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Troubles dans révêchë de Baie, dans le Pays-
de-Vaud et dans les Grisons.
(De l'an 1790 k Fan 1794-)
Peu d'années après ces éyénemeus, il s'éleya dans le voisinage de la Suisse un orage qui menaça les pajs et les trônes de toute l'Europe. £n France, la mauyaiss économie des rois ayaient extrêmement accru la masse
de la défit pobKqtie et par eoiia^q«efit la mi»^re du peuple. Malgré Fénormité dbs contributioas et dea in»-' p^tty il manquait chaque année 140 millions de liTreti pour pajer les intérêts de la dette publique et pont «nbrenir aux besoins du rojaume. Le$ riches couvena, les nobles et les princes refusaient de contribuer. poiMr leur part aux dépenses nationales , et le peuple épnijii était réduit aux abois. A la cçur du roi et des princesi^ dans les châteaux de la noblesse ^ dans les abbajes opi^ lentes et dans les grandes yilles on ne Tojait que fétesy magnificence » plaisirs; dans les cabanes d^s labouceurs régnait la plus profonde misère. L'empire de la loi éta^jt remplacé par celui de l'arbitraire ; le régne de la relir gion, par la moquerie et l'incrédulité parmi les grfinds^ par la superstition et l'ignorance parmi le peuple. Cet état de choses dut nécessairement plonger la Francf dans un abime de maux.
Une fois que la cour dissipatrice ne put plus Ibupr nir ,à ses dépenses^ ni le peuple pajer ses impéta y l'édifice du gouyernement s'écroula. Les états généraux^ assemblés par |e roi pour lui donner conseil et secouTSf abolirent les prérogatives de la noblesse et du clergé* Le peuple se souleva et rasa les prisons. Les châteaux des seigneurs devinrent la proie des flammes. On con* vertit en biens nationaux les biens du cleigé^ dont la valeur s'élevait à trois mille millions de livres. Ëffrajés, les princes 9 les nobles ^ les prêtres abandonnèrent en hâte leur patrie. Plusieurs vinrent en Suisse , plusieurs allèrent implorer le secours des rois étrangers. Les rois s'armèrent et firent des menaces; les Français saisirent l'épée et s'écrièrent : ^Nous sommes maîtres, chez nous I ^
Ces événemens divisèrent les opinions du monde entier. Partout les gouvemans et les privilégiés aceusaieoit les Français d*injustice; partout ceux qui avaient à
s« plaindre de lear^ goarernemens où d« leiirs soqt^ rflins applaudissaient aa courage du peuple françaU.
C'csl ce qui arriva cntr'autres alara dans l*évêchi' de Bile^ où le prince-érêque ^ Joseph de B.oggUenbach> voulut empéeher les communes de s'assembler conformé-^ ntent à leurs }ois. Ses sujets persistant à maintenir leurs d^its^ Févéque appela les cantons à son secours; mais oeux-ei se' montrant peu disposés à prendre ^art à se» démêlés 9 il supplia Tempereur (1791) de faire occuper ses états par des troupes. Les Confédérés s'opposèrent d*abord au passage des troupes autrichiennes sur le toi helvétique; néanmoins ils j consentirent à la fin. On ne prévit pas les conséquences de cette démarche^ quoique le conseiller aulique de Rengguer^ chargé de porter la parole au nom des états-généraux de réréché^ eût déclaré que le traité de Févéché avec la France Cconclu en 1781) autorisait les états à faîrevenir des troupes françaises en nombre égal à celui de la garnison autrichienne. — Cependant Pévêque avait repris tout son pouvoir. Rengguer fut obligé de fuir ; d'autres qui pensaient comme lui furent condamnés sans miséricorde au carcan et à une prison perpétuelle.
L'année suivante (1792) éclata subitement la guerre entre la France et l'Autriche. Des troupes françaises entrèrent dans Pévéché de Bâie et en chassèrent les garnisons autrichiennes. L'évèque épouvanté s'enfuit à Bienne^ d'où il fut obligé de s'enfuir de nouveau. Personne ne le secourut Combien il eût mieux valu pour lui ne pas irriter son peuple!
Les Français respectèrent prudemment l'£rguel et le val de Montier, parceque ces deux pajs avaient depuis des siècles une alliance défensive avec Berne et Bienne. Mais ils occupèrent le Porentrui et les parties de Pévéché qtîi tenaient de plus près à l'empire. Le conseiller au-
lîqiif àô RfiDggneî ^Dtra daot ta patrU. là mît lOBt le pfijs en moayement par le moyen de son- parti» In^f employa épiscopauz furent chassés^ le« re¥eiiu« du prince, confifq^ués. Lorsque le roi de France .«nt été detrâné par son peuple et le roj^tame converti en «^ publique, Rengguer planta aKssi l'arbre, de la liberté Les députés des communes s'assemblèrent autour, de éfi signe de la liberté nouvelle de leur pajs, et abjurèrent ii. jamais toute soumission i Févéque, toute allianpe avec#rempereur et Tempire. Ils érigèrent leur p^til pajs en république et voulurent lui donner le nom 4a Rauracie.
Mais il s^éleva de grands désordres. Chacun prétendit commander^ personne ne voulut obéir» Le$ partis se persécutèrent. Bien des gens demandaient la réunion de leur pajs à la France. Rengguer et ses ^adhérens, voyant qu'ils ne pouvaient se soutenir plus longtemps, abandonnèrent l'existence de leur république de trois mois; le 7 mars 1793, l'assemblée du. peuple de révéché de Bàle décréta son incorporation à- la France, qui se fit immédiatement après. L'JÇrguel et le val de Moutier demeurèrent intacts et indépendans, en considération de leur alliance avec Berne.
Les Suisses eussent peut-être volontiers protesté contre ce démembrement, d'autant plus qu'ils n'aimaient point les Français. Mais dstns le sentiment de leur faiblesse, sans union entr^eux, pleins de défiance envers leurs sujets, les cantons n'osèrent rien dire. G'^st pour* quoi ils ne se permirent aucune observation lorsque . l'évéché de Bàle fut détaché de la Suisse^ ils se contentèrent aussi de consoler l'évèque et de le coQibler de politesse lorsqu'il se présenta devant la diète helvétique à Frauenfeld pour réclamer la neutralité suisse. Le peuple de Paris ayant assailli le palais de $o^ roi
tt, après un comBal «anglant^ égorgé les gardes-saitses qoi le défendaient (10 août 1792)^ les Confédérés hasardèrent à peine de s'en plaindre.
Des gnerres^ des révoltes ^ des combats^ des tîototresy Templtrent de leur bruit le monde entier. Les Français^ prorbirent du secours et donnèrent le nom de frères à tous les peuples assez généreux pour reconquérir leur liberté. Ils firent tomber la tête de leur roi Louis XVI. Leurs armes yictoriëuses trayersèrent la Saroie, les^Pajs- Bas et passèrent le Rhin» L'orage enyeloppait de toutes parts et menaçait de plus en plus le peuple qui habitait au sein des Alpes.
Cependant les gôuyernemens de la Confédération ne prenaient aucune mesure pour éloigner le danger; ils se croyaient en sûreté derrière le bouclier de l'inno^ cence et le rempart de la neutralité. Ils n'ayaient point d'armes et ne faisaient point de préparatifs ; ils n'ayaieUt point de forcé et ne fortifiaient pas lep liens de la Confédération. Chaque canton s'occupait timidement et en silence de son propre danger, peu inquiet du danger commun. Friboui^, Berne et Soleure s'unirent toutefois pour une défense mutuelle , mais c'était contre le mécontentement de leurs sujets et non contre les armes de leurs ennemis.
Déjà depuis l'année 1782, Berne était en différend ayec le Pajs-de-Vaud au sujet de contributions pour ia réparation des grandes routes qui conduisent à la capitale. La yille de Morges ayait tiré de ses archives des documens (1790) pour prouver que le Pajs-de-Vaud entier était exempté de toute contribution» D'autres communes rappelèrent d'autres droits que les Bernois avaient laissé tomber dans l'oubli pendant le cours de plus de deux siècles. Des écrits de toute espèce réveillèrent le peuple. A Lausanne, à Vevaj, à Rolk, ail-
Hatêf dti (eanei-feiif pltint de feabiiTaient dans d«9 aiMinbléet brojanlef an taccès det armes de la France libérée. — - Qaoiqae Tordre publîo ne fat troablé nulle part^ le goaTemement de Berne cmt deroir arrêter cet élan par des mesures séyères , et commander le silence par «ne salutaire terreur. Il enyoja des plénipotentiaires •Ofitenus par la force armée. Des coupables^ si ron if€ut les appeler ainsi , et peut-être aussi deê innocens fiureat incarcérés; plusieurs prirent la fuite. Les Tandois se turent^ la rage dans le cœur. Les fugitifi resptraianl la yengeance ; par leurs lettres , par des biocbureSf ils soulevaient les esprits de leurs concitoyens •ontre ime autorité longtemps yénérée. User à propos de clémence et de sévérité , se défendre de la hauteur au faite de la puissance ^ de la lâcheté dans les circona* tances désespérées, est Tart le plus difficile pour les dépositaires du pouvoir.
Cet art fut souvent négligé dans la république des Grisons f où les anciens partis se querellaient encore , moins pour la perte que pour Tabus de la liberté. Lss familles les plus nobles de cette contrée, parmi lesquelles brillait au-dessus de toutes les autres la maison des seigneurs de Salis, étaient depuis longtemps en possession des emplois les plus lucratifs et des revenus du pays. Elles affermaient à vil prix le$ péages des .Grisons, seul revenu de l'état; elles occupaient et les places de capitaines et de colonels dans les troupes grisonnes au serrice étranger, et les magistratures de la Valteline, que les communes des Grisons mettaient à l'enchèfe tous les deux ans et qui enrichissaient toujours les acheteurs, parcequ'ils vendaient la justice dans cette province.
Mais d'autres familles distinguées, les respectables Tscharner , Bawier et Planta s'unirent pour disputer aux
de Salis la possession exclnsire de si grands avantages; ils firent monter à l'enchère le prix de la ferme- des péages de 16,000 à 60,000 florins (1787); ils demandèrent que les promotions des offieiers au service de i^nce ne fussent plus arbitraires, mais déterminées par Tancîenneté des services. Les snjets de la Yalteline, gémissant sons une oppression t^rannique , élevèrent en tnéme temps des plaintes contre Finjustiee et la vénalité des magistrats et èontre la violation de leurs libertés héréditaires et légitimes. Ces griefs allumèrent entre les deux partis une haine irréconciliable ; ils s'accusèrent réciproquement devant le peuple.
Toxlt ce qui arrivait de mal, ils se le reprochaient Pun à l'autre. Un ambassadeur français, nommé Sémonville, traversant la Valteline pour se rendre à Venise, fut pris en trahison et livré aux Autrichiens (i79S-){ on Attribua ce crime au parti des Salis. Il j e«if peu de t^mps après une disette de blé dans les Grisons ; on accusa le parti dts Planta de vendre le blé aux Tran* faisf et le peuple, travaillé par des menées secrètes, sa souleva contr'eux (1794).
Les trois ligues députèrent à Goire trente^deux homiâes qui durent se constituer en assemblée des états généraux, pour examiner les griefs des deux partis. Les Planta se justi6èrent et dirigèrent habillement l'indignation publique contre leurs adversaires, demandèrent leur punition et la réforme des abus. Un tribunal impartial condaiima plnsieuM des •accusés à des amendes et à des restitutions, d'autres à l'exil.
Esprit de parti ei excès commis à Genève*
(J[ujiqu'à l'an 17970 ^
Cependant Forage de la gnerre araît ébranlé la moilU du monde, et le tang humain» arrosé la terre et teint les flots de la mer. Les rois avaientjjnré la perte de ta France^ et la France la perte des rois. La Confédération, ^core intacte au milieu des puissances belligérantes , avait placé un cordon aux frontières y plutôt pour mar* guer les limites de son territoire que pour le défendre. liait les Trais amis de la patrie appréhendaient Payenir: car (aniais l'union des membres de là Confédération et Tacoord entre les gourernemens et la nation n'aiFalent élé plus nécessaires y ni plus rares.
