; discorde funeste mais aussi manifestation d'un travail intérieur de la conscience qui conduit à l'émancipation de la pensée.

Le troisème acte comprend les dix- septième et dix-huitième

siècles, c'est une période de déclin marqué ; la Suisse perd le sentiment de son unité et s'abandonne à des influences étrangères.

Le quatrième acte correspond à la période do la révolution helvétique; après de cruelles humiliations Tautonomie cantonale est momentanément sacrifiée à Tidée d'une unité factice.

Le cinquième acte se déroule durant le cours du dix-neuvième

siècle, c'est une époque de relèvement, de progrès et de réveil

national ; après de longues luttes intérieures les cantons trouvent

enfin dans les constitutions de 1848 et de 1874 des formules qui satisfont heureusement leurs besoins d'unité et d'indépendance

si essentiels à leur prospérité.

Tel est dans ses grandes lignes le plan que nous avons adopté. L'histoire de la nation suisse, dont nous publions aujourd'hui la première moitié, n'a point la prétention d'être une œuvre originale. L'auteur s'est assigné pour but de tracer un tableau aussi exact et aussi clair que possible du développement de la nationalité suisse dans ses phases successives. Les érudits au courant de notre bibliographie pourront aisément reconnaître les sources où nous avons puisé nos renseignements. Pour ne pas surcharger notre texte de notes qui fatigueraient le lecteur nous nous sommes généralement abstenu de les indiquer au bas de chaque page ; bornons-nous à dire que les principaux ouvrages que nous avons consultés sont, pour ce premier volume, les écrits de MM. Vulliemin, Histoire de la Confédération suisse ; Dândliker, Qeschichte der Schweiz ; Daguet, Histoire de la Confédératioii suisse; Dierauer, Qeschichte der schweizerischen Eidgenossenschaft ; Rahn, Geschichte der bildenden Kûnste in der Schweiz von den àltesten Zeiten bis zum Schliùsse des Mittelalters ; Blavignac, Histoire de Varchilecture dans les évèchés de Genève , Lausanne et Sion; E.-F. de Mulinen, Helvetia sacra; H. Carrard, Monographies sur les statuts de Pierre de Savoie et sur le combat de Chillon ; Rilliet, Les origines de la Confédération suisse; Œchsli, Les origines de la Confédération suisse; A. Gisler, Die Tells frage; Vaucher» Esquisses d'histoire suisse; Ed. Favre, La Confédération des

huit cantons ; Hilty, Les constitutions fédérales de la Suisse ; W. F. de Mulinen, Histoire de Berne ; Eugène Secretan, Sempach et Winkelried; Boccard, Histoire du Valais; Gremaud, Documents relatifs à l'histoire du Valais; P. von Planta, Chronik der Familie von Planta; F. de Gingins, Episodes des guérites de Bourgogne; J. E. Bonhôte, La bataille de Grandson; H. Wattelet, Die Schlacht bel Murten, etc.; enfin le recueil des Abschiede de la diète.

Nous espérons que cette compilation, car nous ne saurions donner un autre nom à ce traité élémentaire, rendra quelques services au public de la Suisse romande en le mettant en quelque mesure au courant des savantes rec^herches de nos compatriotes de la Suisse allemande.

En terminant nous tenons à remercier les amis qui nous ont facilité la tâche que nous nous étions imposée et tout spécialement M. le professeur !> Rahn, qui a bien voulu nous assister de ses précieux avis dans le choix des vignettes destinées à faciliter rintelligence de notre texte, ainsi que M. le ]> Ângst, directeur du Musée national, M. le EK H. Escher, bibliothécaire de la ville de Zurich, et M. le professeur ]> Meyer de Knonau , président de la Société des antiquaires de Zurich.

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