‹ Histoire de la nation suisseChapitre 8 sur 14 · DS LA NATION SUKS&K · texte numérisé non relu

DS LA NATION SUKS&K

lutte par de contitiuelles menaces; les esprits s'étaient échauffés; des adresses avaient été envo>ées au (s^rarid conseil d'Argovie pour Teni^agcr i\ lomr ferme. Berne qui, dans Tappui qu'il avait prêté, avait dédaigné d'agir comme Vorort , se sentant assez fort comme canton, Berne, qu^on accusait de n'être pas étranger à la déter* mioatioD d'Argovie, se mettait en mesure de parer à tout événement.

Comme cela était à prévoir, la Diète confirma son arrêté dn 2 avril, etsonuna le canton d'Argoviede s'y conformer. Le grand conseil , par un nouveau décret, se borna à déclarer qu il éLait prêt à rétablir trois couvents de femmes, si la Diète n'exigeait pas davantage, et il décida en (mire que la laesque totalité de la fortune des couvents aurait une destination purement catholique.

Cette concession ne termina rien. La Diète nomma une commission de sept membres, chargée de lui présenter des propositions. On avait cru qne c'était le moyen d'arriver à une solution ; mais dès ce moment, an con-traire^ on s'entendit moins que jamais : les vaes diver* gentes des membres de cette commission ne firent que ranimer les divisions et créer de nouveaux embarras. Deux membres demandaient impérieusement le rétablissement de tous les couvents supprimés; selon eux, aucune exception n'était possible. D'autres, créant des catégories que rien ne justifiait, ne voulaient relever certains couvents qu'à la condition de maintenir la suppression de quelques autres. Une dernière opinion, la seule populaire aux yeux de la Suisse libérale, lut formulée par Neuhaus, avoyer de Berne, président de la commission, c^étatt celle qui voulait qu'on «se déclarât satisfait des coueessions d'Argovie et qu'on éliminât à ce prix la question du receZk Peu en faveur d'abord au sein de T Asaem^^ blée fédàrale, cette opinion fut plus heureuse dans plu«sieurs des grands conseils cantonaux, auxquels la question avaiit été renvoyée en dernier ressort ; son triomphe fut surtout décisif dans certains cantons, tels (}ue Vau4 et ^challUouse^ dout les dé^uiés avaient fiût

tous leurs efforts pour faire prévaloir une opinioo opposée.

Cependaiit, quand les discussions recommencèrent, le 25 octobre, la question se trouva plus complexe que jamais, grossie qnVHe /'tait de scriipules religieux, d'erreurs politiques, et même d'éléments étrangers. Les débals ne furent néanmoins pas longs; car ils devaient fléchir devant des instructions conuaes d^avance. Neol 1 Etats et deux demis se prononcèrent pour le rétablisse* ment de tous les couvents; huit et deux demis ponrlespro* ' positions de M. Neuhaus; les autres adoptèrent desopi* nions intermédiaires sans aucune chance de succès ; de sorte qne la Diète, en se séparant sans avoir résolu une | question qui tenait la nation en suspens, ne fit que ré- I vêler de plus eu plus une impuissance de nature à la dis- I créditer aux yeux de 1 Europe entière.

Au reste, la question argovienne n'avLiit pas seule fixé l'attention. Un revirementpolilique complet s'était opéré dans le canton de Lucerneà propos de la révision de la constitution; le Te sin avait éprouvé de nouveaux troubles et une nouvelle ère constitutionnelle se préparait dans le canton de Genève.

Les causes de la réaction politique que subit le canton de Lucerne ont été diversement appréciées. Ce qui est certain , c'est que raffaire des couvents d'Argovie fut habilement exploitée pour inspirer aux masses des appréhensions sur leurs croyances religieuses. La nouvelle constiliUiofi, émanée dime assemblée où les iunuères n'aboiidaient pas, quoique très-démocratique en apparence, consacrait des principes si exclusifs qu'ils donnent la mesure des vues de ceux qui en ont été les autours; elle acconiait en outre à TEglise sur l'Etat une suprématie qui plus tard a donné lieu h une foule de conflits. Le gouvernement de i83i resta étranger à Télaboration de cette constitution de circonstance, et sa retraite des affaires fut pleinede dignité.

Le Tessin avait espéré, mais en vain, trouver dans Texpulsion des chefs du parti réactionnaire la tranquilli^ dont il avait besoin, tes ohaires iie tardèrent pas à être 1

transformées eii tribunes poUliqiies où lescun^;^, abiisanl de leur saint mimsière, appelaient la guerre civile cl excitaient les partis i\ la haine. Leurs prédications iiicendiaires ne furent pas perdues. Danf^ quelques cotnmunes on avait poussé l'exaltation jusqu'au crime et à l'assassinat; dans d'autres, l'insairection était proclamée presque ouvertement. Les membres du gouvernement décba, n^fagiés dans le Piémont et dans la Lombardie, attisaient sans cesse les passions, secondés qu'ils étaient par la tolérance des autorités de ces deux pays. EnBn, le juil- .let, la révolte éclata dans le Val-Maggia, d^oùelle s'étendit sur plusieurs autres poijils. Déjà quelques corps d'insurgés marchaiofit sur Locarno, sic^i' du gouvernement, lorsque de promiiies mesures militaires, dirigées avec vigueur et ensemble, compriinèrenl rinsurrecliou. Plusieurs des conjurés furent tués sur le ciiamp de baLailîe; l'un d eux. Tavocat Nessi, livré par ses propres soldats, et contre lequel s'élevaient des charges accablantes, fut fusillé» Cette levée de boucliers, si promptement répri* JBée, ne fit qu'asseoir sur des bases plus solides le gouvernement qu'on avait cherché h renverser. Quelques mois plus tard, il put accueillir de nombreuses demandes en grâce, qui ont permis à bien des proscrits de rentrer dans leurs foyers.

La marche des événements qui amenèrent un changement complet dans les institutions du canton de Genève, ne fut pas aussi pn-cipilée; mais, d'un autre côté, elle fut exempte de ces incidents irritants qui, dans d autres cantons, avaient dégénéré en luttes sanglantes

La charte de 1814 était eataclii'e des défauts de la

f)lnp<'irl des constituTions de cette é[)i»qiie; elle avait été dite en dehors de toute induence du peuple et ne pouvait s'amender que par les conseils institués par cette ' charte. Depuis 1830, un haut magistrat (Rigaud), très^ populaire en Suisse, avait, mais en vain, cherché à faire prendre au conseil d'Etat l'initiative d'une réforme plus ou moins large sur des points essentiels, tels que le systftme électoral, le nombre des membres du conseil d'E-^ tat et du conseil représentatif, la durée de leurs fonc-

HiST01H£

lions, le i>ai tage de l'initiative entre les deux conseils, le droit de pi Liiion, Tintroduction du système ^ iiiunicipaK etc. La voix de cet homme d'Etat pr(^vo\ani avait eu [iru d'éciio au milieu d'une coterie qui, an ino^en d'un certain liljéralisme ledéiaL espé rait accréditer fV pinion que Genève jouissait, cunime les cantons régénérés, d'une espèce de gouvernement populaire. Ce n'est pas à dire que son adminiàlraiioD eût été saosgraodeur ni sans mérite ; mais la base essentielle lai manquait» et rbenre des améliorations devait sonner lûloatard.