Un esprit de mécontentement agitait Génère déjà depuis un siècle; les bourgeois rojaient de mauvais Qlil Tambition de quelques familles nobles. Plus d'une fois la ville fut témoin de scènes tumultueuses et san& ^anteSk Pour la première fois, lorsque, la bourgeoisie mécontente se plaignait (1707) qu'un petit nombre de Jamiiles étaient constamment len possession des premiers emplois, que le conseil aimait mieux gouverner arbitrairement que de perfectionner les lois, et que dans les affaires importantes il ne consultait plus la- com- «inne: le conseil réclama d'abord l'intervention de la Confédération , puis une garnison de Bernois et dé Znri4^ois> et, protégé par des armes étrangères, il dégrada ^ bannit, fit pendre ou fusiller les principaux défenseurs des droits du peuple. »
Le] sang répandu effraya mais aigrit la bourgeoisie» et augmenta tellement l'insolente fierté du conseil qu'il n'eut pas honte d'attaquer les bases de la république , et que, de sa pleine autorité, il créa de nouveaux im-
l^itorponr torû&êt 4afantage la yilUé M&efaet DatfMiV membre da grand-conseil # paria contra <;èi âîcratea (4730); la bonrgaoiftio enlièra «oit sa voix à caUa de e« ^iojjm généraux. Le «eonseîl de oomiamna à nne pris dn perpétuelle 9 et les. Bernois, piiol«etears de Genève, sm firent les exécuteurs de cette . sentence et enfermèrent SMjK^est daus la forteresse d'Arhcrarg. IL j eut après cela plnÂears lois eai^ore des souiéveaeaa $ Zorîch et BeriM liinterposècent chac^ae fois entise le goayernement et- l|i m^ony ^mais ils ne piirYinr«nt pas à rétalilir la paiK» L'animosité des partis s'accroissait de jour en jous; Oh 4|Ua Jusqu'à se battre et à s'assassiner dans les rneé» A la fin pourtant le repos sembla rétabli, après que les députés de France, de Berne et de 2bricb (17S8) eurent restreint par un édit les prétentions du petit-conseil et 4e la noblesse et pris des mesures sages qui obtinrent IJapprobation du conseil et de la bourgeoisie» . i Mais une nouvelle haine éclata (1762) lorsque le conseil fit déchirer par la main du bourreau deux çuvrages de l'illustre philosophe de Genève, Jeai^ Jaques Roi{isseau. Une partie des bourgeois s'éleva contre cette mesure* De là deux nouveaux partis; l'un, celui des Représentans^ prétendait que le conseil devait rece* voir toute plainte dirigée contre lui et la transmettre à l'assemblée générale de* citoyens qui en connaissait; L'autre parti, celui des Négatifs, soutenait au contraire que l'assemblée des citoyens n'avait aucune juridiction sur le petit-conseil. Ce sujet de dispute en fit naître cent autres; et les désordres et les attroupemens ne cessèrent qu'à une nouvelle intervention de Berne, de Fribourg et de la France. Pour.se soustraire à toute influence étrangère , le conseil et la bourgeoisie s'accor«- . dèrent promptement (1768) , et le gouvernemenl cos^ céda aux bourgeois la nomination de la moitié des
nouvfâQX onembret , à chaq«o renonTeHemeal au gfaB&# oonftciU «4, entra antres prinléges, celai de rÂroqaec. ekaque aanée . quatre membres du petit-eonseil qui pei>* dimient par cela même pour toa^oors lear droit d'éMgibî^> lUé., On accorda aussi plus de liberté dans Pexercice: de lenr indostrie aux babîtans ués, dont les fiimill^s^ étaient établies à Génère, depuis longtemps et qui àma^ toAtea les occasions avaient prouvé leur attaebement eux. bourgeois ; on permit mém» au goiiTen»ement d'ae^^ corder: chaque année à quelques-uns de ces faabitaaa lis droit de bourgeoisie*
; Cette réconciliation ne fo€ pas de longue durée ^ |Mirceqa*elle ayait eu son principe dans la <;rainte plutôi" que dans le besoin de s^aimer sincèrement* L'oigueii 40S familles régnantes s*indigna bientôt de leurs con«> cessions. Avides de reprendre la souveraineté ^ elley briguèrent l'assistance de la cour de France et jetèrenf du loucbe sur les promesses faites aux habitans. Le ministre français Vergennes^ jaloux de l'industrie ftw lissante de Genève ^ qu'il eût voulu attirer en France^ intervint dans la querelle. Pour favoriser la discorde et pécher en eau trouble^ il animait par de brillantes pro« messeS' les nombreux habitans contre le parti populaire on: des Représentans. Dès que celui-ci s'aperçut de cesintri^ gues^ il courut aux armes ^ occupa* les portes de la ville et désarma les habitans. Toutefois pour les gw* gaer, il eut la sagesse de leur restituer tous leurs privilèges précédens et de leur accorder presque ^autant de droits qu'en avaient les bourgeois. Cette convention fut confirmée par l'édit du 10 février 1781.
Ce coup de parti affecta vivement les familles rè« gnantes^ leurs adhérens les Négatifs et la cour de France* Celle-ci y pour inspirer de l'effroi, à sea adversaires^ M avancer 600 hommes jusqu'à Yersoix ^ dans le voisinage
àé Genèie*, mais Zarich et Berne ftireni offensés d'une telle démarebe. Ce n*^tait pas à la France qu'apparte*» nait la ^ garatitie ' armée du traité de 1738. Les deui cantons se déchargèrent de cette garantie; la France ne TOtdut pas en rester chargée seule; ainsi les Gène* Tois demeurèrent libre» de débattre leurs querelles ^n« tff'eu;^. ■•■.'; ; • V ;-.'.. .;
- Comme tous les partis se trouvaient à la fois aceU'^ sateurs et juges et qu& le gouvernement travaillait avdo wie constance opiniâtreà recojiquérir par la ruse* et par la force ses 'anciens privilèges > le feu de la baino des; bourgeois et des, babitans devint promptement un vaste incendie* Le ' gouvernement avait fait dislribueir en 'secret des grenades aux soldats de la gamis^on. Miâa les boui^eois et les babitans se rendirent maîtres des portra de la ville ^ tuèrent plusieurs soldats ^ cassèrent lé grand et le petit^conseil et en nommèrent un nou* veau, choisi dans le parti des Représentans. Flusie^rt membre» de Tancien gouvernement prirent la fuite» Maia la^France et Berne déclarèrent qu'elles ne souffriraient pas qu'un gouvernement fùl destitué par des rebeUes» Le roi de Sardaigne fut entraîné dans les mèines senti* mens. Des troupes franeaises, savoyardes et ber^oiie» s'*avancèrent donc en même temps contre la ville, (n^ai 1782). i^rîcb seul ne prit aucune part à cette me^iyjre* Genève rempli de dissensions ouvrit bientj5t ses portesé La France souteiuie par Berne fit la loi; ^ancien gouvernement fut réintégré. dans tous scb pouvoirs; 1« parti: des Négatifs devint victorieux et la bpuj^eoi^ie perdit en grande partie les droits dont eUe avait JQiii jusqu'alors. On eugea que l'assemblée générale , des bourgeois adoptât la nouvelle organisation ; mais w peine cinq cents citoyens eurent-ils Je droit de donner leur suffrage; tous eeux qui avaient pris une paît activa
it6
k la àétniite réiroliiAon (brent exclus de rassemblée. Sur les cinq cents TOtans^ cent treize refàsérent de dDnner levr snftage pour ranéantiâsement de la liberté generoise.
* ' Protégé pat Berne, par la Sardaigne et pat la Fraficei le gouremement défendit les -ftociétéa ' closes d^hominesi les exercices militaires des bourgeois, les litres et lee btocfiîiree sur les demiera éTénémens, et porta la garnison à 1200 hommes, dont il coiyfia le commandemmit à des officiers étrangers. Tel fut le joug accablant sou» lequel les Genevois furent contraints de plier leurs tétea. Beaucoup de citojens émtgrèrent, le cœur enflammé^ de yengeance contre leurs oppresseurs. IXés te moment ràisance, l^ndustrie et le commerce de Génère décU-^ nérent; le mécontentement et la haine habitèrent dana Ses murs.
" Une domination injuste ne saurait prospérer long**' temps ^ ni leis bajonnettes ni les condamnations de livrée ^doutables ne détruisent dans les cœurs Pamour si naturel de la liberté. Le gouvernement augmenta, aumois de janvier 1769, le prix du pain, tandis que toutes sortes de maux pesaient déjà sur la ville; aussitôt le peuple donna Pessor à sa fbrettr longtemps comprimée. Les bourgeois sParmèrent aussi bien qu*ils purent contre la garnison mercenaire, se servirent au Heu de canons de pompes i feu et d^u bouillante, et mirent en fuite les satellites de la tyrannie. Le gouvernement épouvanté tétablit le piix du pain , promit de corriger la constîtn-* tion, de diminuer la garnison, de rendre les armes aux cilojens, d'abolir les impôts Onéreux, et d'accorder le droit de bourgeoisie aux familles d'babitans établies à Genève depuis quatre générations. Toutes ets pro* messes reçurent leur exécution. On obtint de Berne el de Znrich le rîenouvellement de leur ancienne alliance
aveo Gea€ive> el )a foie reatra dam taus les coeurs «I brilla far tous les visagas.
Le goayernement s'anil d'autant plus volontiers ot plus intimement avec le peuple, qu'il ne pouTait atteodru aucun secours de la France, où. la nation s'était sonleTëe contre le roi* D'ailleurs les pajsans des yillagesi.su]^ di Genève,^ les habitans nés et les babitans plus noureaujf commençaient à s'agiter et à demander l'égalité dfi$ 4roi(&. Il j «ut plus d'une fois^ 4es voies de fait ; mail la bourgeoisie tint constamment le parti du gouvefne^ ment Gependaot la fermentation ROgmentait* Quelque^ Genevois émigrés oubanuis qui s'étaient établis tnFrancef pour Ac venger de G^enéve, châtreraient 1 oplSrer sa réuniion avec U république. française. Le résidant fran*" çiais à Genèye,'Soulavie., animé 4u mé^n^e dés^r^ se ^t un parti et encouragea sous mains les paysans. çt Ij^^ babitans de I9 ville ^ej^clujs du droit de boni|;eoisie9 à ^eoverfi«er le^ouvernement et la constitution l leiir disant que le régne de l'égalité des droits était venu. D'ailleua ^industrie itait ^orte, le peuple n'avait pas d'ouvregOf •t on lui promettait le pillage des riebesn . L'armée française qui voulait pénétrer en Savoir f»t en Italie (septembre 4792 J| approchait de Qenéve^ au promeut de ces troubles. Genève , dap< sa terreur ^ ini-» plora 9 en vertu de son alliapce ,. le secours de Berne et de Zuiich» Ces deux villes j envoyèrent de^ troupe^j^ qu'elles retirèrent aussitôt. parceque l'armée français^ fr'éloigpEïa et que le gouvernement de France f^iseit à&i, menaces. A peine le$ troupes étrangèrea furent-elles Ipin des front^res^ que les habitans non bourgeois, et les gens de la campagne s'emparèrent tout-à-coup de l'ar^ senal. Un .grand nombre de bourgeois m.écoutjBn^ se trouvaient avec eux. Dans unp assemblée géuérale, i^ laquelle le^ autres bourgeois furent contraints d'a^sisicri
on ^poê^ le grand «I le petit-conseil , et on les rem*» plAç» par un comité de salut pablio, par un comité d^administration y et par une conrention nationale, qui arait le pouToir législatif. — Ainsi Tordre établi' est renrersé; Itê crieurs et les tapageurs sont les maitresv le- nom d'aristocrate rend odieux quiconque ne partage pas leur démence; plus de lois, plus de justice; la fureur régne. Tout comme ^n France le peuple, avide de<sang*et de pillage, eut longtemps le dessus, ainsi, dans la malheureuse yiHe de Genève, il devient le maître et ne connaît plus de bornes dans ses excès. -Le repos et la sûreté disparaissent
' Pour anéantir les aristocrates , le parti des révolutionnaires s'empara dans une nuit d'été (juillet 1794) de Partillerle et, par ce mojen , de tonte la ville ; il jeta dans les prisons prés de six-cents citoyens des plus xespectables, des mag^trats ; des savans , en assassina quelques-uns, soit publiquement soit en secret; institua^ pour juger les autres , un tribunal qui fit exécuter prèa de quarante personnes, en bannit près de cent, confisqua les biens des uns et des antres , et condamna le resté à une captivité perpétuelle', ou à une détention dans une maison de correction, où à l'exil, ou à d'autres peines. Ces horribles massacres, ces exécutions, ce pillage, se prolongèrent pendant ' deux ans, avec plus ou moins de fureur; cependant ceux qui s'étaient emparés des premières magistratures dissipaient en grande partie les biens de l'état et ceux des citojena condamnés.
