ENTRÉE DE ZURICH DANS LA CONFÉDÉRATION
zw'ÏDglienne avait, déjà au douzième siècle, été témoio des essais de rérormatioo d'Arnaud de firescia ; la cité de Gessner se signalait déjà au treizième siècle par ses goûts littéraires, c'était dans ses murs que Roger Manesse et les Minnesânger de la Souabe faisaient retentir leurs chants guerriers et galants. Gomme Lucerne, Zurich avait ud conseil dont les compétences s'étaient établies au préjudice des droits de l'abbesse et des avoués impériaux. Au quatorzième siècle, les corps de métiers ayant pris une grande importance aspirent à participer au gouvernement de la cité. Les seigneurs et les membres de la haute bourgeoisie ou connétables, qui le détenaient, veulent s'opposer à ces tendances nouvelles ; ils suppriment les corporations ; mal leur en prit. Un membre du conseil, appartenant à une ancienne famille, Rodolphe Broun, qui, frappé d'une grosse amende, nourrissait à l'égard de ses collègues UD amer ressentiment, se mil à la tète des mécontents. En juin 1336, une assemblée tumultueuse se réunit dans l'église des cordeliers, dépose le gouvernement et confie à Broun le soin de proposer au peuple une nouvelle constitution. Loin d'être un ambitieux vulgaire, Broun possédait de hautes capacités politiques, comparables à celles de Waldmann ; ce n'était pas non plus ce qu'on appelle aujourd'hui un doctrinaire, il n'entendait pas supprimer complètement le patriciat ; faisant la part des circonstances il composa !e conseil de treize membres de la noblesse et de la haute bourgeoisie et de treize chefs de tribus, en se réservant comme bourgmestre le choix des premiers. Le conseil était deux fois par an soumis à réélection. Dans ses grands traits la constitution dont Broun dota sa ville Ta régie près de cinq siècles, ce qui montre qu'elle répondait aux exigences de la situation. Pour prévenir le rétablissement du régime déchu, il mit en accusation les anciens conseillers sous inculpation de mauvais vouloir dans l'exercice de la justice, et de mauvaise administration. Les conseillers réputés les plus dangereux furent exilés de la ville, les autres placés sous surveillance.
Cette révolution démocratique n'était pas un fait isolé, des mouvements semblables eurent lieu, à la même époque, à Bâie et dans les cités du Rhin.
Les magistrats patriciens exilés se retirèrent auprès du comte Jean de Habsbourg-Laufenbourg, à Rapperschwil ; là. ils réunissent un grand nombre de partisans et la guerre ne tarde pas à éclater. Une rencontre, dans laquelle périt le comte de Habsbourg, eut
Grivau le 21 septembre 1337. Il laissait trois fils : Jean, ed et Rodolphe. Le roi Louis de Bavière et le duc Albert posèrent ; Broun n'osant alTronter une lutte cootre PAuautorisa un certain nombre d'exilés à rentrer à Zurich, et aix avec les héritiers du comte de Habsbourg-Rapperschwil. cendant que Rodolphe Broun avait su prendre à Zurich Klraordinaire, sa situation présentait quelque analogie avec les Visconti à Milan et des Médicis à Florence qui, eux s'élaienl appuyés sur ce qu'on appelait en Italie les « arts 'S, » c'est-à-dire la petite bourgeoisie, pour s'emparer du r. Le tout-puissant bourgmestre naviguait avec prudence ieu des écueils de la politique ; pour assurer sa position il t, de i340 à 1348, des alliances avec l'évêque et la ville de es cités de Constance, Saint-Gai! et SchalThouse et entretint is rapports avec le duc Frédéric d'Autriche, le fils d'Albert II,
il fournit même des secours dans la guerre contre te séide Laodenberg. Au printemps de 1349 il obtint de l'em-
Charles IV de Luxembourg, la sanction de la nouvelle ution de Zurich et la confirmation de ses droits et privilèges, •uvre paraissait absolument consolidée lorsque, tout d'un la face des choses changea.
bannis nourrissaient une haine mortelle contre le nouveau ;; réfugiés à Rapperst:hwil, ils entretenaient des intelligences :urs conjurés rentrés à Zurich ; ils avaient promis à leurs le Rapperschwil d'acquitter leurs dettes s'ils leur prêtaient )ncours. Forts de ce double appui, ils s'introduisent sous des ements divers dans la ville de Zurich, tandis que le comte jperschwil se présente devant ses murs avec une suite nom-
et pénètre par une porte ouverte par les conjurés. Tout I le tocsin sonne, le peuple prend les armes, un combat ge dans les rues, le comte de Rapperschwil est fait prisona plupart des conjurés périssent dans la lutte, d'autres sont "isonniers et subissent le supplice de la roue ou meurent i glaive.
jours après cette nuit meurtrière {Mordnackl), Rodolphe Broun lit ses avantages et marche avec ses alliés de Schaifbouse
Rapperschwil, la rivale de Zurich. Ce foyer de la conspirafactionnaire se rendit après un siège de trois jours. Litriche dont, treize ans auparavant, l'intervention avait mis a guerre précédente, demeura neutre. Fidèle au système