Une association, oui se forma le 3 mars 1841, i la suite du refus dMtabiir une municipalité élective pour la ville, se chargea de préparer les esprits. Dans difFereotes brochures, elle avait indiqué les inconvénients de la situation, signalé les points constitutionnels qui exigeaient surtout une prompte révision; mais elle n'avait pas abordé le mode de cette révi>ion, sur lequel quelqiitsuns de ses chefs tinirent par se diviser. Alors toroia m\ tiers-parti qui, tout en se montrant învorahle au£ réformes, voulait les l'aire opérer par les conseils. Quatre-vingts membres du conseil représentatif s^eo rcNodi* rent les organes dans une adresse où ils demandaient une enquête sur la situation politique de Genève. Mais cette démarche eut peu de succès auprès de la populalion» qui se prononçait de plus en plus pour une reroote constitQtionnelle radicale au moyen d^ine assemblée constituante; elle eut en outre Pinconvénient de diviser les forces du parti iihrral et de maintenir la coteno gouvernementale dans l opinion que la situation présentait peu de gravité.

Le 2^ novembre, le Conseil d'Etat crut devoir se contenter lî jipporter au conseil représentatif deux ou trois projets de réforme assez incomplets. Mais Taffaire avaiî considérablementmarché, et, malgré un certain déploiement de forces, le peuple réuni en foule se porta autour de rhôtel de ville, exprima ouvertement le vœu que la réforme politique fât confiée à une assemblée constH tuante^ àTélection de laquelle prendrait part Tuniversa*

D£ LA NATION SUISâ£.

lilé des citoyens. Les conseils durent céder : la constituante fut décrétée.

A part la question des couvents dWrgovie, la Diète n'avait guère eu à s'occuper que des alîaires qui se reproduisent chaque année. Les propositions de la conamission de révision du uacte avaient eu à peine les honneurs d^une discussiou. On n'était tombé d'accord que pour maintenir au recez la question de la révisioo, ainsi que le travail de la commission.

Une difficulté existait depuis huit ans eutre le gon*vernement et la ville de Berne au sujet de créances coq-* sidérables dont Texistence avait été dissimulée, au profit de la ville, à la commission de liquidation helvéti-

aue de 1808, et sur lesquelles le gouvernement prétenait avoir des droits. Ce différend, que la Diète avait refusé de soutiiellre à un arbitrage fédéral, et qui menaçail dès lors de s'envenimer de plus en plus, fut aplani cette année par les soins de iicgociatcurs habiles et conciliants. De part et d'autre, des concessions furent, faitesi «t le canton de Berne, affranchi par là de complications intérieures* put d'autant mieux exercer une pré* pondérance non contestée sur les affaires fédérales.

Monvellc consUtulion g;en(*%okf«e. ^CIeetion<« dio Znrirh. Tendances de l.ucerne* Travaux, de la IHéle* Reiatioutt eoittiuereîalc^i.

(Année 1842.)

La journée du 22 novembre 1841 avait fait triompher à Genève le principe de la souverauieti'' du peuple appliqué au pouvoir constituant. La constitution qui en fut le résultat et qui passa au creuset de trois débats successifs, fut acceptée par la très-grande majorité du peuple genevois en 1842. et avec elle commença une nouvelle ère de perfectionnement politique, favorisé par les grands principes que cette œuvre consacrait, tels, entre autres, que le suffrage universel, le droit de^éti<» tion^ la division électorale par arrondissement» le ne-

88i Ht^tomiî

nouvellement In (juf ni des conseils, riniliative des lois accordée au grand coiiM il. la s('parationdes pouvoirs, etc. A ces ilivers égards, ou [leul dire que îe programme de ra-^sociation du 3 mars fut pleinement réalis<*. Cependant celte association perdit du terrain dans ia nomi* nation des autorités cantonales; mais la bourgeoisie de Genève prit sa revanche en nommant un conseil mn* nicipal radical.

Pendant que Genève mettait la dernière main à Tœu- ▼rede la réforme constitutionnelle, à Zurich s'accompKssait, sur le terrain électoral, un événement non moins importai! L, puisqu'il déplaçait, au prolit du parti renversa* en septembre 4839, la majorité parlementaire acquise depuis la contre-révolulion de cette époque au parti conservateur. Cerevireraonleut sarioul une grande intUifMice sur les affaires h dérales, en ce qu'il fit sortir tout à faille premier des cantons de Tornière sarnienne, où une politique passionn('e et miprévoyanle avait cherché à le retenir. Il est vrai oue, par compensation^ Luceme voguait à pleines voiles dans Tultramontanisme, et que la réaction en était venue dans ce canton jusqu'à chercher à se donner des auxiliaires dangereux en faisant tous ses efforts pour faire décréter l'introduction des jésuites. ' • >//>)

Autant rani]ée précédente avait été orageuse, autant l'année 18t2 fut paisible, malgré les sinistres prévisions de ceux qui voyaient dans la non-solution de FalTaire des couvents une source féconde d agitation et de bouleversements.

La seule question qui eût pu raviver au sein de la Diète les luttes acrimonieuses des parlis. celle des couvents d'Argovie, donna lieu tout au plus à quelques sorties déplacées de la part des adversaires de la suppression. Cette grosse aiïaire fit un pas vers sa conclusion, grâce au progrès de Topinion NeuhauSt qui, en faible minorité en juillet 1841, était parvenue à réunir cette année onze voix et deux demies, c'est-à-dire la majo* rité effective, sinon la majorité légale.

La question du pacte ne donna pas non plus beau^

DE LÀ NATIOK SUISàii

coup de peine à la Diète; en deux heures, on lui rendit sa place au recez, où cette quei»tion devait encore sommeiller pendant cinq ans.

Ûno nultp question importante qui occupai! la Diète de|)uis on grand nombre d'années, c'est celle des relations commerciales de la Suisse a?ec le dehors. Depuis radbésion de ia plupart des Etats aiiemands qui ooqs en- Yitonneni à Fassociation des douanes prussieDnes (Zoll-^ ?erein), les dif erses branches de rindustrie suisse qai avaient trouvé jnsqu^alors nn écoulement dans ces Etats, ressentaient le fâcheux contre-coup de cette union douanière. Quelques voix en prirent occasion de réclamer Tailhésion de la Confédération au système allemand, mais d'autres voix plus sages combattirent cette idée, alarmées des dangers que pourrait courir rindépendance de la Suisse par une agrégation qui la ferait descendre du rang d'un Etat libre à une position subordonnée, incompatible avec sa neutralité. Cependant la première opinion gagna du terrain dans la discussion qui s'éleva sur cette matière au sein de la Diète, à propos d'une proposition de Zurich qui demandait qu'une commission nommée par le Directoire fût chargée de faire une enquête approfondie sur l^état du commerce et de rindustrie suisses, et de proposer des moyens de remédier au malaise qu'ils éprouvaient généralement.

Cette proposiiion, enelle-uiéme assez inoffensive, était accompagnée de considérants qui lui donnaient une portée tout autrennent grave. Zurich et plusieurs des canloTîs orientaux insistaient sur le làcheux état de l'industrie et du commerce, sur la stagnation et lesericombrements dont on se plaignait, sur le manque de débouchés suffisants, sur les fâcheux effets de la concurrenœ étran^re, etc.; et ils exprimaient l'idée que ces inconvénients devaient être attribués à la liberté du commerce et à l^absence d'un système de douanes suisses. Ils paraissaient croire^ en conséquence, qu'au syst^ae de liberté il conviendrait de substituer le système pro' tecieur, sinon même le système prohibitif; quelquesuns en vinrent jusqu'à reproduire Tidéa d'une adjonc-

tiOD totale ou partielle de la Saisse à Tune des grandes

lignes de douanes. Un des principaux arguments que

faisaient valoir les défenseurs de ce système^ c'est le développement corniaercia! immense que prenait l'Allemagne depuis qu elle sïlait londue dans le grand réseau des lignes de la Prusse.