Mais lorsque en France les fureurs populaires se furent appai«èes et que le gouvernement fut devenu plus modéré, à Genève aussi, tous les partis étant également fatigués de tant de désordres et d'horreurs, les gens courageux et amis de l'ordre s'unirent et firent
eetser Tantrchie. Xes bannis fdreof rappelés; la eons* tilntionde 1782> rétablie :* ainsi les anciens et les non* Tèanz bourgeois y les anciens et les noayeanx habitans ^ les gens 'de la campagne, poanra qu'ils - fassent nèè sur. le territoire de Genève, eurent tous les mêmes droits. Ces éyénernens se passèrent à la fin de l'année 1796: On proclama de nouyeau la paix et une réconciliation générale. Après de longs orages, Genèye yit renaître lo calme; mais ce ne fut pas pour longtemps.
Mouvemens dans Fâncien pays de Saint-Gail.
Sagesse de Fabbë Bëda. Troubles sur les bords du lac de Zurich.
(Josqa'à l'an 1797.)
Cependant la guerre toujours plus ardente des souyerains contre le peuple français s'approchait, de plus en plus de la Suisse. Du haut des Alpes on entendais le tonnerre des canons en Italie, en Souabe, sur les bords du Rhin. Mais les gouyernemens de la Gonfédé-r ration semblaient ne pas appréhender le danger qui toujours menace les faibles placés entre des yoisins puissans qui luttent ensemble. .
Les étendarts de la France flottaient yictorieux en Sayoie, dans les Pajs-Bas, en Lorraine, en Hollande, sur le sol de l'Allemague. Partout où ils paraissaient on yojait fair souyerains, princes, comtes, genlils-r hommes ; car ces étendarts étaient pour tous les peuples le signal de leur liberté. Les gouyernemens de la Sui$se
pareal à peine conltntr la haine et le dédain qae lew inapâraieni let rainqnears. Dans lear sécurité orgueil^ le«ae^ Ut mépritaîent même ragttation croitsanle de leors foleUy qn*enflanimait Teq^rance de la liberté. .
Dane let anciens états de Tabbé de Saint-Gall, le peuple se souleva contre la domination de Fabbaje^ Il se supportait plus de se tout privé de tes droits > aC'* eablé de contributions extraordinaires, de charges ten^ Jours nourellesy de listes civiles et des cosvées. de la servitude la plus honteuse ^ tandis que Tabbaje, de four en lour plus riche, aggrandissaît constamment $9$ domaines et que les ecclésiastiques et les fonctionnaires dépendans de l'abbaje ne contribuaient point aux impôts.
' Cinq communes prenant courage délibérèrent ensemble quels justes griefr elles présenteraient à l'abbé. Peu après, tout le bailliage d'Oberberg se jçignit i elles. La multitude de ceux qui, à tort ou avec raison, fair saient des plaintes s'accrut chaque jour, ensorte qne le nombre des griefs s'éleva jusqu'à soixante. Les com^ munes s'assemblèrent, choisirent un comité et tinrent conseil à Gossaii: au mois de mara 1705; A leur tète se trouvait un homme de talent^ éloquent et courageux, Jean Kunili^ il conduisit tout arec prudenecr Lescom^ .munes signèrent toutes l'écrit oà les grieia étaieni exr* posés et le présentèrent h fabbé* '
L'abbé , qui s'appelait Béda Angnehrn , prime aussi bon que sage, connaissait d^autant mieux la mteérs de ce pauvre peuple, qu'il était lui-même le fils d'iiB sujet de l'abbaje , d'un pajsan du village de Hagaenw^/i dans la Thurgovie. Il aurait volontiers soulagé ^es malhea«* reux compatriotes , maie dc' tous les ecdésiastiqoes de l'abbaje deux seulement partageaient ses sentimens et ses idées, he^ autres, s'élèvent contre le peuple, di«
tatcnt: ^Cett là ce rertige de liberté qut IraiTftUk la Franceé Si le peuple ne yeat paa rentrer dana le silence el dans l» deToir, les gonrememens confédérée tqot nous ont si sourent assistés contre nos sujets^ noue prêteront encore secours*'' Us s'opposèrent donc aux Toes sages de Béda et entamèrent des négociationa qu'ils traînèrent en longueur à dessein, pour iatigner le peuple.
Le prince-abbé > qui découvrit leur astuce , dit aux moines : «Le temps où nous yiyons ne perraret pas aux gouvernemens de lutter contre les peuples; il faut que les uns et les« autres s'unissent pour attendre le jour du danger commun; si donc vous repoussez nos sujets, je me jette seul dans leurs bras."
. C'est ce qu'il fit II accorda au peuple des priiîléges importans (novembre 1795), le droit d'élire le conseil du pajrs et le conseil de guerre, de se réunir en assem* blée générale, de nommer les autorités municipales el de racheter les charges qui pesaient sur lui. Il abolii Ja servitude, ordonna que les ecclésiastiques et les fonctionnaires publics payassent des impôts et défendit aux couvens d'acheter des terres. — Tant de prudence unie à tant d'humanité répandit la joie dans tout le pajset'fit bénir le nom du sage Béda. Les moines «ccédèrent peu de temps après au traité conclu entre le prince et le peuple ; mais ce ne fat qu'en apparence* TeUe était leur perfidie que , presque à la même heure oà ils signèrent leur adhésion, ils dressèrent et signèrent un acte secret (20 janvier 1796), par lequel ils s^engaigeaient à défendre leurs droits contre leurs sujete re* belles; c'est ainsi qu'ils les appelaient. Par là ils crurent annnUet légitimement leurs promesses publiques et pouvoir reprendre dans un temps plus oppo.rtun ce ^nils avaient été contraints de céder dans les circons^
lancer pr^tntet. Ltê cantons proteoteun de Kabbajr* détappronyérenl auMÎ^ dans le secret de leurs pensées, la dancenr da pieux prince enrérs ses sujets. < Néa»moinsy ne pomrant s'oppover aux concessions qu'il avait ifcites, ils finirent par les ratifier (août 1797)»
Pendant que ces choses se- passaient , des mouTemene aemblables ayaient lieu parmi les habitans des deux riyes du lac de Zurich f impatiens de faire rerivre leurs anciens droits. Mais leur entreprise les entraîna ^ dans leur ruine. ^ '
Zurich ayait toujours gouremé avec justice et avec prudence les communes soumises a la viUe, et tout en les tenant dans une dépendance respectueuse, avait rendu le canton florissant par la sagesse de son admi*' nistralion. Les sujets n'avaient que rarement à se plaindre d'actes barbares ou violens, ou de la vénalité; de magistrats avares. Depuis que deux citojens vertueux de la ville 9 Jean Gaspard Lavater et Henri Fussli, eurdaf intenté publiquement une accusation à Félix Grebel^ bailli de Gruninguen, coupable d'injustice (1762} , et l'eurent obligé de quitter honteusement sa patrie, personne n'osa plus marcher sur les traces de cet odieux magistfat »
Mais un autre sujet de douleur affligeait ce pajs et «urtoutles contrées des bords du lac; c'étaient les privi^ léges des corps de métiers et le droit exclusif de là ville de faire Vu commerce ; car les pajsans ne pouvaient exercer dans les villages que les métim» les plus indis*pensables, faire d'autre commerce que celui du vin et du blé; même les fabricans de toile de coton, si nombreux dans les campagnes du canton de Zurich, réiaieart obligés -d'acheter le coton brut à la ville, et de ne^le vendre qu'à la ville après l'avoir fabriqué. Les toiles qu'ils Êibriquaient même pour leur usager ils rdevaient
les Vendre aux bourg^eoia de Ja ville ^ de qui ils les rachetaient blanchies et imprimées. Le paysan était exclu de tous les emplois ecclésiastiques et cirîlsy résenrér pour les seuls fils des citadins. Le flls du campagnard^ condamné éternellement au labourage^ à la culture dé la Tignt ou au métier de gagne^denier dans les magàsinî ou les fabriques de la capitale^ ne pouyait jamais sortir de la poussière.
Mais lorsque la liberté triomphante du peuple firan* çais eut aboli la différence entre les nobles et les roturiers j entre les Tilles et les campagnes^ beaucoup d'habitans des rives du lac de Zurich^ enflammés d'en^ thousiasme par cet exemple^ s'écrièrent dans leurs assemblées : ^ Pourquoi n'en est-il pas de même parmi nous ? On nous appelle Suisses libres^ et nous sommet les vils sujets d'une cité! La servitude déshonorante afflige nos contrées!'' De pareils discours échauffèrent les esprits. Quelques hommes du village de Stsfa pro^ pagèrent leurs idées sur les droits éternels du peuple ^ sur les services que les paj^sans rendaient à la ville, eC ils prétendaient que Zurich devait enfin la liberté à ses sujets. On composa , pour le présenter au gouvei^ nement, un mémoire où l'on réclamait pour les habi* tans des campagnes le droit d'aspirer aux emplois aussi bien que les citadins , la liberté générale du commerce et de l'industrie y la faculté de racheter les impôts fon« ciers, ainsi que d'autres droits encore (1794)»
Ce mémoire envoyé de commune en commune fut reçu et signé partout avec i^cclamation. La ville ne tarda pas i l'apprendre ; aussitôt les promoteurs les plus actifs de cette mesure furent mis en prison et punis avec la dernière rigueur comme auteurs d'une rebeliioni ^elqnes-uns furent exilés de la Suisse > d'autres con-
damiUf k de fortet amendes et à rmUrdietion emlê (13 janrier 1795).
La punition de tant de mécontens en augmenta le nombre. Cependant quelqaes membres du conseil de Znricb leur déclarèrent, pour les appaiser, que s'ils pouraient appujer leur demande sur des docamena et des actes, ils trouveraient en eux des soutiens.
C'est pourquoi dans l'assemblée annuelle de la com«mune de Stscfa (mai 1795) quatre Tieillards, des plus ayancés en âge, se levèrent et dirent : ^Nos pères nous ont appris que les archives de la commune renferment des actes signés et scellés qui assurent au peuple des franchises qu'on a laissé perdre dans le cours des siècles. Il faut les chercher et les examiner." — La défense que le bailli et le secrétaire baillival firent de parler de documens pareils ne fut capable ni d'intimider ni d'arrêter le peuple. On trouva la convention perpé- Ituelle faite en présence des Confédérés, arbitres entre la ville de Zurich et la campagne, Tan 1489, le jour de l'exécution du bourguemestre Waldmajin. — Ce Itraité, qu'aucun acte subséquent n'avait annuité et que les Confédérés avaient pris solennellement sous leur garantie, établissait la liberté générale de l'industrie et tiu commerce. On trouva de plus un acte fait après les malheurs de la guerre de Cappel (1532} en faveur de la campagne, par le bourguemestre, par le conseil et par les deux-cents de la ville de Zurich. Cet acte confirmait aux pajsans toutes leurs franchises précédenteè et leur accordait même la participation au gouvernement.
