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séance du 9, où elle fîit proposée par le laDdamman Lotti Itn-inèine. La victoire da parti populaire fui anooiieée aa sop des doches el da canoo.
La vicloire des lilDéraux tessinoîs répandil la joie aa sein du parli démocratique des autres cantons. Mais les espé* rances qu'elle fit concevoir et les plans d'éqiandpatioa aaxquels elle donna lieu n'auraient pu être réalisés avant plusieurs années, sans la révolution de juillet 4 830 et la secousse que cet événement imprima à tout le système politique de l'Europe. Le roi de France, Charles X, était depuis longtemps en lutte avec i'opposilion libérale, représentée par les hommes d'État, les orateurs et les publicistes les plus distingués du royaume. Résolu à briser cette résistance, Charles X rendit des ordonnances qui suspendaient la liberté de la presse et déclaraient dissoute la chambre des députés (26 juillet). Ces ordonnances furent considérées comme une violation de la charte, ou loi fondamentale du royaume, et soulevèrent le peuple de Paris, qui, pendant trois jours, se battit dans les rues avec acharnement contre les troupes royales, suisses et françaises (27, 28 et 29 juillet). Le troisième jour, Charles X se vit obligé de fuir, et un nouveau roi, un roi-citoyen fut proclamé dans la personne du duc d'Orléans, Louis-Plulippe V\
L'exemple de la France entraîna les Belges, qui secouèrent le joug du roi de Hollande. Bientôt après éclata l'insurreotion des Polonais contre la Russie. Une fermentation extraordinaire se fit sentir aussi en Italie et en Allemagne.
Les démocrates suisses profitèrent de rébranlemebt général pour renverser le système établi en 4815. Des réunions âb notables et des assemblées populaires eurent lieo dans beaucoup de cantons et eurent pour résultat le changement des gouvernements et rétablissement de constitutions libérales. « Nul excès, dit Zschokke, ne souilla la régénéra- Uoo suisse ; le sang ne coula point, on ne vit point de torches ineendiaireSy comme dans la même époque, à Paris, à Bruxelles, à Varsovie, à Modène et ailleurs. » ('}
La révolution ne s'accomplit cependant pas d'une manière iout-à-fait pacifique. A Fribourg, un grand nombre d'hommes ârmés de gourdins entourèrent rHùlei- de- Ville, où le graod-
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oonaeil délibérait sar les pétitions de Moret el de Balle. Les plus ardents, François Duc à leur téie, parlaient d'escalader le perron. L'ordre de tirer sur le peuple (ùt donné à la troupe el allait être exécuté, lorsque Favbyer Dîesbach intervint et annonça aux pétitionnaires que leurs vœux seraient exaucés (2 décembre). A Lausanne, M. le professeur Wonnard, partisan prononcé d'une révision, mais non du règne de la violence, harangua le peuple ameuté et le fit retirer sur la place de Montbenon, théâtre habituel des révolutions vaudoises (18 décembre). En Thurgovie, 3,000 hommes, conduits par le pasteur Bornhauser, orateur et poète de talent, marchèrent sur Frauenfeld. Un riche aubergiste de village, aux mœurs patriarcales, Fischer, de Merischwanden , s'empara d'Aarau avec 2,000 paysans, et se retira quand il eut obtenu une promesse de révision.
A Zurich, la cause de la révision fut emportée par l'assemblée populaire d'Uster, qui comptait 10,000 hommes (23 novembre). Deux patriciens, jouissant de la confiance générale, Murait et Ustéri , composèrent seuls la commission de révision. Ustéri , dont la vie entière avait été consacrée au bien public et à l'avancement moral et intellectuel de ses concitoyens, fut placé è la téte de TÉtat comme bourgmestre. Mais une mort inattendue enleva quelques mois après cet homme d*État à son canton et h la Suisse, dont il était Pon des plus beaux ornements.