Les dépulrs de Vaud, de Bûle-Ville et de Neiichâtel combaltirenl a\ec force l'idée proposée d'un cliafjgemenl de système. Meuchâtel s'attacha principalement à montrer que le malaise commercial dont on se plaignait n'existait réellement pas ; il invoqua des faits en faveur de son assertion, tels que Taugmentatton des capitaux, de la valeur des biens-fonds, Tançuentation dans les revenus indirects des Etats, le passif annuel de 45 ou 20 millions que le commerce suisse pouvait supporter avec la France. Quant aux indiistries en souffrance, c'étaient plutôt celles qui n'avaient pas de racines daiis la Suisse que celles qui lui étaient naturelles ; vouloir les iavoriser, ce serait créer un privilège aux dépens des brancties naturelles, aux dépens de la masse, aux dépens des consommateurs et des autres industries. Bàle-Ville, s'autorisant des principes et de rexpérience» des théories et de la pratique, repoussa de même comme funeste ridée de substituer le système protecteur au système de liberté; que la Suisse se trouvât momentanément dans un état de crise, on pouvait le comprendre comme un fait accidentel, mais elle pouvait toujours s^y soustraire promptement par la liberté de mouvements dont elle jouit. D'autres pays, régis par un système différent, avaient aussi des crises à subir, mais elles étaient terribles et le remède ne venait que lentement. Les douanes prussiennes, selon Bàle-Ville, n'auraient de mérite que parce qu'elles auraient produit l'affranchissement des entraves intérieures. Le député de Vaud tint le même langage, en insistant en outre sur l'idée que TaccessioD complète de la Suisse à une ligne de douanes étrangères serait une calamité politique» en ce qu'elle entraînerait la ruine de la Suisse comme Etat indépendant.

La Diète se borna à voter le renouvellement des pou-

voirs que le Vorort avait reçus précédemiiient pôur chercher à obtenir des Etats voisins tous les all('ffemenls possibles en faveur des produits du commerce ei de Tiudastrie suisses.

Ciuerre civile dans le ITalais. Contre-révolution, .tppei des Jési^ites À Lucerne. Révolution dans les caatons de Wmmàf Bene» denè^e, ete. Vm Plèie*

(Anoées 1843-46.

La constitution du 3 août 1830 avait réuni les deux parties du Valais, depuis longtemps divisées; une ère de bonheur allait commencer pour cette belle vallée. Le conseil d'Etat nantit bientôt le grand couseil de projets de lois qui avaient pour but des améliorntions à apporter dans instruction publique, la répartition des charges militaires (impôt dont le produit était destioé à la fourniture d'effets d'habillement et d'équipement aux soldats), etc. Mais le peuple ne fut pas de l'avis de son gouvernement ; ces lois furent rejetees. Le clergé avait contribué pour beaucoup à ce résultat.

Pendant que le conseil d'Etat travaillait avec courage et dévouement au bien-être du peuple valaisan, de soidisant libéraux contribuaient par leurs folles décliimations à entretenir la division dans le pays. En ouUe, la question des couvents d'Argovie était habilement exploitée par les ultramonlains.

En 1843, ofi vil claii ornent que ^opinion publique, et surtout celle du corps législatif, s'étaient singulièrement modiGées pendant les trois dernières années. Dans sa session du mois de mai, le grand conseil remit le pou-* voir exécutif en de nouvelles mains. Malgré cette espèce de satisfaction donnée à l'opinion de la magorité du peu* pie, le nouveau conseil d^Ëtat n'en fut pas moins impuissant à réprimer les scandales dont le Valais était le théâtre. Le sang fut mainte fois versé, des meurtres furent cominis. Kiiiiii, lorsque la discorde eut jeté de pruioudes racines dans la partie inicrieure du canton^

HlSTOtkt

le Haut-Valais, qui attendait avec impatience le nionit ni de reprendre riiill.ience qu'il avait perdue en 1n:î'.», s*(''branla à la smu- d'un appel qui lui laUidre>sé ie ié mai 184i. Le 18. Kalbei matten, chef des Hnnts-Valaisansjélait avec SlKiOliomnies aux portes de Sion. Les libéraux du Bas-Valais, au nombre de 800. ayant à leur t(He Maurice Barman, prirent aussitôt le chemin du cheflieUy aiiii de prévenir l'invasion de la partie occidentale dQ canton ; mais la trahison les força à la retraite. Pen^ dantce temps, les réactionnaires du Ôas-Valaiss'armaient, s'organisaient, s^emparaient des positions favorables, afin découper la retraite aux libéraux. Ceux*ci, après plusieurs escarmouches, arrivèrent le 21 au pont du Trient, où les attendait une déroute complète. Seizo d'cîiire eux turent Uu s ou massacrés, plusieurs faits prisonniers, un grand nombre réussit à gagner la Irontière.

Kaibermatten. qui avait quitté la capitale, acheva de parcourir en maître le Valais, la constitution du 3 août fut abrogée, et ce canton put (]H lors se jeter avec Lucerne dans une réaction aveugle.

Dans ce dernier canton, la retraite du gouvernement de 1831 fut suivie des plus funestes conséquences. BieniAt même la Suisse entière allait être déchirée gi4ce à {^entêtement stopide d^un gouvernement emporté par le fanatisme.

Dans le but d'entraver la libre manifestation des opinions, le grand conseil vota une loi qui détruisait la liberté de la presse, et que le peuple adopta néanmoins en vertu du veto [K)pulaire.

La réforme de l'instruction pul)liqiie fixa bientôt rattention du conseil exécutif. Déjà en 1842, l'éducation de la jeunesse fut contiée au clergé. Alors aussi fut soulevée la question de savoir si les établissements dMnstruc^ tion seraient remis entre les mains des jésuites : le grand conseil rejeta cette proposition à une majorité imposante. Mais les partisans des RR. pères persévérèrent et {iréparèrent si bien les esprits, que le grand conseil, dans sa séance du 34 octobre 1844, se prononça pour 1 appel des jésuites. Conformément à la constitution, le

0£ LA NATION SUIBftS.

peuple fut appelé à dire le dernier mol sur celle ques* tion.

En présence du vote du grand conseil et des menées des partisans des jésuites, les libéraux lucernoiscrorent quMl était de leur devoir, pour éviter de plus grands maux, d'empêcher par la violence Texécution du dé* cret relatif aux RR. pères, et ilsmarehèrent en armes sur le chef-lieu, mais le défaut d'orgaiiisatlon et de discipline, les mesures promptes prises par le gouvernement, empêchèrent la réussite de ce plan. Le 8 décembre 1844, le sang coula à Lucerno.

Le ^3 fit enfin connaître le résultai de la volation du peuple : i8,19f) citoyens se prononcèrent pour les jésui* tes et 7985 contre.