Munies de ces actes, les communes de Stacfa, de Kussnacht, de Horguen, de Thalwjl, d'Ehrlibach et autres, députèrent vers leurs baillis et leurs premiers magistrats pour demander respectueusement ; y si cea
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aiefet siTaient éli annuités par des ordonnance» postérieures^ ou s'ils conse^rvaient encpre force de loi.'' Les députés furent renvoyés sans réponse; le gourernement ne yopliiit nier ni afîirineF la validité de ce^ actes , yd que l'un et l'autre de ces partis lui paraissaient également dangereux. Toute cette ^lifaire fut traitée comme une fi'édition et ses auteurs cités à la ville pour rendre HBpmpte de leur conduite.
Ceux qui furent cités ne comparurent point. Pour «xcuser cette désobéissance, les communes, et surtout 6tœfa, déclarèrent qu'elles n'avaient confié à personne ie droit de les justifier ou de négocier en leur liomj qu'elles priaient le gouvernement de traiter avec elles.-^ inémes de ces intérêts publics. Une telle résistance •excita le courroux de la ville. £lle publia la défense <de donner à aucun homme de cette commune abri ou nourriture. On renvoja de Zurich tout ce qui était de Stiefa; les domestiques furent chassés des maisons^ les malades des hôpitaux. Un dimanche matin (5 juillet d795)9 pendant que le peuple de Stxfa était assemblé dans l'église, 2500 hommes de troupes zuricoises, munies de pièces d'artillerie, entrèrent dans le village paisible.
Le gouvernement fit publier la déclaration suivante: y Vos actes et vos privilèges sont nuls etannullés; car l'un, donné dans un temps où l'autorité légale était jBuspendue, ne fut consenti par les sept cantons protecteurs que pour prévenir de plus grands maux; l'autre n'était valable que pour les circonstances d'alors, et «on effet a cessé avec elles. '^
Telle fut la déclaration de Zurich. Les sept cantons , témoins et garans éternels de l'acte ainsi anéanti, implorés par les communes lésées, gardèrent le silence. Claris seul , fidèle à l'engagement de ses ancêtres^ exhorta
Zurich 4 f'appojer plat&t tnr la Jaatice que nir la force, tA, dit-il y qne la seule base solide d'uo ^tat est la eonfiauce mutuelle des parties qui le composeut et la certitude que chacune d'elles jouit des droits qui lui appartiennent
Les habitans de Stscfa, désarmés , environnés de bajonnettes prêtèrent serment de renoncer à leurs titres. Tous ceux qui, dans ce yillage et ailleurs, s'étaient montrés actifs pour les intérêts des communes furent condamnés, les uns à une prison perpétuelle, d'autres i une captivité de dix, de ringt ans, d'autres à une détention dans une maison de correction, d'autres a« banniMement, d'autres à être battus de verges, d'autres enfin & des amendes énormes. La commune de Stefa> , •pris avoir supporté plusieurs mois la charge d'une gar*nisqa militaire ^ dut pajer encore 78,000 florins de firais. L'un de ses magistrats et de m% citoyens les plus âgés et les plus respectables, Bodmer, dont les cheveux avaient blanchi dans la carrière de la vertu , fut eondnit à Zurich sur l'échafaud, et le bourreau agita *ii*dessus de sa tête l'épée de la justice, en signe qa^îl avait mérité la mort Son crime était d'avoir insisté le premier sur la recherche des documens. Puis il fat* ramené en prison où il devait rester jusqu'à la fin de ses jours.
Dès lors le silence de la terreur régna dans toutes les campagnes^ et l'espoir de la vengeance dans tims les cœunu
Fin de Fancienne Confedëration. Entrée de$ Français en Suisse.
{De l'an 1797 k Tan 1798.)
Beaucoup de Suisses^ bannis de leur patrie à difie* rentes époques pour avoir défendu avec trop d'audace par leurs discours ou par leurs actions les droits et la liberté de leurs concitoyens 5. habitaient dans un triste exil des terres étrangères. Plusieurs d'entr'eux s'adres^ gèrent aux chefs de la république française^ et leur dirent^ le cœur enflammé par la vengeance : i^Los goù« Yememens des treize cantons de là Suisse nous ont exilés de notre patrie^ ils sont vos ennemis comme les nôtres >' car ils sont les ennemis de la liberté. Se crojânt de petits monarques 9 ils aiment mieux aroir des sujets que des concitoyens^ et se sont liés secrètement avec les! monarques contre vous. Aidez au peuple suisse à reconquérir sa liberté; il vous appelle, il yous attend à~ bras ouverts. Des hommes libres sont les alliés les plus fidèles d'un peuple libre."
De pareils discours plurent aux chefs du gouvernement français; ils yojaient dans la Suisse un excellent rempart pour la Fran^l' et un chemin toujours ouvert po«r .entrer en Italie et en Allemagne. IFailleurs les trésors que possédaient plusieurs villes de la Suisse excitaient leur enyie* Us cherchèrent donc à se tirouyer en collision ayec les gouvememens confédérés ; mais ceux-ci f se tenant sur leurs gardes y évitèrent avec soin foute offense, reconnurent la constitution française, renvoyèrent de leur pays les princes, les gentilshommes, les ecclésiastiques émigrés qui avaient cherché et
crojraient aroir tronvi un asile inyiolabU dan« Us t«1léei de l'Helyétie.
Bientôt après 9 le grand général Napoléon Bonapitrte, passa par la Suisse occidentale et par la Sayoie pour aller combattre en Italie la puissance de l'empereur* Ce monarque 5 Tempira germanique et l'Angleterre luttaient seuls contre la France depuis que les rois d'£spagne ^t de Prusse avaient fait la paix avec elle. £n peu de mois et dans plusieurs batailles Bonaparte vainquit tonte la puissance de PAutricbe ^1798)^ battit et eflBraja PItalie d'une extrémité à Pautre^ s'empara de la Lombardie entière et força Pempereur de faire la paix. U érigea la Lombardie en république indépendante^ aons le nom de République cisalpine.
Excités et encouragés par la liberté nouvelle de leurs Toisins, les babitans des vallées de la Yalteline^ de, Clèves et de Bormîo aimaient mieux être citojens libres da la république cisalpine que sujets malbeureux de la république des Grisons ; car leurs plaintes et leurs griefs avaient été. rarement écoutés par leurs maîtres. Avant d'accéder aux vœux de ce peuple^ Bonaparte dit aux Grisons: ^Si vous accordez à vos sujets la liberté et l'égalité des droits , ils resteront vos concitoyens. Je vous laisse le temps de la réflexion; prenez une résolution^ puis cnvojez-moi des députés à Milan."
Mais les partis , dans les Grisons , ne purent ni Veur tendre ni arriver à un résultat; beaucoup de gens criaient: ^Que les babitans de la Yalteline restent nos sujets pu se séparent à jamais de nous !" — Le terme fixé s'étant écoulé sans qu'il arrivât aucune réponse ^ Bonaparte ^ plein d'impatience et de colère , réunit à la république cisalpine la Valteline, Clèves et Bormio (22 octobre 1797). Les biens que les Grisons possédaient dans ce pajs
furent aussitôt confisqués «t dissipés.' Par là plusieurs fa^ milles riches des Grisons^se trouvère a t réduites à la misère* Ainsi les limites de FHelyétie furent injustement resserrées. Quatre semaines plus tard l'évéché de Bâlt fut incorporé à la France de la même manière* Lu consternation se répandit parmi les Suisses. Mais de plus grands malheurs encore les menaçaient* Car dans le canton de Bâle le peuple de la campagne mu^murail contre la yillej dans l^Aargoyie, plusieurs villes s'agi-» taient et réclamaient de Berne leurs anciens privilèges; le Pajs-de-Vaud redemandait avec plus d'énergie et de tumulte que jamais les libertés que Berne lui avait en-* levées. Le bruit se répandait aussi qu'une armée fran-< jjaise approchait des frontières de la Suisse pour proté-* ger les Yaudois. Ceux-ci avaient imploré la médiation de la France en vertu d'anciens traités. Mais l'opinipi^ générale attribuait aux Français Pintention de renverser les gouvernemens confédérés et de se rendre maitree de la Suisse.
Berne et Fribourg se hâtèrent de mettre des troupes sur pied, pour subjuguer par la terreur et réduire au .silence le Pajs-de-Vaud et PAargovie, Une diète fut convoquée précipitamment dans Aarau. On j parla beaucoup , on n'j décida rien; les gouvernemens se défiaient . les uns des autres et n'osaient pas se confier à leurs sujets. Ce malheur était grand, mais il ne datait pas de la veillCé Pressentant la ruine prochaine de la Confédération, les députés renouvelèrent l'antique serment d'alliance (25 janvier 1798) , mais sans la confiance et sans l'enthousiasme de leurs héroïques ajeux. A peine le serment fut-il prononcé qu'un envoyé de Bâle arriva en toute hâte. ^Six cents paysans", dit-il, ^sont entrés dans notre ville ; les châteaux des baillis sont en flammes> tou$ les sujets sont déclarés libres. '^ A ces mots^ nnp
terrettr subite glaça let députés ; ils se séparèrent à Fheure itiéme en tremblante
D y eut nue grande agitation dans toute la Suisse^ quand on yit la crainte et la faiblesse des gouyemeniens et leur opposition constante aux rœux du peuple. Des comités chargés des intérêts des campagnes furent for« tnés -dans le canton de Schaffhouse j dans le Rheintbal^ dans le Togguenbourg^ dans la Biarche, àWesen^ i Uxnach. Au-delà des Alpes les bailliages italiens plan* térent d'une main rebelle Parbre de la liberté sur les bords du Tessin. La Confédération entière se trouya bientôt dans un état de troubles et de dissolution. Les gonyememens cantonaux, énervés, défians, divisés ^ cbacun tout entier à 9t% propres intérêts^ aj^s^aient . sans accord et sans patriotisme. Il n'j avait pas plus d*aaion entre les peuples àts diverses contrées, divisés d'opinions et de vœux. ht% uns, ignorans et grossiers, ne comprenant point le mouvement du siècle , voulaient que l'ancien ordre de choses fût conservé. D'autres plus éclairés et accoutumés à plus d'aisance demandaient l'égalité des droits entre la ville et la campagne. D'autres se bornaient à réclamer les franchises qui leur appartenaient en vertu de conventions écrites. Un grand nombre pensait qu'on ne pouvait rien obtenir sans le secours de la France ; mais la majorité du peuple abhorrait l'interyention armée d'une puissance étrangère dans les affaires de sa patrie.
Cependant une armée considérable de Français ap« prochaît. Elle entra sur le territoire de la Confédération sous les généraux Brune et Schauenbourg, et le Pajsde-Yand se déclara indépendant de Berne sous la pro« tection des armes françaises. Les gouvernemens de la Suisse comprirent alors qu'ils ne devaient plus songer à tnaintenir leur ancienne domination î ceux de Lucema
et de Schaffhouse proclamèrent la liberté de leurs sujets et s'unirent avec eux. Celui de Zurich 6ta les fers aux prisonniers de Stsefa et promit de faire dans la constî* tution des changemens avantageux au peuple. Mille feux de joie brillèrent le long du lac , dans les yallées et sur lès collines^ lorsque le vénérable Bodmer^ sorti des prisons de Zurich avec ses compagnons d'infortune^ rentra libre dans ses fojers. Jamais Suisse ne reçut de son vivant dans sa patrie un hommage public aussi solennel que le vieillard Bodmer. Fribourg reconnut aussi que l'heure était venue où allait régner cette liberté pour laquelle le sang de Chenaux avait coulé. Le grand*-con» sèil de Berne reçut au nombre de ses membres cinquante-* deux représentans de la campagne y et engagea le penpl# à s'unir à lui dans le danger commun.