Les constitutions nouvelles, basées en général sur des principes uniformes, consacraient toutes Pégalîté civile et politique des citoyens, la publicité des séances, le droit de pétition et d'association, la liberté de la presse, la séparation des pouvoirs et ^amovibilité des magistratures et des fonotiens publiques en général. Ces constitutions variaient sur quelques points essentiels. Les membres du grand-conseil, par exemple, étaient nommés, dans certains cantons, par le peuple lui-même, réuni en assemblée primaire (élections directes). Dans d'autres , au contraire , le peuple choisissait des électeurs, qui nommaient, eux; les députés au grandconseil (élections à deux degrés, ou indirectes). Certaines constitutions, oomme celles de Zurich, de Bâle et de Lucerne, par exemple, accordaient un plus grand nombre de députés aux cbefs-lieux des cantons , en raison de leur importance
politique, ou comme ooDlrei de lumières. 0*autres basaieni le nombre des représentaDls sur le chiffre exact de la population j et compilent par téte. L'œuvre de la révision ne se fit pas non plus partout de la même manière. Dans quelques endroits, cette œuvre fut abandonnée aux anciens goavemants ; dans d'autres, elle fut l'œuvre d'une assemblée consliluante nommée à cet effet. Le refus d*one constituante causa des troubles dans le canton de Saint-Gall, où des démagogues ignorants prétendaient que toute loi devait être élaborée par le peuple réuni en assemblée législative.
Une autre question litigieuse s'éleva à roccasion des nouvelles constitutions; celle de savoir si les ecclésiastiques seraient admis à siéger dans le sein de la représentation cantonale. La question, résolue d'une manière affirmative dans plusieurs cantons protestants et dans les cantons catholiques ou mixtes du Tessin et de Saint-Gall, fut décidée en sens contraire à Lucerne , Soleure et Fribourg. L'évéque de ce dernier canton, Mgr. Yenni, nommé membre de la constituante par le district de Rue^ ne fut pas admis à siéger par l'assemblée.
Les cantons qui avaient révisé leurs constitutions particulières comptaient bien réviser aussi le pacté fédéral de 4815, dont Torigine étrangère et les principes qu^ils renfermaient n^étaient point en harmonie avec le nouvel ordre de clioses. Un appel au Vorort fut lancé par M. Casimir Pfyfler, de Lucerne, député à la diète. Une réunion d'hommes influents de divers cantons eut lieu à Langentbi^, dans le canton de Berne, pour préparer les voies à cette révbion (1831). Biais la révision du pacte rencontra de grandes difficultés dans l'opposition des petits cantons et les vues divergentes des hommes d'État qui représentaient les États r^énérés (on appelait ainsi les cantons qui avaient révisé leurs oonstituttons). Cependant, en 1832, au milieu des événements les plus graves, au milieu des troubles de Neuchâtel, de ceux de Schwytz et de Bâle, qui se partagèrent en deux demi-cantons, et quelque temps avant la conspiration patricienne qui menaça l'existence du nouveau gouvernement de Berne, la diète prononça la révision du pacte et confia cette œuvre capitale à une commission de quinze membres, au nombre desquels se trouvaient les hommes d'État les plus émiaents de la Suisse , Édouard
H1ST0I18 DK LÀ NATIOM SUIS8B.
Pfyffer, de Lucerne; Charles Schaller, de Fribourg; Baumgartner, de Saint-Gall; Sidier, de Zoug; Monnard, de Vaud; Rossi, de Genève. Ce dernier fut nommé rapporteur de la commission. M. Rossi était romain d'origine ; mais un séjour de seize années, sa rare éloquence et de grands services rendus dans renseignement du droit, la législation et la politique l'avaient naturalisé à Genève, où il était , avec M. le syndic Rigaud, râme du parti progressiste-libéral , par opposition au parti stationnaire et aristocratique de 4845. Le projet de pacte, rédigé par M. Rossi , fut adopté par la diète et les grandsconseils cantonaux; mais les petits cantons, Bâle et Neachàlely qui venaient de former la Uffue de Samm, refusèrent d'y prendre part, et le peuple, à la votation duquel 11 fui soumis ensuite dans plusieurs cantons, le rejeta également. Deux partis extrêmes, les rétrogrades et les radicaux^ dont le nom devint alors d*un usage de plus en plus général, se donnèrent ainsi la main pour repousser l'œuvre conciliante et progressive de I83!i. c Le pacte de 4832, a dit un grand écrive fran- 9 çais, œuvre des modérés et des conciliateurs, a fait place » à la constitution de 4848, conquête des radicaux triom- » pliants ; et les petits cantons, pour s'ôtre opposés au pou- » voir régulier de la Confédération, en ont vu altérer Tan- » cien caractère et s'y amoindrir de plus en plus leur influence » séculaire. On dirait que les partis, préférant les luttes aux » accommodements, se condamnent volontairement à perdre » bien au-delà de ce qu'ils auraient dû céder. » ( ^)
(I) Mignel. Noiicê sur la vie et Us travauœ ds M. Roêsi,
FIK Dl LA SECONDE PARTUC.