La question des Jésuites fut portée devant la Diète, mais aucune majorité ne put se former dans le sein de cette assemblée. Aussitôt on décida une seconde expédition sur Lucenie. Le 31 mars 1845, 8000 hommes pénétrèrent dans le canton qui venait d'appeler les jésuites. Lucerne s'attendait depuis longtemps à une attaque, aussi toutes les mesures avaient été prises et les corps francs éprouvèrent (le avril) une entière défaite. Ils laissèrent quelques centaines des leurs sui le champ de bataille et 1830 prisonniers. Les cantons obtinrent le rachat de leurs ressortissants moyennant 350,0U0 francs anciens.

Parmi les victimesde cette malheureuse tentative était Jaques-Robert Steiger, médecin distingué et citoyen dé* voué à son pays, auquel il avait rendu d'éminents services depuis 1831 «

Le docteur Steiger fut, le 3 mai, condamné en pre* mière instance à être fusillé; le 17, cette sentence fut confirmée par le tribunal d'appel à la majorité d'une voix. Le grand conseil trouva prudent d'( nvover ce brave patriote dans les cachots du roi de Snidnii^iie; mais trois gendarmes le délivrèrent dans la nuildu i9au 20 juin. Il fut reçu à Zurich au milieu des acclamations de joie.

il'appd des jésuites à Lucerne causa dans presque

HISIOIBE

tonte la Soisse une Ti?e agitation, qui se tradaisit en ré- Yolation dans plusieurs cantons. LesVaudois manifestèrent de bonne lieure leur ^sympathie pour cette minorité intelligente et morale qui avait rejeté le lameux décret de 184i.

La révolution vaudoi^^o de 1831 n'avait pas répondu aux espérances auxquelles on s'était livré; tout ce qui s'était lait quant à l'impôt, à l'instruction publique, aasystéme judiciaire, n'avait pas répondu à l'attente de la majorité de la nation. Le peuple prit ^initiative dans l'affairedes jésuites. 3^,000 pétitioonaires manifestèrent leur opinion. Les instructions du grand conseil à ses députés à la Diète ne furent pas conformes an vœu populaire. Les mesures hostiles du conseil d^Etat étant de nature à provoquer une démonstration, les citoyens accoururent à Lausanne pour demander satisfaction. A la suite de deux grandes assenablées populaires et 15 février 184-5), un gouvernement provisoire fut installé; le grand conseil qui, en vertu d'une décision prise dans ces mômes asseral)lées, allait sortir de l'urne électorale des 60 cercles, fut chargé de la révision de la constitution; plusieurs réformes importantes furent votées par ces reunions imposantes de citoyens.

Le nouveau projet de constitution fut soumis à la votation du peuple le dimanche iO août et accepté par une forte majorité. Le grand conseil fut maintenu.

Le 3 août, une proclamation, lue en chaire, faisait connaître au peuple v.iudois robjel de la votatioa qui était fixée au dinianche suivant; des exhortations étaient adressées aux électeurs. Un certain nombre de pasteurs refusèrent de donner lecture de cette pièce. Le fait fut soumis à l'examen de la commission ecclésiastique et des classes qui se réunirent le 2^2 octobre ; les récalcitrants furent libérés. Le 3 novembre, le conseil d'Ëtat, qui prononçait en dernier ressort, condamna 42 pasteurs et suffraganU à des peines disciplinaires plus ou moins sé?ères. «

Le il, les ecclésiastiques vaudois se réunirent à Thô* tel de Tille de Lausanne, et à la suite 4'une discussion

de deux jours» 155 membres Su clergé firent coanaltre au conseil d^Etat qu^â dater du 12 décembre^ ils cessaient

toute fonction dans l¥glise officielle.

* Afin que TEglise ne lùl pas eu soulTrauce et dans l'intérêt de Tordre public, le gouverneinent prit les mesures nécessaires. Les [lasîours déiaissiumiaires et leurs adhérents fondèrent une relise indépendante.

La révolution vaudoise eut un grand retentissement en Suisse. Dans plusieurs cantons, les constitutions de 1830 oe répondaient plus aux besoins nouveaux ; de plus, le peuple cherchait à repousser rinvasion des jésuites.

Le peuple bernois» par son vote du 1*' février 1846, décida la révision de sa constitution par une constituante. Le 31 Juillet, la nouvelle constitution fut acceptée à une

immense majorité.

Les élections de Zui icli du 3 mai, celles de Soleure du 5, ne furent pas favorables au gouvernement de Lucerne.

Les choses ne se passèrent pas aussi tranquillement à Genève. Le7 octobre, lesangcoula, le? autorités durent céder; le 9, un gouvernement provisoire fut proclamé par rassemblée populaire du Molard.

Qu'avait fait la Diète pendant ces graves événements? Pas grand'chose. Toutefois, en 1843, elle avait réussi à sortir du recez Taifaire des couvents d'Ârgovie. L'année suivante, quand la députation de cet Etat demanda l'expulsion des jésuites de toute la Suisse, Tautorité fédérale décida, par 17 2/2 voix, de ne pas entrer en matière. Dans sa session extraordinaire, ouverte le 24 février 1845, la Diète renvoya la question des jésuites à une commission, mais la haute assemblée n'adopta aucune des propositions qui lui furent soumises. La session ordinaire ne lit pas avancer la question. En 1846, 10 2/2 Etats se prononcèrent contre l'appel des jésuites et pour la dissolution du Sonderbund, ou alliance séparée des cantons catholiques. L'aunée 1847 devait trancher le nœud ifordieut

E»e Honderliund. K^ptiKIoii dcis jésaites. Révolution à !\eiicliAleI. I«'évé4ine illarillej. Comiliuti^o féé^ raie»

«Année» iS47.|85t.)

La Coiifcdéralioi) a ^'U ses jours de deuil, toutes les fois qnc quelques parties de la Suisse ont cherché à s'écarter de la lettre et de Tesprit des atliaiices. Mais Tes* prit de parti, mais les passions ultramontaines et Faveu-

Ste fanatisme une fois soulevés, ont-ils jamais profité e l'expérience? •

Une nouvelle ligue séparée, le Sonderbund, avait été fondée à Luceme par des délégués des Etats de Lucerne. Uri. Schw'vlz, Unterwaldeii, Zug et Fribourg le Valais fui bientôt du nombre). Ce fut en 1840, lorsque Fribourg entra dai.s l'alliance, que les bases de celte ligue parurent au grand jour: dès lors le Sonderbund eut une place dans la circulaire nislruclioiinelle. et fa Diète, dans sa séance du 20 juillet 1847, considérant que Talliance séparée des sept Etats était incompatible avec les dispositions du pacte fédéral du 7 août 1815, déclara la dite alliance oissoute. Cet arrêté fut voté par i'2 2/2 États : Zurich, Berne, Soleure, Schaffhouse, Saint-Gall, Argovie, Tessin, Vaud, Genève, Thurgovie, Grisons, Claris, Bâle-Campagne et Appenzell extérieur.

Dans la séance du 3 septembre, ces mêmes Etats prononcèrent l'expulsion des jésuites , et la défense de les admellre a l'avenir dans aucun des cantons de la Cqnfédcralion.

Le DJa Diète s'ajounsa dii rnilien d'octobre, plusieurs députalions n'étant pas munies des instructions ru'cessairespour la mise à exécution 4cs arrêtés concernant le Sonderbund et les jésuites.

L'autorité fédérale reprit ses travaux lel8oclobre,Elle procéda d'abord au choix de représentants fédéraux qui se rendirent immédiatement à leur destination porteurs d'ttuèi^rocUuuaUQO au peuple de$ cantons du Sonderbund.