Ces réformes y ces révolution^ furent l'ouvrage de quatre semaines; mais elles se firent trop tard. Bern»^ Fribourg et Soleure opposèrent leurs troupes à l'armée française qui s'avançait* Le courage ne manquait pas; mais la discipline ^ mais l'habitude de manier les armes^ mais des capitaines expérimentés^ voilà ce qui manquait. De faibles secours arrivèrent de Claris ^ de Luceme^ des cantons forestiers et de quelques autres ; le ban et l'arrière-ban arrivèrent, diversement armés, en horde» tumultueuses, disant leur chapelet. A la première nou-* velle d'un revers , ces bandes auxiliaires prirent la fuite^ avant même d'avoir aperçu l'ennemi. Alors les Suisses et leurs gouvernemens déplorèrent d'avoir laissé se rouiller leurs armes , d'avoir désappris l'art de la guerre^ et cru pendant la paix que sa durée serait éternelle. Argent, orgueil, magnificence, prières, chapelets, rien ne servit pour sauver la patrie. Le ciel ne combaf qu'avec ceux qui savent combattre et mourir pour la
|astice> ils rejette lei Uchef qui se renferment dans ane orgueilleuse sécurité.
Des le premier jour de la guerre (2 mars 1798) les ' troupes légères des ennemis prirent Fribourg et Solente, et le quatrième )onr elles entrèrent dans Berne même. En Tain les Bernois firent sous leur colonel Grafenried une résistance victorieuse près de Neuenegg; eu vain iU livrèrent un combat sanglant dans la forêt grise (Grau^ holz). Vojant que tout était perdu ^ les pajsans armés se dispersèrent^ poussés par le désespoir^ ils crièrent à la trahison et assassinèrent plusieurs de leurs of&ciers.
L*heure de l'infortune de tous les* Suisses avait sonné. Néanmoins le danger même et le malheur ne purent plus les unir. Chaque canton, quelque petit qu'il fût^ négociait pour son compte , armait pour son compte, et ne songeait point aux autres. Aussi tous périrent. Ceux des gouvernemens qui n'avaient pas encore voulu reconnaître la liberté de leurs sujets ne tardèrent pas plus longtemps ; ils la proclamèrent avec pusillanimité, avec l'agitation du désespoir, avec pompe. On découvrait sans peine que ce sacrifice était involontaire.
La France prenant le ton de l'autorité fit la déclaration suivante: ,»La Confédération a cessé d'exister. La Suisse entière formera une république une et indivisible sous un gouvernement central. Celui-ci, avec les représeutans du peuple réunis en corps législatif, siégerft dans la ville d'Aaraù. Tous les Suisses , citadins ou paj-' sans, seront égaux èh droits et devant la loi. Les citojrens réunis en assemblées primaires nommeront les administrateurs, les juges, les magistrats et les représentans de la nation. Le gouvernement nommera, pour Texécution des lois dans les divers cantons, des préfets et d'autres autorités. "
La Puisse fut divisée en dix-huit cantons, à peu
prés égaux. L'ancien territoire de Berne forma quatre cantona > Yaud , Oberland , Berne et Aargovie. £n revanche^ plusieurs petits cantons furent réunis en un seul; ainsi Uri, Schwyz , Unterwalden et Zoug composèrent le canton de Waldslaetten ; le pajs de Saint-Gall, TAppenzell^ Je RUeintlial reçurent en commun la dénomination de canton de Sentis^ du nom de la pins haute montagne des Alpes d'Appenzell. Des pajs autrefois sujets de la Confédéra^on , tels que Bade^ la Thurgoyie^ liUgano et BelUnzpne formèrent dç nouveaux cantons; le Valais fut uni de tnêrne à la Suisse^ les Grisons furent seulement invités à accéder à raUiance ; Genève, au. contraire , et Mulhouse 9 détachés de la Confédération et incorporés à la France.
C'est ainsi que les vainqueurs étrangers disposèrent de la Suisse qui dès Iprs fut appelée République helvétique. Ils imposèrent des cputributions énormes aux anciennes villes capitales 9 enlevèrent les trésors accuqiulés des villes de Berne 7 de Zurich et de Fribourgy conduisirent dans des forteresses françaises plusieurs magistrats et autres hommes qui paraissaient dangereux à l'afiermissement des nouvelles institutions f et emmenèrent des citojens respectables comme otage pour les coutiibutions qu'ils exigeaient des villes riches.
Mais les fiers montagnards d'Uri, de Nidwalden, de Schwyz et de Glaris y jaloux de leur liberté antique et héréditaire s'écrièrent d'un commun accord : y, Nos pères ont acquis dans les combats et avec leur sang le trésor de leur indépendance ; eh bien ! ne le perdons que dans les combats et avec notre sangl" Postés à leurs frontières, près de U Schindeleg^ui et sur les rochers de l'£tzel, « en vue des bataillons ennemis^ ils jurèrent avec leur gêné-. rai Aloïs Reding le serment d'être tidèles à leur patrie jusqu'à la mort. Ensuite ils se battirent vaillamment,
mais sans succès ^ prés de Wollrau et de la Schindeleggui; car le curé de Notre-'Dame-des-Ermîtes , Marianus Herzog^ qui commandait ses ouailles sur le mont £tzel| prit lâchement la fuite. Mais Aloïs Reding rassembla ses troupes prés de Rothenthurm^ non loin du cbamp de bataille de Morgarten. Là se livra un combat long et sanglant. Les bergers combattirent dignes de leurs ancêtres et yictorieux comme eux. Trois fois les bataillons français renouvelèrent le cgy^bat^ trois fois ils furent battus et enfin repoussés jusqu'à Egueri dans le pajrs de Zoug. C'était le 2 de mai. Les ennemis laissèrent près de 2000 bommes sur le champ de bataille consacré par la victoire. Le )our suivant les Suissesr des Waldstsetten se couvrirent encore de gloire dans uii combat livré près d'Arth. Mais la victoire coûtait à ces héros leur sang et leurs forces. Ils capitulèrent et, la inort dans Tame, accédèrent à la' république helvétique. Ainsi finit l'ancienne Confédération. Elle avait sub* sisté 490 ans ; 74 jours suffirent pour la dissoudre. Edifice déjà ruineux, elle tomba sans avoir mérité une chute si honteuse. Sa lutte contre une puissance qui, envahit le monde fut semblable aux derniers efforts d'un vieillard mourant, qui d'une main glacée saisît encore une fois son fer, non pour protéger le faible reste de sa vie, mais pour 'descendre dans' la tombe avec tout son honneur.
Dis-moi, fils de l'Helvétie, qui a pu applanir les remparts de tes montagnes, élargir leurs gorges impénétrables, appaiser les flots terribles de tes lacs et dd tes tbrrens, émousser les armes entassées dans tes arsenaux, rendre infructueux les trésors de tes villes t -^ Réfléchis , et deviens sage à l'école de l'expérience.
Calamités de la Suisse jusqu'au rëtablissement
d'une Confe'dération.
(De Tan 1798 k Tan i8o3.)
L'ancien ordre de choses ajant été changé Tolonfai^ remeni ou aboli par la force dans toute la contrée comprise entre les Alpes et le Jura^ les citoyens les plus éclairés dirent : ,1 De grands maux nous ont frap^ pés^ mais faisons les serrir au hien de notre patrie. Tant que nous ayons formé un grand nomhre de petits états 9 la diyision de notre territoire nous a diyisés d'intérêts et de sentimens; chaque canton a été faible pour sa défense^ pauyre pour des institutions utiles ^ opposé aux grandes rues du hien puhlic; Tégoïsme rétrécissant les esprits^ tout nous conduisait à la discorde qui nous a conduit à notre perte. Que le peuple suisse ne forme donc plus qu'une famille unique dont tous les memhres auront les mêmes droits ^ qu'une force unique capahle de maintenir la liherté au-dedans, de repousser l'ennemi au-dehors , afin que nous occupions encore une fois un rang honorahle parmi les nations de la terre."
Mais la multitude aveugle et sans instruction ne éomprenait point ces discours et ne regrettait que la perte de ses anciens usages. Elle avait désiré la liberté et l'indépendance 9 mais non la réunion des différentes parties de la Suisse en un seul tout; elle eût vu^ au contraire 9 avec plaisir que chaque petit district^ ou même chaque vallée , formât un petit canton indépen** danty gouverné par lni«même, organisé à sa guise , seulement uni aux autres par le lien d'une confédération.
Tous les événetnens sabséqaens augmentèrent les regrets da peuple, sa haine pour le nouvel ordre de choses et son désir de Yoir naitre une confédératio9 divisée en un grand nombre de cantons. Le gourerne- ^ ment central, établi dans Aarau sons le nom de directoire exécutif, sans crédit, sans considération, étranger à Ini-m^me et au peuple, dépendait de ses protecteurs firançaia qui s'appliquaient à lui savir taule dignité. Au sein du sénat et du grand^conseil , composés de députés de tout les cantons, luttaient ensemble les opimon» de tons les partis, les idées do peuple et celles 4e PéoQile» Dans les diverses contrées de la Suisse, le$ m^eSt partis se combattaient encore, et souvent les armes à la main* Un amalgame d'institutions et de lois anciennes et nou-^ Telles £dsait naitre les contradictions les plus funestes^ Tandis que l'état était souvent privé des ressources les plus nécessaires, que les omplojés et les ecdésiastiquea se recevaient pars, leurs pensions, les commissaires, 1^ généraux, letf soldats de la France vivaient, aux dépem de la Suisse, dans une opulence honteuse et envoyaient en France des spmmes énormes, fruit de leurs rapines.
^ Le peuple mécontent murmurait contre tout ce qui se faisait, et son mécontentement était alimenté par les
« I anciens magistrats et emplojés qui avaient perdu leurs .; places, par les moines qui appréhendaient rabolition de tous les monastères, par les ecclésiastiques queTon ne pajait plus, et par les négocians et les artisans qui ne jouissaient plus de l'autorité des corps de métiers ni des prérogatives des cités. Toutes ces classes d'hommes parcouraient les villes et les campagnes, présentaient au peuple comme gage d'un meillenr avenir la guerre qui allait éclater entre la France et l'Autriche, et lui prouvaient la nécessité de soutenir rempereur pour chasser les Français. Ces discours inspirèrent au peuple
Une haine irréconciliable pour la nouvelle organisation politique.
Aussi lorsque toutes les peuplades de la Suisse furent invitées à prêter serment à la nouvelle constitution (iuillet 1798), il j eut des soulévemens et des révoltes dans le Rheinthal, dans POberland, dans le pajs d'Âppenzell et dans plusieurs autres contrées. Ils furent étouffés par la violence 9 dans Nidwalden d^une manière plus terrible qu'ailleurs. Là un capucin^ Paul Stjguer^ et quelques autres ecclésiastiques avaient excité le peuple à la révolte , en lui persuadant que la constitution ap]portée par les Français était Pouvrage du diable. Le peuple s'arma pour résister à l'armée de Scbauenbourg qui s'avançait Pendant trois jours une poignée de pâtreé livrèrent des combats sanglans près du lac, au pied des montagnes, à un corps d'armée considérable. Trois à quatre mille Français furent tués avant que les autrei pussent pénétrer dans l'intérieur de cette contrée. Maii alors leur vengeance ne connut point de bornes 5 Stanz*stad et Stanz devinrent la proie des flammes; hommes^ femmes, enfans, prêtres, tout ce qui ne put pas s'én-^ fuir fut massacré. Près de quatre cents personnes furent ainsi égorgées au milieu des plus horribles abominations (9 septembre 1798).
