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CHAPITRE XVllI Guerre de Zurich contre Schwyz

Puissance des comtes de Toggenbourg. — Rivalité de Reding et de Stussi. — Ouverture de la succession du comte de Toggenbourg. — Prétentions et agissements des Schwyzois, des Glaronnais et des Zuricois ; arbitrage des Confédérés. — La guerre éclate entre Schwyz et Zurich. — Alliance de Zurich avec l'Autriche . — Bataille de Sain^-Jacques sur la Sihl. — Trêve. — Siège de Zurich.

La puissante famille des comtes de Toggenbourg résista longtemps à la déchéance dont s'était vue frappée la noblesse de la Haute-Allemagne ; par une prudente administration elle avait considérablement étendu ses domaines; en 1207, son chef avait acquis Uznach et pris le titre de comte. Puis, tandis que dispa-

raissent successivement les Zaeringen, les Kibourg, les Regensberg et les Rapperschwil, nous voyons, au contraire, en 1323, le comte Frédéric V de Toggenbourg, grâce à son mariage avec la fille de Donat de Vaz, acquérir à la mort de ce puissant dynaste la seif^neurie de Mayenfeld, le Pnettigau, Davos et une partie de la A létie. En 1405, les Toggenbourg reçurent en gage de F Autriche les contrées de Gaster, Wesen, Wallenstadt et Sargans.

iPlus adroits que les Habsbourg, ils avaient su se concilier l'amitié des Suisses, ils étaient intervenus comme médiateurs dans leu ;s luttes contre l'Autriche ; dans la guerre d'Appenzell, ils avaient, quoique investis de la confiance de TAutriche, ménagé les ^ppenzellois et, une fois la paix survenue, ils avaient conclu alliance avec eux. Profitant de la mise au ban de l'empire, dont fut fi^appé le duc Frédéric de Habsbourg, ils s'étaient emparés, en 1415 de Feldkirch et du Vorariberg. Enfin, en 1424, les comtes de Toggenbourg acquièrent encore le Rheinthal et parviennent à leur apogée. Cependant, leurs sujets avaient subi la contagion des idées indépendantes dont les Appenzellois et les Confédérés leur donnaient l'exemple, et leur situation était devenue criticpie. A force de diplomatie, le comte Frédéric VII sut conjurer l'orage qui le menaçait ; pour lutter contre le mouvement populaire, il fit cause commune avec la démocratie, conclut avec Zurich un traité, en 1400, et devint également combourgeois de Schwyz en 1417, et de Claris en 1419. Ses sujets, de leur côté, signèrent une alliance avec Claris et Appenzell. Lorsque la lutte éclata, les Confédérés, appelés comme arbitres, se prononcèrent en faveur du comte. Les Claronnais se soumirent à cette sentence, mais les Appenzellois se rebiffèrent et soutinrent les patriotes du Toggenbourg ; grâce aux secours des Schwyzois et des Zuricois, le comte soumit ses sujets rebelles (1429).

A cette époque, Schwyz et Zurich avaient à leur téte des magistrats dont la rivalité personnelle devait contribuer à accroître les compétitions entre ces deux républiques; c'était, d'une part, Ital de Reding, Tafné, qui occupa les fonctions de landamman à Schwyz, dès l'année 1413, de l'autre, Rodolphe Stmsi, qui, quoique d'origine glaronnaise, fut appelé, en 1430, aux fonctions de bourgmestre à Zurich.

Ces deux hommes, doués d'une volonté inébranlable, étaient aussi habiles diplomates que braves capitaines. Stussi avait un tempérament passionné, entreprenant, obstiné, intrépide, il était

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