Pais en présence des mesures militaires de la iigae, la Diète s^empressa de conférer le commandement on chef des troapes fédérales aa général Dafour, de Genève (le plas ancien colonel fèdéral) Le 24 octobre la

Diète mit à la disposition du général en chef une armée

de 50,000 hommes, et comme la mission des représentants fédéraux était demeuréesans résultat, le A novembre l'aiitonté fédérale ordonna que son arrêté du 20 juillet serait exécuté par la force des armes.

L'armée fédérale, portée à 100,000 hommes eiiviron et disloquée sur phisieurs points, se trouva bieritôt en présence des troupes de la ligue, commandées par un chef protestant, le colonel de Salis Soglio, de Coire. Ce général avait sous ses ordres 37,450 hommes de troupes régulières et près de 48,000 hommes de landsturm.

Fribourg fut d'abord investi par une division de Tarmëe fédérale ; la ville se rendit le i4 novembre, à la suite d'un combat qui avait eu lieu la veille. Contre toute attente, le fort noyau des petits cantons et de Lucerne ne fit guère plus de résistance. Le 21, Zoug faisait sa soumission ; le 23, les troupes fédérales se mesuraient avec les Sonderbundiens à Gislikon et à Mejerskappel, dans rEnllibuch. Le lendemain, Tâme du Sonderbund, Lucerne, tomba an pouvoir des troupes de la Confédération. Le i5, les trois cantons primitifs ne crurent pas devoir continuer la lutte. Le ^8, le grand conseil du Valais annonça qu'il renonçait à l'alliance séparée.

En quelques jours le Sonderbund fut dissous, Tintervention étrangère, sur laquelle il comptait, arriva trop tard. Mais la patrie avait perdu plusieurs de ses enfants. L'armée fédérale eut 60 morts et 386 blessés 5 celle du Sonderbund 20 morts et i l i blessés. De toutes. parts on s'empressa de venir au secours des victimes.

Les frais de guerre furent supportés en partie par les membres de la ligue. Neuchàtel, qui n'avait pas obtempéré aux ordres de la Diète, dut payer 300,000 francs anciens dlndemnité.

Les troupes fédérales étaient à peine rentrées dans leurs foyers^ qu'une révolution soudaine éclata en France.

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La rt'publique fut pi ockmiée à Pnri- le 24 février 1848; Ce coup de foudre ébraiila la plupart des Etats de TEurope. De puissantes insurrections éclatèrent bientôt du Mord ail Midi. Le coutre-conp des événements de Paris se fil sentir presque au même instant dans les Montagnes de Neucbâtel : ane vive agitation s^empara des esprits; les républicains de la Ghaux^-de-Fonds et da Locle, jugeant le moment favorable , nommèrent des comités pour diriger le mouvement ; une proclamation fut adressée au peuple, et le drapeau fédéral lutai Loré sur l'hôtel de ville des deux localités, comme sic:ne de ralliement de la révoUiîion (-29 février). Fjs ailvrisaii du régime monarchique s écriaient : « Nous sommes Suisses « par nos origines, par notre histoire , par nos affect tions, j)ar nos relatioiis de tous les jours. L'état poli- « tique du pays est un non-sens ; c'est à lui surtout « qu'il fautattribuer les fautes du gouvernement depuis « vingt ans ; c'est le canton-principauté qui a fait jouer « an pays un rôle dangereux et humiliant dans la lutte « récente contre le Sonderbnnd ; il faut réparer les er« « reurs du passé et nous unir plus intimement à la « grande famille helvétique. Soyons Suisses comme les « Suisses ! Proclamons la républujue î

D'heure en heure, les nouvelles du mouvement montagnard parvenaient au siège du gouvernement. Les partisans de la monarchie, ne jugeant pas la situation désespérée, faisaient connaître au pouvoir qui allait tomber leurs projets de résistance.

Le conseil d'Etat était en permanence et délibérait. Âu dernier moment, le parti delà modération l'emporta : le gouvernement résolut, non d'abdiquer, mais d'abandonner à rinsurrection le château de Neuchâtel et Tadministration du pays. En môme temps il envoyait Tun des ses membres à Berlin, pour informer le roi de Prus.se de la situation, et il demandait, à Berne, l'assislanct^ lédérale. Les républicains, prévenus Je ces résolutions, se mirciit immédiatement en marche. Deux de leur:) colonnes, fortes d uo millier de citoyens, entrèrent

sans coup férir à Neuchâtel, et occupèreni la ville et le châteao. C'était le mars.

Le lendemain » les républicains du Vignoble et da Yal-de-Travers arrivent au chef*liea, bannières déployées» et se réunissent aux citoyens des Montagnes et du yal*de-Rttz. Des adhésions nombreuses sont annoncées de loutes parts. Un gouvernement provisoire, installé au château de rseuciiàti^U inuclamc la déchéance du gouvernement du roi , 1 abolition de la monarchie et Favénement de la république. Les membres de Tancien conseil d'Etal, reiusant de donner leur démission, sont momentanément arrêtés. I.cs poursuites pour délits politiques sont mises à m 'ant et les exilés peuvent reprendre le chemin de leur patrie. L'ancienne représentation du pays (le corps législatif) est dissoute , tous les employés civils et militaires déclarés provisoires.

Le 3 mars , le directoire de la Confédération reconnaissait la république et mnUm de NeuchéM. Tandis que bon nombre de communes envoyaient des députés au gouvernement provisoire pour saluer la république, le chargé d'affaires du l ui de Prusse auprès de la Confédération quittait Neuchâtel en protestant contre toute atteinte portée aux droits du prince de NeucMtel.

Des mouvements réactionnairesse manifestèrent, il est vrai , sur quelques points du pays, à la Sagne, au Valde-Ruz et à INeuchâtel ; mais ils furent promptement réprimés. La réorganisation politique n'en fut point arrêtée ; elle se poursuivit avec la plus grande activité. Une assemblé constituante élabora une constitution républicaine qui fut soumise au peuple et acceptée par lui le 30 avril. C'est ainsi que dans Tespace de deux mois la république fut proclamée, reconnue et organisée.

Le 40 juillet, la Diète sanctionna la constitution neuchâleloise et lui accorda la garantie fédérale. Un seul Etat, Sch\v}lz, garda le protocole ouvert.

Les cantons qui avaient fait partie de la ligue séparée, après avoir fait acte de soumission, durent sereconstituler. Les choses se passèrent tranquillement, sauf dans le canton de Fribourg où Tévéque Mariiiey refusait

d'adhirer à la nouvelle constilulion , et menacaU de riiitprdit qiiicoi que prtMerait leferDieril iTqiJisde tous les [uiiciioijiiaires publics par le nouveau gou>erneirî eut. Mais celui-ci tint bon : il déclara à Tévt'que qu'il attendait de lui et du clergé uue adhésion pure et simple à la coDSiitutioD et aux lois du canton. L'évéque répoodil d'une manière ambiguë et iosuflisante » et il laissa codtîBuer TagitatioD qu'il avait fomentée et qui, dans plusieurs localités se traduisit par des mouvements insurrectionnels (23 et 24 octobre 1848) Le conseil d^Etat ^ requit aussitôt l'assistance fédérale, et deux bataillons vaudois enli èrent bientôt à Friljourg avec de rartillerie, tandis qu un balailion bernois occupait le district de la Singine.