Immédiatement après ces malheurs, le gouvernement^ qui venait de transporter son siège à Lucerne^ parceque la ville d'A^rau se trouvait trop petite (4 octobre) ^ décréta un împ6t et une conscription pour le service militai^; de là de nouveaux désordres dans les cantons de Berne, de Lucerue et ailleurs. Beaucoup de jeunesgens s'enfuirent dans d'autres pajs pour ne pas servir dans les milices helvétiques ou dans les 18,000 hommes ^ne la Suisse devait fournir à la France.
Enten Fempereiir d'AatricIie déclara la guerre k la nation française. Déjà tin corps d'Autrichiens axait occupé les Grisons (19 octobre}^ d'où l'on bannit tous ceux qui ayaient demandé la réunion de ce pajrs aree THelyétie. Les Français ajant reçu un grand échec près de Stockach en Souabe (21 mars 1799}^ les forces au-^ trichiennes s'étant ayancées dans Tintérieur de la Suisso et liyrant des batailles presque tous les jours: effrajé de rapproche de l'ennemi le gouyemement helyétique ne se crut plus .en sûreté à Luceme , ils transporta son siège a Berne (31 mai) ; alors tous les partis se ranimèrent et s'agitèrent ayec une nouyelle fureur. Des Suisses s'entretuaient combattant sous les drapeaux do rAutriche et' sous ceux de la France. Il jr eut des sou* lèyemens eides séditions, tantôt à cause de la conscrip** tion forcée des jeunes^gens^ tantôt par le désir si général de fayoriser les armes, de l'Autriche ; de toutes parts, à Flawjl et Mosnang dans le canton de Sentis, à Menzinguen et Rinach dans l'Aai^oyie, à Rouswjl dans le canton de Lucerne, à Morat et dans d'autres parties du canton de Friboug, à Schwjz, où l'on assassinait les Français ou les forçait de fuir, à Lugano, à Uri, dans le Valais, dans Arberg et dans d'autres contrées encore* Sur ces entrefaites des armées étrangères se battaient dans les yallées, sur les rochers des Alpes, au bord des lacs, au-dessus des nuages; les champs de bataille se touchaient. Les Autrichiens et les Français prirent, perdirent, reprirent les Grisons, et les montagnes qui se terminent au Saint-Gotbard. Les Autrichiens s'ayancèrent en conquérans jusqu'à la yille de Zurich, de là, yers la gauche, jusqu'au St Gothard^ yers la droite, jusqu'au Rhin (jpin); leurs troupes furent grossies par . des hordes russes et asiatiques. Depuis les jours des Romains, des Aliemanni et des Bourguignons , la Suisse n'ayait pas été frappée d^une calamité pareille.
Plasieur$ anciens magistrats y dépouillés de leurs di« . gnités^ comptaient les reprendre. Ils ressayèrent dans plus d'un endroit sous la protection des armes de FAutriche. Le nouyel^abbé de Saint-Gall^ Pancrace Forster^ vint rétablir dans ses états une servitude plus dure qu'elle ne Payait jamais élé, fit arracher au peuple par des dragons autrichiens les lettres de franchise qui lui araient été octroyées, ouvrit de force les archives du pays et en enleva tous les documens. Mais il sentit bientôt où conduit la force sans justice. Les villes de Zurich et do SchafThouse s'aperçurent aussi que 1^ peuple ne voulait plus se courber sous le joug qu'il avait porté si longtemps.
Le général français Masséna ayant remporté la victoire dans la terrible bataille de Zurich (25 septembre), où fut détruite la puissante armée russe que Souwarow avait amenée d'Italie par dessus les Alpes, la constitution helvétique fut rétablie dans toute la Suisse, même dans les Grisons»
Cependant les chefs du gouvernement central établi à Berne comprirent que cet état de choses ne pouvait ni subsister ni sauver la Suisse^ ils songèrent donc à perfectionner le système du gouvernement. Mais leurs . opinions étaient constamment diviséeSé Plus occupés àcs personnes que des intérêts publics, les partis se renversaient les uns les autres; aucun d'eux ne se soutint longtemps ; aucun d'eux n'eut le temps de servir la cause de la patrie.
D'abord le sénat et le grand-conseil cassèrent le directoire exécutif (7 janvier 1800), établirent une nouvelle constitution et un nouveau gouvernement sous le nom de commission executive. Sept mois après, la commission executive destitua par un coup d'autorité le sénat et le grand-conseil (7 août iSOO), convoqua
on noii?eaa conieîl de législation y et le gouyerncment prit le nom de conseil d'exécution. An bout d'une année ^ une diète helvétique générale s'assembla dans Berne (7 septembre 1801) pour donner à la Suisse une meil<leure constitution ; mais la diète , ne pouvant ni s'entendre ni en venir à un résultat ^ fut dissoute d'autorité par une partie du conseil législatif et du conseil d'exé- \cutiony qui introduisirent une nouvelle constitution avec un sénat et un petit-conseil (28 octobre 1801). Le vainqueur de Rothenthourm y Aloïs Reding^ dont le nom était cher au peuple helvétique, fut mis à la tête du petit-qonseil y en qualité de premier landamman de la Suisse ; mais comme il ne jouissait de la confiance ni du gouvernement français , ni des Suisses qui haïsr saient l'ancien ordre de choses , le sénat cassa le petitconseil et congédia Aloïs Aeding (17 avril 1802)^ J)es notables appelés de tous les cantbns furent chargés de faire un nouveau ' projet de constitution^ qui fut adopté. Le gouvernement se composa d'un sénat et d'un directoire exécutif à la tête duquel on plaça , comme landamman de la Suisse, Dolder, politique souple et adroit.
Le peuple suisse demeurait spectateur indifférent de ces changemens, de ces bouleversemens continuels des pouvoirs^ qui ébranlaient les lois et l'autorité au lien de les affermir. Il gémissait des troubles que chaque (our voyait renaître 9 des imp6ts et des contributions dont on l'accablait , des vexations que lui faisaient éprouver les troupes françaises; on n'entendait parler que d'émeutes et d'agitations. Le Valais surtout était anéanti sous la domination arbitraire des généraux eC des soldats français, auxquels il était livré en proie. Pour conserver une route par les Alpes en Italie > la France voulait détacher le Valais de la république helvétique.
Un seal yœu animait iuvariablemont tons les peuples de la Suisse : qae chaque canton libre et s'organisant à sa guise ^ ne fut uni aux autres que par le lien d'une nouyelie confédéralion^ indépendante du goûyernement français, affranchie et du joug des troupes étrangères et du joug de l'ancienne sujétion.
jua paix ajrant été conclue à Amiens entre la France et les autres puissances belligérantes , conformément au traité de paix les garnisons françaises de la Suisse retournèrent dans leur pajs (août 1803). Aussitôt l'esprit de parti et l'esprit cantonal se rèyeillèrent arec une nouvelle force. Le Valais forma une république à part. Vri f Schwjz et Unterwalden s'armèrent contre le gouvernement helvétique. La ville de Zurich s'en sépara de jnéme. Baie et Schaffhouse suivirent cet exemple. L'Aargovie levée en masse marcha sàr Berne. Privé dé secours et sans défense ^ le gouvernement helvétique s'enfuit à Lausanne > tandis qu'une diète s'assemblait à 3chwjrz (septembre 1803) pour rétablir l'ancienne Gonfédéraliqn. Chassées de l'intérieur de la Suisse^ les faibles troupes helvétiques , soldées par le gouvernement^ le suivirent dans le Pajs-de-Yaud. Partout les partis couraient aux armes; les villes s'armaient pour renverser le gouvernement central ; les campagnes s'arnudent pour défendre leurs libertés contre les prétentions des villes; les Vaudois s'armaient pour protéger l'unité et la liberté de l'Helvétie. Une guerre civile générale était sur le point d'éclater; le sang coulait déjà. Alors le chef puissant de la nation française , Napoléon Bonaparte ^ tourna ses regards vers la Suisse. 11 commanda la paix. A la nouvelle apparition de ses drapeaux redoutables (21 octobre) > tous les partis posèrent les armes el le supplièrent d'être leur médiateur; ils ne se confiaient plus les uns aux autres.
Napoldon Bonaparte donne aux Suisses TÂcte
dé médiation.
(De Pau i8o3 k Tan i8i3.)
II manda vers lai à Paris des députés de tons les partis et de tous les cantons; après les ayoir entendus , après ayoir bien saisi l'esprit des diyerses peuplades de PHelyétie, sa parole puissante mit un à leurs débats; «ans égard pour les intérêts des castes et des personnes , il n'eut en vue que l'intérêt de la chose publique. Il n'écouta ni les vœux des familles urbaines qui demandaient la domination et des sujets ^ ni les partisans d'une république indivisible soumise à un gouvemement unique et an même code de lois; mais il écouta là yoix de la grande majorité du peuple qui réclamait l'indépendance de chaque canton et demandait que les campagnes et les villes jouissent des mêmes droits et de la même liberté. Sous le yoile d'une grande affection pour la Suisse^ Napoléon Bonaparte ne consulta que son adroite politique; ,>Le peuple sera satisfait," pensat-il, «et la Suisse divisée en parties indépendantes > toujours en dissension, toujours faible, demeurera sous ma dépendance et ma direction."
Il intervint donc dans les affaires des Suisses et leur donna l'Acte de médiation (19 février), désormais loi fondamentale de toute la Confédération. Chaque canton j reçut sa constitution particulière. La Confédération se composa de dix-neuf cantons ; aux treize anciens il ajouta ceux des Grisons (sans la Yalteline), d'Aargovie (avec le Frickthal), de Vaud, de Saint-Gall, de Thurgoyie et du Tessin (les -anciens bailliages italiens}.
— - zrs
Le$ dispositions fondamentales de la nouyelle constitution étaient les saiyantes: «Les villes et les familles n'auront plus de prérogatires ; les cantons ^ plus de sujets; tous les Suisses^ citadins ou pajsans^ égaux en droits 9 pourront exercer librement leur industrie et s'établir où bon leur semblera ^ dans toute l'étendue du territoire Suisse. Les intérêts communs de la Confédération seront discutés dans une diète annuelle ^ assemblée alternativement dans les villes de Friboi^g, de Berne, de SoIeure> de Bâle, de Zurich > et de Lucerne. Le chef du canton directeur , landamman de la Suisse, aura la direction des affaires générales du pays, et communiquera avec les ambassadeurs des puissances étrangères. Chaque canton se régira lui-même et aura 6on gouvernement et ses lois."
Les dix-neuf cantons s'étant constitués conformément à cette loi fondamentale et le gouvernement helvétique, de retour de Lausanne à Berne, s'étant dissous, Bonaparte retira ses troupes*
Presque tous les peuples de la Suisse organisèrent paisiblement leur administration intérieure et se soumirent au nouvel ordre de choses. Dans le seul canton de Zurich plusieurs communes refusèrent de prêter le serment requis, surtout dans les districts de Horguen et de Meilen; elle se plaignirent du rachat des dîmes, du cens et d'autres impositions, rachat rendu plus onéreux, prétendaient-elles. Sans écouter aucune représentation amicale, elles maltraitèrent des magistrats innocens, mirent le feu au château de Waedenschwjl (24 mars 1804) et coururent aux armes. Les longs désordres des années précédentes avaient fait naître Phabitude de se faire justice soi-même , au mépris de toutes les lois. Mais des troupes venues en hâte des cantons voisins et fointes aux Zuricois demeurés fidèles étouffèrent
la rébellion^ après quelques combats livrés prés d*Qbai^ riedeiiy de Horguen et sur Bocken. Le chef de la rér folte^ Jean Jaques Willi^ cordonnier de Horguen, et êtê principaux complices furent punis de mort; d'autres^ mis aux fers; quarante-deux communes coupables, condamnées àpajrer^ pour les frais de la guerre, une somme de plus de 200,000 florins.