TABLE DES MATIfiftES
COHTCfICes
DANS lA SECOiNDfc; PARTIli,
PAOSS.
I. Ulnc Zwiiigli, ou ;a réforniaiioti à Zoricli. — Première kiue des deux coiifeisions. — TrouMei de r«nabaptisaie en Allemagne ei eu Siis<e I ^
II. EtTorb detcaniGiis caUioliques poor arrêter le progrès de la réforme. €aloi|ue de Bade». — Elablissemeiil de la réforine à Berne, Saiiu-Gall» Appeiixell« Srhaffhouseel
l>ale. Scissions (iins d'aulres cantons , , • 10 y
III. Ligues séparée des proiesUuls et des calholîqaes/^ Première ouerri religieuse. — Uans Mbit, «a paix pa- Dli(|ue de Su'iiiiaus Î2 V
IV Seconde giiare religieuse ou guerre de Cappef. MqtI
(Je /.wingli. Feiablissemeni du eaïUoiicisme à SoJeure, T Saini-Gj|l el ians les baillinges libres . . . ! 28
V. Farel, ou p opagaiion de la réforme dans la Suisse franl çaise. r- Goiève alliée des Suisses s'émancipe du jour» de labaveie. fenhelier. Bonnivard, Be^ao^u Hugues ei autres gratis citoyens ..... 39
VI. Introdu^îoD de la reforme à Genève. - Hanz-Frani «aegueli. ^u conquête du Pays-de-Vaud el d'autre* provinces saéisieiioes par Berne el Fribourg . . 47
VII Lotie ès GUoinitie» et des Liberiint à Genève. — Dictature re^gieuse el politique de Calvin. Genève devient la Kome pfDteslanle 54
Vlil. RéaftioD du eatholieisme en Europe et en Suisse, -i Kestâtu^on des provinces de Gex el du Chablais à la Savoie. ^ Charles Borromée, ou établissement des jésuites, de la n«Kiaiure el de la ligue dW ou ligue borromée. — Les ch^fs du parti catholiqu 5a
I r?T' ou restauration du catholieîsoie dans
le Cinglais et le Valais. — Entreprises du duo de Savoie coniB Lauî,anneel Genève. — i^*interveniion d'Henri IV sauvr Genève abandonnée par Berne. ->n plan de Confedention européenne . . , X CaMiuiaiions el alliances' étrangères! ^ RapporU de^ buiies avec les rois de France et avec les empereurs d Alemagoe peudaui le.&eizième siècle .
306 TABLB
XI. Tubleau de Pcspril el de la civilisalion du peuple suisse
au srizièino siècle ..... . . 92
XII. Troubles des (îrisons pendant les seizième el dix-sepliènic siècles. — IMassaere de la Valle'ine. — Oceupalions auiriebienne , espagnole, française. — Les Grisous recouvrent leur indépendance .....
XIII. Troubles de la Suisse pendant la guerre des Grisons el la ^rnerrc de Ireule ans. — L'indé|)e!»dance des Suisses
esl ^araritie au (raité de We^lpbulîe .... 458
XIV. Guerre des paysans cl vengeance dei gouvernemcDU. Leuenberg, Si'h} bi et les (rois TelU • • • .147
XV. Guerre religieuse de Villinergeii. — Etsais infrueiaenx pour améliorer les iostilulions fédérales. — Révolutions
a Bà!e et à Genève 1 57
XVI. IjOuîs XIV, roi de France, humilie les Suisses el s'empare de la Franche-Comté. — Réaction contre l*influenee française. — La souveraineté de Neuchâlel est adjugée an '
roi de Prusse par les Etats du pays. — Srrvices militaires 165
XVII. Révolution du Toggenbourg. — Seconde guerre de Villinergen . . . . .170
XVIII. Coup d'œil sur le dix-bui(ième siècle. — Luttes entre l'Ëiat et rËglise. — Opposition contre les jésuites a Fribiiiirg et dans les autres cantons . . . .478
XIX. Factions des liudcs et des Doux dans les cantons démocratiques de Zoug, do Scbwyiz el les deux Appenzeli.
— Factions arîslocraiifuies à Fribourg el à Luceme • 183