L'évéque fut arrêté et livré à rautorité vaudoise pour être conduit au château de Chillon. Il fut plus tard re- I^clié et dirigé sur la frontière française, qu'il franchit pour se fixer à Divonne. Le gouvernement fribourgeois ne tarda pas à rendre un dt cret d'amnistie en faveur des meneurs et des insurgés. D'autres mesures, destinées à rassurer les consciences sous le rapport religieux, contribuèrent aussi à faire renaître le calme et la confiance.

Une fois la ligue séparée dissoute, et les cantons sonderbundiens reconstitués, Timporlante question de la révision du pacte avait été repri-i , ensuite de la décision de la Diète en date du i(> dout 1847 ; aussi le projet de constitution fédérale, terniinédéjàen juin 1848, et voté par 13 1/^ Etats, put être soumis à là sanction des gouvernements cantonaux el du peupie suisse. Le nouveau paclr (ut accepté par 15 1-2 Kt: ts (représentant ensemble une population de 1 million 897,887 âmes), savoir : Zurich, Berne, Lucerne, Claris, Fribourg, Soleure, Bâie (Ville et Campagne), SchafThouse, Saint-Gali, Grisons, Argovie, Thurgovie, Vaud, Neucbâtelt Genève et Appenzell extérieur.

La régénération si longtemps dédrée se trouva des lots accomplie*

D'après la constitution fédérale, l'autorité suprême de la CoufédéraUoii est exercée par ïAmmbUe fédérale qui

D£ Lk NATION SUISSE

comprend deux sections : le Conseil national et le Con- . scil d€ê EtaU. Le Conseil nalional .se compose des dépu* tés du peuple suisse, élus pour trois ans, dans la pro-portion de un représentant par 20,000 âmes de population totale. Les fractions en sus de 10,000 sont comptées pour 20,000. Le Conseil des Etats se compose de qua« ranteH|uatre députés des cantons, chacun de ceux-ci nommant deux députés; il correspond donc exactement à l aiicieime Diète. Cette heureuse combinaison a eu pour effet d'apaiser pour toujours les querelles, souvent renouvelées depuis 1798, entre ïunitarisiue et le fédéra^ lisme, car elle a accord*^ aux deux opinions tout ce qu'on pouvait raisonnablement Irur accorder.

Les deux Conseils s'asserabient chaque année une fois en session ordinaire. Us sont extraordinairement convoqués sur la demande du quart des membres du Conseil national, ou sur celle de cinq cantons. L'autorité directoriale et exécutive supérieure est exercée par un Conseil fédéral de sept membres, élus pour trois ans par TAs^ semblée fédérale et choisis parmi tous les citoyens éligibles au Conseil national. Le Conseil fédéral convoque à l'extraordinaire les deux Conseils de la nalion, chaque fois qùe la gravité des circonstances Texi^e. Il y a un tnhunal fédéral de onze membres pour radininisUaLion de ta justice en matière fédérale, et un jur> pour les affaires pénales.

LXXVIU

X«'aglt«atioii contiiiiir :^ Fribonr^;; revirement poIitlf|ue. Démélét» «lu Ttvst^îii avie IMiif riche; le protiiinciao mento tensinoiii. Troiil»l« s à Berne. Pro|p*èH vi aiué» Uoralion». l#es eheminii de fer. I/école pol^tech-

(ne ran iS54« à i'an 1856.)

L'expulsion de Févéque Marilley était loin d'avoir mis fin à Tagitation qui s'était produite dans le canton de Fribourg, contre la consliluUon et le gouvernement issus des évéoemeiilô de Le clergé et les cbefe da

parti conservateur et clérical ne cessaient de pousser le peuple à un revirement politique; et, il faut le dire» la circonstance que les nouvelles institutions étaient nées sous rinfluence presque directe des troupes fédérales, favorisait grandement les ennemis du pouvoir. Une pétition fut adressée à FAssemblée fédérale ; elle fut repoussée (décembre 1850). la Confédération ne pouvant inlirvenir, an mépris de la souveraiiietc cantonale, en faveur (1 1111 parti qui avait failli plonger la Suisse dans iHi abinie de maux. D'ailleurs la Confédération avait reconnu et garanti les nouvelles institutions que le canton s'était données. Mais les rancunes politiques n'entendent pas raison, et elles deviennent aveugles et fanatiques dès qu'il vient s'y mêler des susceptibilités religieuses : Tagitation continua, soutenue par le clergé et ses partisans, encouragée en outre parles déclamations insidieuses de la presse conservatrice, qui s'écriait que le peuple de Fribourg notait pas libre. Il y eut même des prises d'armes et le sang coula à Fribourg» mais le gouvernement ne put être renversé. Malgré ses défaites, le parti qui se disait opprimé ne se tint pas pour battu, il poursuivit ses menées, alarma les consciences et organisa Tagilation.

Une assemblée populaire fut décidée; elle eut lien à Posieux (:24 mai 1852): elle comptait plusieurs milliers d'assistants; elle désapprouva Tordre de choses issu des événements de 1847, et demanda la sanction de la constitution par le peuple. Le gouvernement, fort de l'appui du Conseil fédéral, résista aux prétentions de sesenne* mis. Le comité de rassemblée populaire de Posieux

i)or(a les décisions des mécontents devant les Chambres édérales; mais celles-ci maintinrent leurs décisions antérieures : une majorité écrasante s'était déclarée, dans les deux Conseils, contre les pétitionnaires. Les Fribourgeois durent attendre, pour reviser leur constitution, répnque qu'elle leur fixait elle-même, et le pays fut dès lors plus calme, bien que le mécontentement et l'agitation fussent loin d'avoir disparu : le parti conservateur et clérical ne pouvait pardonner au gouverne*

ment la sécularisation des biens du clergé et des cou- Tents, mesure qu'il cousidr'rait comme une alteinte grave portée aux immunités de TEglise et à la religion. Cependant le conseil d'Etat faisait tous ses efforts pour triompher d^une si formidable opposition, et même dans lin but de conciliation, il entamait des négociations pour ainener la rentrée de l'évêque banni. Telle étall la situation à l'époque où, selon la constitution, devait avoir li( u le renouvelleiuent de la magistrature (décembre 1856).

Les conservateurs virent enfin leurs longues et incessantes menées couronnées d nn plein succ(^s : les élections de décembre 1856 leur donnèrent une forte majorité dans le grand conseil. L'évêque Marilley rentra juste à point pour célébrer cette victoire sur un gouvernement qui n^avail eu d^autre tort que de vouloir procéder avec trop peu de ménagement à la réforme des vieux abus politiques et religieux.