Pour le bonbeur de la Suisse, Ton éteignit cette «étincelle ayant qu'elle allumât un ineendie général. Sur tons les points du sol helvétique les partis étaient encore en présence, et un grand nombre de citoyens espéraient s'élever sur les débris de la nouvelle organi^ •ation. Leê amis de l'unité helvétique murmuraient contre le démembrement de la république indivisible. Les couvens murmuraient parceque leur existence leur paraissait incertaine, et Pancrace, abbé de l'ancien monastère de Saint-Gall, appelait publiquement les Saint-Gallois vassaux rebelles de l'empire. Dans plo-** sieurs endroits les campagnes mfurmuraient pour n'avoir pas obtenu des assemblées générales comme les petits cantons. Les patriciens et les familles urbaines murmu-^ raient de la perte de leurs privilèges et de leurs sujets;
Néanmoins la majorité des peuples suisses voulant la pfdx et le repos, s'attacha fermement à la nouvelle organisation et à la nouvelle liberté. Le méconteulement de quelques-uns se tut devant les vœux de la généralité; d^ailleurs tous tremblaient devant la volonté du puissant médiateur , qui faisait trembler même les rois. Car la puissance de Napoléon s'accrut à tel point qu'il plaça sur sa tête la couronne impériale et avec son épée frappa de terreur la moitié du monde.
Telle fut la cause de la tranquillité de la Suisse, qui vit dés lors une longue suite d'années paisibles et
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henretise^. Les rérolulions et les guerres biviles aTaient réveillé les forces endormies des Suisses. On put remar^ quer chez eux une actiTifé de vie qu'on n'avait Jamais vue auparavant Mêlés ensemble par les orages politiques» ils avaient appris à se connaître et n'étaient plus étran^ gers les uns aux autres. Les événemens qui arrivaient dans un canton inspiraient de l'intérêt à tous. Des écrits de toute espèce ^ des brochures ^ des journaux ^ autrefois étouffés par des gouvememens ombrageux^ instruisirent le peuple de ce qu'il lui importait de savoir, attirèrent son attention sur les intérêts généraux, entretinrent et propagèrent un esprit public auparavant inconnu. Des Suisses de tous les cantons formèrent ensemble des sociétés pour l'avancement d'idées et d'institutions utiles^ pour les progrès des sciences et des arts, pour l'entre*tien de l'union et du patriotisme. Le canal de la Linth restera un monument éternel de cet esprit vraiment patriotique qui à cette époque se manifesta pour la première fois. Des Suisses de tous les cantons réunirent, par des contributions volontaires , Hin million de francs pour dessécber les rives du lac de Wallenstatt, contrée marécageuse, d'où n'était jamais sorti que la pauvreté » (a misère et des maladies épidémiques. L'amour qui avait commencé d'unir tous les Confédérés ne se nlani* festa pas moins généreusement lorsque la montagne dit Rossberg au-dessus de Goldau, dans le canton de Schwjz, minée par des pluies d'automne fort abon* dantes, s'écroula subitement avec un fracas sombre et horrible vers le soir du 2 septembre 1806. Goldau, - Lowerz, de nombreuses cabanes pastorales furent en* terrés sons le$ décombres de la montagne; des centaines de personnes heureuses j trouvèrent leui: tom« beau. Le voyageur parcourt avec dTroi ce désert; là était une vallée florissante.
L« peuple libre en tons lieux ^ affranchi d'une tutelle ^rannique qui arait prolongé aa minorité morale , 8^ap«» pliqua derechef aTCC ardeur et avec plaisir au trafic > au conunercei à l'agriculture^ aux soins du bétail; ni corps de métier , ni lois prohibitives n^arrétaient l'industrie ^ ne gênaient les communications de canton à canton. La part que tous les citoyens prenaient aux intérêts publics força les gouyernemens à être paternela et justes > i réformer les lois défectueuses , à favoriser les institutions utiles. Le peuple voulut être libre ;^ mais sans lumières et sans force ^ il n'jr a de liberté pour aucun peuple. Les écoles furent donc multipliées et perfectionnées ; l'homme éclairé trouve seul un avia salutaire dans le danger. On établit aussi dans toute la Suisse une nouvelle organisation militaire^ afin qu'à chaque heure on pdt envoyer aux irontiérea une armée exercée et disposée à les défendre. La Suisse vit projeter et exécuter plus de choses utiles dans l'ea^ pace de dix ans^ qu'auparavant dans le cours d'un siècle.
Le puissant médiateur de la Confédération helvé* tique 9 Napoléon^ qui renversait des trônes > démembrait des empires 9 distribuait des couronnes^ comme s*il était le maître du monde, ménageait la Suisse et la traitait avec amitié. Néanmoins ses guerres continuelles entravaient le commerce de la Suisse avec d'autres pays. Bien des gens se plaignaient de ce mal*» heur 9 et plus ^encore du traité en vertu duquel la Suisse fournissait à l'empereur des Français 16,000 liommes de troupes, comme elle en fournissait autrefois aux rois. Personne ne voulait s'enrôler parcequ'il périssait un nombre infini d'hommes dans les bataillea innombrables que livrait I^apoléon. Plusieurs villes trouvaient mauvais d'ailleurs qu'il fût permis aux Fran^
çai$ do s'établir librement en Snisse^ comme il était permis aux Suisses de s'établir en France. Chacun so consolait par Pespérance d'un meilleur ayenir, mais personne n'osait résister à Napoléon.
A la fin y lorsqu'il eut pénétré avec une armée im« mense jusqu'au fond de la Russie^ et qu'il vit ayec orgueil à ses pieds ce Taste empire , la providence frappa un de ces grands coups destinés à apprendre aux puissances de la terre qu'il est une autre puissance qu'elles doivent révérer et craindre. Le froid excessif de quelques nuits d'hiver vainquit des armées invaincues (1812). Le terrible guerrier s'enfujfant saisi de terreur pour la première fois^ les rois et les peuples de TËurope jurèrent ensemble la perte de l'oppresseur que Dieu avait frappé. Dès qu'il eut rassemblé de nouvelles forces^ il marcha contre stu ennemb^ mais^ animés par le ressentiment, ils le battirent dans les plaines de Leipzig; la bataille dura trois jours (16, 18, 19 octobre 1813). Il repassa le Rhin| les vainqueurs le suivirent.
Gomme les armées alliées des rois et des empereurs s'approchaient du Rhin et des frontières de la Suisse, les Confédérés se rappelant leurs devoirs envers le médiateur, mais aussi l'oppression et la souffrance des peuples longtemps courbés sous son joug, résolurent dans une diète assemblée à Zurich de conserver la neutralité au milieu de la guerre générale. £n conséquence de cette résolution , ils placèrent un cordon de troupes sur les frontières, le long du Rhin.
Les Suisses annullent l'Acte de médiation de Napoléon et se divisent. Des puissances étrangères mettent fin à leur division et fondent une nouvelle Confédération de vingtdeux cantons.
(De l'an 18 1 3 k Fan i8i5.)
Les Tictoirei des monarques alliés ajant ébranle le trône de Napoléon^ les pins sages d'entre les Confédérés dirent: « L'instant est venu de releyer rindépendauce et rbonnenr de la Suisse. Que notre jeunesse combatte et triomphe ou meure aux frontières de notre territoire, pour en défendre l'inYiolabilité, tandis que nos députés, assemblés à Zurich , fonderont sur de nouvelles bases rédifice de la Confédération , ouyrage d'une sagesse pa^ triotique et lésultat des besoins du siècle. Alors, mais seulement alors, nous anéantirons l'Acte de médiation, monument de notre discorde et de notre faiblesse précédente. **
Ainsi pensaient les sages. Mais plusieurs familloft nobles des villes autrefois souveraines formaient de tout autres vœux. Beaucoup de nobles ambitieux désiraient voir les armées étrangères en Suisse, pour rétablir sons leur protection et sous l'empire de Ja terreur la Confédération des treize cantons, leur puissance personnelle et la servitude générale, en un mot, l'état de choses dont l'année 1798 avait vu la fin sanglante.
On parlait d'intrigues et de négociations secrètes avec les étrangers. Puis tout-à-coup, inopinément, \a, déclaration solennelle de la neutralité suisse a peine publiéepar la diète, les troupes des frontières, animées du courage le plus pur, prêtes à rerser leur sang pour
rhbnneur et i'indëpendance de leur patrie, reçoÎTeat Tordre de se retirer. Les bataillons autrichiens , serrés et nombreux y passent le Rhin au son d'une musique éclatante (21 •décembre 1813) et, pour marcher contre la France^ traversent Bâle, PAargoyie, Soleure, Berne et d'autres contrées. Les peuple les voit arec étonné* ment 5 avec indignation. Les troupes suisses sont retenues dans Féloignement; la honte > la douleur et la colère dans l'ame. Des fièvres et des contagions mortelles marquent le passage des bataillons étrangers. Plusieurs maisons peu auparavant heureuses demeurent désertes et désolées.
La ville de Berne, à l'aspect des nombreuses cohortes allemandes, fut la première qui abolit l'acte de médiation^ ouvrage de Napoléon. £lle déclara en même temps par un acte public qu'elle reprenait possession de son ancienne domination et.de ses anciens droits dans toute leur étendue. Surpris, crojant cette déclaration un ordre du vainqueur dont il vojait les drapeaut, le peuple se tut dans une attente inquiète. Soleure et Fribourg imitèrent l'exemple de Berne; Lucerne fit de même peu après. A Zurich la diète ànnulla dans son entier l'acte de médiation eu vertu duquel elle se trouvait assemblée, et posa les bases d'une nouvelle alliance des dix-neuf cantons (29 décembre). '
Ce n'était point ce que demandaient les ci-devant dominateurs; ils voulaient le rétablissement des treize cantons. Les montagnards des cantons forestiers furent excités à la révolte. On avait sommé les cantons de Yaud et d'Aargovie de retourner sous la domination bernoise (24 décembre) , mais le Pajs-de-Vaud et TAargovie s'y refusèrent opiniâtrement.
Des dissensions intérieures menaçaient la Confédération de sa dissolution prochaine, tandis que les sou-
3èO --
Teralns ftlHés entrèrent à Paris, relëgaérent dans Pile
d'Elbe Napoléon ramca, et rétablirent Louis XYIII,
comme roi de France, sur le trône de ses pères. La
diète nourellement formée à Zurich de députés des
dix-neuf cantons (6 ayril 1814) était le dernier et faible
lien qui empêchait la Confédération de se dissoudre.
Partout de la défiance, partout de Fanimosité; des cris
s'élèyent qui demandent le démembrement des parties
de la Suisse deyenues indépendantes depuis seize ans ,
et Panéantîssement de leur liberté. Zoug redemande à
PAargoyie une partie des anciens bailliages libres; Uri>
au canton du Tessin la yallée de Liyino; Glaris, au
canton de Saint-Gall la seigneurie de Sargans; le ci-
deyaut prinee-abbé Pancrace , ses beaux domaines et set
droits en Thurgoyie et dans le pajrs de Saint-Gall;
Schwjz et Glaris réunis, les districts d'Uznach, de Gas-
ter, de Wésen, et un dédommagement pour d'anciens
droits de toute espèce; Untenvalden , Uri, Schwyz réu*
nis, un dédommagement semblable pour des droits
qu'ils possédaient en Aargovie, en Thurgoyie, dans le
pajs de Saint-Gall et sur les bords du Tessin.
D'autres faisaient de même des réclamations. Dans les Grisons un parti demandait que la Rhétie fût déta*^ chée de la Confédération helyé tique; un autre passa la montagne ayec quelques centaines de soldats pour reconquérir Clèyes et la Yaltelinc (4 mai), mais 3000 Au-, trichiens déjouèrent cette entreprise.
