‹ Histoire de la nation suisseChapitre 27 sur 82 · ENTRÉE DE LUCERNE DANS LA CONFÉDÉRATION · texte numérisé non relu

ENTRÉE DE LUCERNE DANS LA CONFÉDÉRATION

Deux ans après, les hostilités recommencèrent à l'occasion de la coDstitutioQ d'un registre terrier que les ducs d'Autriche, avec l'autorisation de l'empereur, voulaient établir pour fixer définitivement l'étendue de leurs droits. Les Schwyzois, attaqués du côté de Zoug, pillèrent et saccagèrent les propriétés des Habsbourg. Les Lucernois refusèrent d'accepter les monnaies altérées de l'Autriche et maintinrent l'exil pronoDcé contre les quatre bannis de 1330. Défaits par le bailli de Rotbenbourg, les Lucernois acceptèrent, le 12 mai i336, de s'en remettre au jugement de neuf arbitres, choisis en nombre égal, à Bâle. à Berne et à Zurich. La sentence arbitrale qui intervint donna tort aux Lucernois, elle les obligea à accepter les monnaies autrichiennes, à reconnattre les droits des Habsbourg, mais, d'autre part, elle confirma les franchises dont les Lucernois avaient joui sous les abbés de Mourbach et les ducs d'Autriche, leurs successeurs. (28 juin 1336.)

Les arbitres ne se prononcent pas sur l'alliance avec les Waldstîetten * ; celle-ci ne paraît point avoir été abolie par eux et elle demeure un des principaux objectifs de la politique Iticernoise.

11 y avait à Luceme un parti qui déplorait l'alliance avec les trois cantons forestiers, qui désirait uq rapprochement avec l'Autriche et conspirait dans ce but. Un complot formé par quelques bourgeois et quelques étrangers pour surprendre la ville fut découvert dans ta nuit de la Saint-Jacques, en 1343. Ses auteurs furent arrêtés et bannis. On ne possède pas de renseignements certains sur cet événement bien connu sous le nom de Mordnacht.

On raconte que les partisans de l'Autriche portaient comme signe de ralliement une manche rouge, d'où le nom de conspiration des Manches rouges, et se réunissaient de nuit sous une voâte près de l'abbaye des tailleurs, à l'abri des regards du guet. Par une inspiration providentielle, dit Etlerlin, un jeune garçon dirigea ses pas de ce côté; effrayé par le bruit qu'il entend et par les armes qu'il voit, il veut s'enfuir, mais il est poursiTivi, arrêté et menacé de perdre la vie s'il ne prend l'engagement de ne répéter à âme qui vive ce qu'il a vu. 11 fait la promesse demandée et, personne ne prêtant plus attention à lui, il s'enfuit. Arrivé dans la rue, il avise une maison où les lumières ne sont pas encore éteintes, c'était l'abbaye des bouchers, où se trouvaient quelques consommateurs attardés, tl entre dans la salle à boire, se tourne vers le poêle,

' Voir Ed. Favre ; La confédération des kuii cantons.

PÉRIODE HÉBOÏQOE

ît lui dit : • 0 poêle, écoute ce que j'ai à te dire ; » pour un fou ; il raconte au poêle l'engagement qu'il re et la scène à laquelle il a assisté. A l'ouïe de son ompagnons bouchers donnent l'alarme. La surprise Dt les Lucernois étaient menacés est ainsi évitée. Cet la gravure a popularisé est présenté aussi par certains mme s'étant passé en 133â.

is années suivantes jusqu'en 13i7, les rapports des i^ec l'Autriche restèrent pacinques. Le ducOlhon étant 19, toutes les possessions des Habsbourg se conceo- ; les mains d'Albert II, dit le sage ou le paralytique, le int des fîls du roi Albert l". En 1347, à la mort de Louis de Bavière, la couronne impériale échut à de Luxembourg. Ce souverain, pour se concilier les es du duc d'Autriche, lui conGrma tous ses droits en Souabe, l'investit de tous les fiefs que les Habsbourg de l'empire et déclara nulles toutes les mesures par 3uis de Bavière avait attenté aux droits des ducs, eiliation de l'Autriche avec l'empire était menaçante ifédérés et devait les engager à rechercher de nouées; c'est alors que les bourgeois de Zurich, qui étaient juer un rôle important dans la Confédération, appale théâtre de l'histoire.

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