La Contedérahon, depuis 1848, avait eu d'autres embarras que ceux-là. Les nombreux réfugiés politiques auxquels elle avait accordé Fhospitalité inquiétaient parfois, grAcefi leur turbulence ou à leurs menées politiques, les ^ouvenicineiils ombrageux des pays limitrophes. L'Autriche, entre antres, crut avoir n se plaindre de ceux qui avaient cherché un asile dans le canton du Tessin, et ne se trouvant pas rassurée par les mesures que prenait l'autorité suisse, elle envoya des troupes sur les frontières de cet Ëtat (1851). Cette question se com-

£liqua bientôt d^une affaire tout aussi grave et irritante, e gouvernement tessinois^ entendant que la jeunesse fût élevée patriolîquementet comme il convient aux jeunes hommes d'un pays libre, avait ordoimé que des exercices milUaires auraient lieu dans le séminaire théologique de Poleggio. Le clergé protesta : l'archevêque de Milan voulut" faire respecter son aniDiité dans nn pays qui faisait partie de son diocèse, mais elle fnt méconnue, comme l'avait été celle de révéqu(^ de Côme au(|uel le clerg*^ en avait d'abord référé : le ( j)[iseil d'Etat &i exécuter ses décisions. Ldh dessus l'archevêque iéi

iÛO

cilla que tous les élèves (]ui feraient leurs études dans ]( séminaire de Poleggio. sous la direction des autorités temporelles, ue seraient pas reçus dans le^^ hauts séminaires du diocèse pour y continuer leurs études. Il roe- Daça de plus de suspendre tout prêtre de son diocèse qui accepterait, sans son autorisation, une place dans ! rétablissement mis à Ttndex. Cependant les séminaristes se trouvaient privés d^on service religieux ; le conseil d^Etat éluda la défense de Tarchevéque et requît les capucins d'oir.cier au séminaire, en vertu d'une loi de ' 1846, qui les obligeail à subsitlier au besoin les curés. Bientôt môme il alla plus loin encore : atiii (i'ùter ù un ponvuirecci» ^la-iiqiit' dranger tout prétexte d'immixtion '. danslesaffaires de i'Etat. il enleva l'enseignement pulilic aux corporations religieuses; le nonce du pape {>rotcsta en vain. Quatre prêtres qui avaient voté cette sécularisation au grand conseil furent suspendus par révéqae de Cdme; mais le gouveniement prit des mesures énergiques pour mettre à néant les effets de la bulle épisco- i pale. La nouvelle loi scolaire établissait un lycée à La* gano, et des gymnases au nombre de six, disséminés dans les principâles localités du canton. En octobre 1852, le conseil d'Etal procéda à la nomination du corps enseignant pour tous ces établissements d'in^iruction publique. Ensuite, par des motifs d'ordre public, il ex-

Eul<a (lu canton les ca)vdcins ressortissants de TAutricbe. e uuuvernement de celte puissance réclama pour eux une pension viagère ; d'ailleurs il accusait toujours TElat du Tessin de favoriser ou de tolérer les menées séditieuses de certains réfugiés. Sur ces entrefaites, un mouvement insurrectionnel éclata à Milan (6 février 1853). 1 L'Autriche, irritée déjà par Texpulsion des capucins, i soutint que ce mouvement avait été préparé sur le sol tessinois, que le Tessin était un foyer d^anarchie et de trames révolutionnaires, que d^ailieurs des Tessinois avaient pris part aux événements de Milan ; et elle expulsa tous les ressortissants du canton établis en Lomnardie. Des milliers de personnes, ouvriers, artisans, négg^iauts^ furent forcés d'abandonner leurs travaux ou

0Ë LA NATiOfii SUISSE.

iOi

leurs affaires et de rentrer rtc1Il^ lenr pays. Mais l'Autriche ne s'en tint pas à cette grave mesure, elle fit avancer des troupes, serra de près la frontière tessinoise et finit par organiser un blocus des plus sévères. Enfin, sous le prétexte que le Conseil fédéral n'accomplissait pas les obligations qu'elle prétendait lui être imposées par fa neutralité, elle rappela son chargé d'affaires (ÎO mai). Les choses demeurëreDt sur ce pied jusqu'en juin 1 854. Alors, comprenant enfin que la Suisse n'avait jamais refusé de prendre les mesures qu'exigent sa neutralité et Tentretien des relations aiiiic[tles avec ses voisins, le gouverment aiiinchien autorisa son chargé d'affaires à rentrer en Suisse. Des néi(ocia(ionsactives furent reprises; elles ne |iiii(^ut aboutir que sept ou huit mois plus tard : le Tessia dut payer à TAniriche, pour les capucuis renvoyés, une somme de 115,000 fr., moyennant quoi la décision du conseil d'Etat put être maintenue. La Suisse fi 'obtint aucune indemnité au sujet des 6000 Tessinois expulsés du sol lombard ; seulement ces derniers purent rentrer en Lombardie et y reprendre leurs négoces (printemps 1855).

Ces démêlés n'avaient pas eu lieu sans de violents déchirements à rintérieur : les Tessinois, divisés en plusieurs partis, excités à la haine par une iuule de petits journaux d'une moralité fort suspecte, irrités d'un côté par le parti ultraoïonlain et de l'autre par certains meneurs démagogues exaltés et aveugles, s'étaient déchirés entre eux et avaient plongé leur pays dans Tanarchie. Les élections pour le Conseil national (automne 1854) ayant été favorables au parti conservateur, le gouvernement crut y voir des irrégularités; plainte fut portée i la Confédération qui annulaces élections. Dès lors Tanarchie fut à son comble, et le gouvernement ne sut ou ne put prendre aucune mesure sérieuse pour rétablir Tordre. Le nommé Degtorgi, partisan du gouvernement, fut assassiné dans un café de Locarno, où, paraît-il, il avait provoqué des gens du parti de Topposilion. Le bruit de ce (meurtre, rapidement répandu, exaspéra les amis du défunt. Une sorte de comité de salut publiç fui insUlué j

des bandes armées, levées et orgariisées^ parcoururent le |)ays, arrêtant les chefs ou les hommes iuthieiits du

Ïarti contraire, et se livraut à d'impardonnables excès, es presses de trois journaux conservateurs furent détruites et leur matériel anéanti. Le Conseil d'Etat^ et après loi le Grand Conseil, se prononcèrent en fa?eor de ce mouvement populaire (février-mars 1855). Les nouvelles élections pour le Conseil national furent cette fois en faveur du parti gouvernemental, comme Pavaient été, quelques jours auparavant, les élections pour le grand conseil du caiituu. Cependant un commissaire fédéral se trouvait depuis longtemps au Tessin, mais en face de riucroyable exaspération des partis, son action était ineihcace ; il avait fait toutefois de sérieuses représentations au gouvernement lessinois , au sujet de ce qu'on appelait le prommciamento , et des nombreuses arrestations qui Pavaient suivi. Les prisonniers furent tous relftchéS) sauf les inculpés dans la déplorable affaire du café de Locarno. Le pays fut plus calme , mais le calme procuré par la force des armes n'est qu^apparent: le parti conservateur et ultramonlain, terrifié par les bandes armées, désapprouvé par le fait de l'intervention purement officieuse du Conseil fédéral, et par les décisions du conseil d'Etat et du grand conseil du canton, attendit de meilleurs jours pour tenter de nouveaux efforts. Le liln ralisme, Tindépeudance du canton en face de Taulorité ecclésiastique étrangère, avaient triomphé, mais il en avait coûté au gouvernement une foule de mesures inconstitutionnelles ou môme arbitraires, et au pays des sommes considérables. Un peu plus de dignité, tout en conservant la même énergie , eût amené sans doute les mêmes résultats.

Le canton de Berne eut aussi ses troubles politiques. En janvier 1851, à la suite de l'arrivée au pouvoir d'une majorité conservatrice, la paix lut troublée dans le Val- St-Imier et dans TOberland; le gouvernement dut mettre des troupes sur pied pour faire cesser de graves désordres. La lutte entre les partis continua plus ou moins

DB LA NAHON SUISSE

ouvertement jusqu'aux élections de rautomnel854, qui donnèrent Tavantage au parti avancé.