Au milieu de ces orages, Zurich, Bâie etSchaffhouse se distinguèrent par leur impartialité lojale; Yaud et Aargoyie, par l'enthousiasme et Pénergie de leurs peuples, se montrèrent forts et dignes de leur liberté* Dans les Villes et dans les campagnes de Bâle, de Zurich, de Soleure, des amis de la liberté étaient prêts à suiyre les drapeaux de PAargoyie. Dans ce dernier canton^
ainsi qxbê ianê le canton deVaud^ 12^000 hommes n'ai^ tendaient pour marcher que le premier signal; mtàs Berne éidta une guerre ouyerte. Son gonyernement offrit même au canton de Yaud de reconnaître son indépendance à de certaines conditions. Le canton de Yaud rejeta cette proposition (24 juillet); celui d'Aargoyie arma d'une manière plus menaçante. Dans POberland aussi éclata une fermentation dangereuse (août). Cotait une époque déplorable de querelles et de dissensions : piûsM la grande famille des Confédérés n'en jamais rer Toir de pareille! ^
Dans la plupart des cantons^ les soupçons et la ja-« lousie des partis s'étaient ranimés ayec plus de force, surtout depuis qu'on s'était occupé des droits futurs du peuple et des limites futures du pouyoir des gonyernemens. On parlait d'émeutes, de conspirations , d'arrestations^ de bannissemens^ qui ayaient eu lieu à Lucerne^ à Fribourg, à Soleure. Cette dernière yille appela des troupes bernoises pour la protéger contre son peuple. Des bataillons de Confédérés passèrent en hâte les hautes Alpes et se rendirent sur les rives du Tessin pour prévenir une guerre civile (^septembre}; d'autres troupes entrèrent dans le canton de Saint-Gall pour mettre fin à une révolte et à une dangereuse anarchie. Ici, l'abbé Pancrace continuait à soulever ses partisans; Schwjrz, d'un autre côté, excitait des mouvemens pour reprendre Sargans et Uznach. D'autres communes demandaient rétablissement des assemblées générales.
Tandis que la Sujsse était ainsi livrée à des agitations longues et croissantes, que le sang coulait, en plusieurs endroits et que des arrestations nombreuses remplissaient les prisons des yilles, les ministres de presque tous les grands états de l'Europe étaient réunis à Vienne pour
établir sur des bases justes et solides la paix future da monde*
Las rainqaears de la France, avaient déjà antérieurement accordé à la république de Génère la permission d'accéder comme canton indépendant à la Confédération beWétique; il en fut de même du Valais et de la principauté prussienne de NenchàteL Le 12 de septembre la diète y i la demande de ces trois cantons, les admit dans l'alliance belvétiqne. Mais les rois et les ministres assemblés i Vienne , TOjant les querelle» eontiniieltea des Suisses y dont le temps augmentait les haines an lieu de les affaiblir ^ ils se chargèrent du râle de médiateurs ^ pour terminer à jamais ces différends qui paraissaient interminables* Des députés de la Confédération se rendirent donc i, Vienne , comme il en était allé à Paris onze ans auparavant
Après un long examen de leurs dissensions et de leurs griefs, la déclaration des puissances alliées et leur décision arbitrale fut enfin prononcée le 20 mars 1815. Leê souverains reconnurent et l'acte d'alliance que la majorité des cantons suisses avaient adopté le 8 septembre 1814 et l'intégrité des dix-neuf cantons subsistansy et l'accession de Genève^ de Neuchàlei et du Valais^ qui portait le nombre des cantons à vingt-deux. On assigna au canton de Vaud la vallée des Dappes que la France lui avait enlevée; au canton de Berne, à titre de dédommagement^ Bienne et l'évèché de Bule» à rexceptiou de quelques portions qui furent incorporées aux cantons de Bàle et de Neuchàlei; au canton d'Uri^ la moitié du revenu annuel des péages dans la vallée de Livino; à l'abbé Pancrace et à ses employés > une pension de 8000 florins; aax cantons d'Uri^ de Schwjz, d'Unlervfalden, de Zoug, de Glaris et aux Rhodes intérieurs d'Appeuzeil^ pour les dédommager
de l€ars anciens droits^ un demi-million de francs à pajer par les cantons d'Aargovie, de Vaud et de St. GalL De sages résolutions terminèrent aussi pour toujours une foule de différends^ entr'autres ce qui concernait l'amortissement de la dette helvétique y qui s'élevait k plus de 3^500^000 francs ^ et les dédommagemens dÀ$ aux Bernois qui avaient eu des droits seigneuriaux dans le canton de Vaud. Les seuls griefs de la république des Grisons ne furent point écoutés; car on ne lui rendit ni Cléves y ni la Yalteline^ ni Bormio^ devenus propriété autrichienne j on n'accorda pas même un dédommagement aux particuliers dont les biens et les propriétés légitimes dans la Yalteline avaient été confisqués dans une révolte et aliénés injustement
Lorsque la diète helvétique eut adopté (27 mai) celte déclaration signée par les ministres d'Autriche » d'£spagne^ de France, d'Angleterre, de Portugal, de Prusse, de Russie et de Suède, ces mêmes puissances reconnurent solennellement et garantirent la neutralité et l'inviolabilité de la Suisse dans toutes les guerres à venir des souverains.
C'est ainsi que l'intervention généreuse des monarques alliés de l'£urope mit fin aux dissensions de la Suisse $ ainsi a été fondée, dans l'enceinte des Alpes et du Jura^ la République fédérative des vingt-deux cantons.
Conclusion.
Telle est l'histoire des événemens du temps passé, révélation des mystères du temps à venir.
. . Les liens de la servitude des Suisses ne furent rompus
BÎ par la flèche de Guillaume Tell, ni par Pépée d'Adam de Camogask. Ni la bataille de St Jaques ni le combat de la Malserhaide ne conquirent l'indépendance dea Confédérés. Non 5 mais on combattit pendant cinq cents ans pour la liberté intérieure et pour rindépen-» dance extérieure. Le» hommes assemblés dans la prairie du Grutli et sous Térable de Trouns donnèrent seulement le mot d'ordre pour le combat sacré.
Depuis que l'innocente simplicité d'Uri eut été cor-^ rompue par le luxe orgueilleux des autres cantons^ les Suisses ne rougirent plus de se mettre à la place^des baillis odieux de l'Autriche ^ que leurs pères ayaienl chassés y et ils deyinrent plus ambitieux de compter autour d'eux des sujets et des esclaves que de libres concitoyens. A Stanz^ où leur était apparu le vénérable Nicolas de Flue^ ils jurèrent une inimitié éternelle au peuple en se garantissant les uns aux autres une domination étemelle sur leurs sujets. Toutes les rançons que le Togguenbourg offrit pour sa liberté furent constamment rejetées ayec hauteur. Les gouyernemens voulaient les libertés pour eux-mêmes ^ mais ils ne voulaient pas accorder à leurs peuples le bienfait de la liberté. Aussi regardèrent-ils à la fin la vertu de ces peuples ^ leurs lumières et leurs richesses croissantes comme plus redoutables qu'une révolte ouverte..
Cependant l'édifice que l'égoïsme avait élevé ^ l'égoïsme dut le détruire. Le monde vit bientôt avec étOnnement que les Suisses méprisaient et trahissaient l'origine de leur puissance et de leur gloire ^ l'alliance perpétuelle et la concorde. Les cantons oublièrent leur précédente affection y s'armèrent de haine les uns contre les autres et coururent après des affections étrangères. Les héros de la liberté rampèrent en esclaves dans les cours. Les sobres fils des Alpes vendirent pour de l'or et pour des
présens le sang de leur peuple et leurs suffrages dans les conseils. Le caractère mâle des anciens chefs de Petat disparut et fit place à Tesprit méticuleux de goureme* mens aristocratiques. La patrie fut couyerte du Toile du mjstère aux jeux de ses propres enfans* Enfin lorsque les gourememens se furent presque tous séparés des peuples y les peuples se séparèrent des gouvememens. L^histoire ne nous montre aucun empire qui ait péri par la vertu de ses citoyens. L'ancienne Confédération suisse succomba affaiblie par toutes les misères ciriles*
Mais le Dieu des anciens Suisses veillait avec toute sa miséricorde sur leurs enfans dégénérés. Gomme la pluie fécondante tombe du nuage qui porte dans son sein la destruction et la mort^ ainsi sortit des orages politiques et des terreurs des révolutions la liberté de tous les peuples de la Suisse. Aujourd'hui on Voit^ ce qu'on ne yojait pas auparavant^ dans un espace d'environ 900 milles carrés^ entre le lac Léman et le lac de Constance ; près de deux millions d'hommes, divisés en vingt-deux républiques , et tous libres. Sans doute, même la plus forte de ces vingt-deux républiques est faible et insignifiante auprès des puissances de ce monde. Mais la plus faible d'entr'elles devient invincible par l'union de toutes, tant que chaque Confédéré redoute moins une seconde journée de Grandson , de Morat et de Frastenz, que l'artifice et l'or d'un seigneur Zoppo ou d'un éyêque Schinner.
Le seul ennemi que doive redouter un cœur suisse ne vient ni de l'Allemagne ni de la France. L'ennemi le plus redoutable de notre liberté, de' notre indépendance, si jamais il se présente encore, ne sortira que du milieu de nous. U faut donc lui imprimer un signe auquel chacun puisse le reconnaître. C'est lui qui préfère l'honneur de son canton à la gloire de la Çonfé-
d^rilion «iitiiroy Pârântage de sa personne ou de sa fiimille à l'intérêt de Vitut — C'est lui qui tremble & la TUe du fer dans les mains d'un peuple libre ^ et qui ne redoute ni For ni les flatteries des rois et de leurs ambassadeurs. — » Cest lui qui dit publiquement : Gom- 0iandez le silenee aux journaux , le mjstère aux instituteurs de la jeunesse; placez TOtre argent à intërét au lien de le prodiguer pour des armes et des armées; fermes les salles de nos conseils et que le peuple ignore ce que nous y décidons : par là nous redeyiendrons seigneurs et maîtres et nous commanderons de noureau à des sujets et à des esclares. — - C'est lui qui sème la défiance entre la ville et la campagne^ qui allume la baine religieuse entre les catholiques et les réformés 5 qui élère des barrières prohibitives entre les cantons^ et fait revivre cet égo'ûme énervant , cette ambition de famille, cet orgueil de noblesse, enfin toutes ces discordes qui firent périr dans le sang la vieille Confédération malgré Neuenegg et Rotheiithourm.
L'expérience nous a enseigné que le droit et la justice sont plus forts que toutes les puissances ; que \sl prospérité des familles n'est assurée que sous la loi de la liberté , et que la liberté de tous n'est garantie que par l'indépendance de la Suisse. Or cette indépendance noble et précieuse ne repose pas sur les documens signés par des ministres et sur les promesses des empereurs et des rois ; elle repose sur une base de fer, sur nos épées. La vraie noblesse helvétique doit sortir des églises et des écoles du peuple; le vrai trésor de l'état, consister dans la prospérité de toutes les familles; le grand arsenal de la Confédération > se composer de cabinets d'armes de tous les citojens. Que les transactions des gouvernemens et des assemblées populaires retentissent aux oreilles de toute la Confédération. C'est ainsi que sera protégé
rinlérêt sacr^ de la patrie et Tintërèt sacré de chaque cabane. C'est ainsi que le feu céleste de Fesprit public consumera Fédifice ruiné de Fégoïsme personnel ou cantonal.
Les liens de la servitude des Suisses ne furent rom« pus ni par la flèche de Guillaume Tell, ai par Fépée d'Adam de Gamogask. Ni la bataille de Sainl-Jaques ni le combat de la Malserhaide ne conquirent l'indépendance des Confédérés. Les hommes assemblés dans la prairie du. Grutli et sous l'érahle de Trouns donnèrent seulement le mot d'ordre pour le combat sacré. — • Confédérés , nous le combattons encore 1 -^ Et vous, nos neveux y vous le combattrez sur nos tombeaux l •— Veillez, de peur que vous ne tombiez dans la tentation! Confiez-vous en Dieul Que tous les Confédérés vivent pour chacun jd'eux , et que chacun vive pour tous !