Les institution? volées par la Diète, en 1848, ont inauguré, pour la Confédération en général et pour chaque canton en particulier, une ère de progrès et d'améliorations de toutes sortes; et dès lors la Suisse est sortie de la situation précaire et tourmentée oi\ elle s'était trouvée depuis 1815. Los années qui ont suivi l'expulsion des jésuites ont été fécondes en bienfaits administratifs, eii sag(^- tnesures d'économie politique: certains droits régaii\ fis des cantons, comme celui de battre monnaie, ra"jmi!ii<tration des postes, la perception des péages, la tabricalion et le commerce des poudres, ont passé à la Confédération. L'organisation de l'armée fédérale a été améliorée, et Tinstruction des troupes confiée au pouvoir central» ou soumise à sa haute surveillance. L'établissement des télégraphes électriques a fait disparaitre les distances. Bientôt, patronées par Fautorité fédérale, des voies ferrées ont été construites et mises en relation avec les réseaux étrangers. Il y a eu souvent de bien vives discussions à ce sujet, quelquefois môme de ragitalion ; d'autres fois descontUts se sont élevés entre la Confédération et les cafitons, quand ceux-ci se sont crus lésés dans leurs droits souverains par les décisions fédérales; cependant le repos de la patrie n'a jamais été gravement compromis, parce que les intérêts en cause ont enfin compris que le calme et l'esprit de justice et de conciliation sont; dans toutes les querelles» les plus sûrs, les meilleurs arbitres.

Toutes les questions d'intérêt public et national furent tour à tour discutées par les Chambres fédérales, et toutes firent des progrès sensibles. Celle de la haute instruction et du cachet national à lui imprimer fut aussi sérièusement examinée. Un vaste établissement universitaire et polytechnique fut d'abord décidé au Conseil national, mais le Conseil des Elats s'en tint à une école polytechnique. Celte école s'organisa en 1855 et s'ouvrit

a Zurich le 15 octobre de la même auuéç,

lutturrectioii ro^itIi»le dauM le eantou de IllieucliÀtel. liladépentence de KenchAfel est reconnue par la IPrummm c( les grandes yatesanccs. BAIe de Ui Snleer ^eadaat la guerre d*ltalie*

(Ut' l'an 18o<)à l'ao (860.)

Le roi de Prusse n^avait point reconnu la république et canton de Neuchâtel; toutefois, menacé par la révolution dans sa capitale mémo, il s'était borné ù ])rotester énergiquement par l'oru inede son chargé d .iiTaires en Suisse. Il écrivit plus tard au gouvernemcni iléchu puur l'autoriser, lui et les hommes dtiueurés lidèl( >, ;i ne prendre conseil que de In situalion e( du bonheur du pays, saiiS se laisser arrêter par d'antn > considérations; mais en 1852 il lit constater et garantir par les puissances son titre et ses droits de prince de NeuchâteL L'Europe épuisée était retombée sous le joug des empereurs, des rois et des princes ; la France républicaine et VAutriche impériale et despotique avaient rétabli, à Rome et dans les Légations, le pouvoir temporel du pape. La révolution était partout vaincue, et la France allaii proclamer l'empire et Napoléon IIL Les royalistes neuchâtelois eurent bonne espérance ; leurs chefs s'entendirent, les relations avec la cour de Berlin se multiplièrent ; on dénigra les iionvelles institutions ; on circonvirit certaines populations qui n'étaient ])as encore ralliées à la rcpuhlique; on oublia que Neuchâtel était suisse dèsUé temps de Guillaume Tell et du Griitli ; on ne voulut se souvenir que de l'erreur de 1707, et Ton conspira dans Fombre contre les jours de la jeune république. Le cbef militaire de la conjuration, Frédéric de Pourtalès-Steiger, au retour d^un voyage à Berlin, et après s'être eu* tendu avec ses affidés, donna par écrit Tordre d'exécuter le mouvement dans la nuit du 2 au 3 septembre 1850. Le lieutenant-colonel de Mi uron-Terrisse devait s'emparer du château de Neuchâtel et arrêter les membres du gouvernement. Le mouvement devait éclater simultanément sur plusieurs poiiitâ des MQUia^nes. Pouft^lë^

DE LA NAflOK SCtSSÊ*

tni-mème se mettrait à la téte des royalistes de la Sagne et marcherait sur le Locle. Les mesures concernant la

Chaux-de-Fonds élaient moins pr(^cises. Tout était combiné pour le mieux, mais les chels du inouvement se faisaient d'i'iranges illusion:^ sur la vi^ie situation du pnys; c'est ce que l événemeut devait clairement démontrer.

Le 2 septembre an soir. l(^s deux cliefs (Haient à leur poste et le complot recevait uti commencement d'exécution. Ou arrêtait les autorités, on déclarait le pays en état de siège ; le château de Neucliâtel était oceopé, et cinq conseillers d'Ëtat arrêtés; le Locle était enyahî parla troupe de Pourtalès, à laquelle se joigiiaient bientôt les royalistes de la localité et ceux de la Brévine et lieux voisins Mais le jour paraissait à peine que déjà, malgré toutes les précautions, l'alarme était donnée à Saint-Biaise, au Val-de-iluz, à la Ciiaux-de-Fonds et bientôt après au Vignoble et au Val -di -Travers. Partout les populations couraient aux anncs pour détendre la république. A la Cliaax-de-Fonds, fjuelques centaines d'tionunes furent bientnt nrniés et organisés; le commandaitt Billon se mit à leur téte et la colonne, ayant de l'artillerie avec elle, s'avança rapidement sur le Locle. Alors Pourta lés jugea prudent de battre en retraite. Il abandonna précipitamment le Locle et se retira sur Neuchâtel par la Sagne et le col de la Tourne. Les républicains se mirent à sa poursuite sous Je conunande-* ment du major Girard. Cependant de nouvelles colonnes républicaines s'organisaient aux Montagnes, au Val-de- Ruz et au Val-de-Travers. Toutes ces truupes opérèrent leur jonction prés de iNeuchâtel, le::} septembre au soir. Le 1, an point du junr. conduites par le colonel fédéral Denzier, elles aLiaquèrent le château etsVîi emparèrent. On fit 530 prisonniers, au nombre desquels le commandant en chef des insurgés.

Des commissaires fédéraux étaient arrivés le 3 au soir. Ils avaient sommé les chels royalistes d'élargir sans délai tous leurs prisonniers, de mettre bas les armes et de licencier leurs troupes déiE^rmées. Les chefs n'avaient pu

fittTOlRË

sesoiimeitre à tontes ces conditions, et comme ils héâi- ! taieot encore, Tattaque dncbâteanavaiteulien. Les commissaires qnittèrent la ville après avoir félicité le gouvernement rendn à la liberté, ei engagé le peuple à attendre avec coiiliance les décisions de la Coiilédération. C'était le 4 septembre. La nuil suivaiile des troupf ^i fédérales entrèrent à NeuchâteK pour y demeurer juscpf au rélabiisspment complet de l'ordre et de la Iraijquiilité.

L'enqui ((' ouverte par la Confédération an sujet df^ Tinsurrection fut i)0uss('e avec activité. La grande majorité des détenus fut élargie au bout de quelques jours; d'autres prisonniers en grand nombre furent encore relâchés plus tard, quelques-uns sous caution ; enfin les royalistes les plus compromis forent seuls retenus en prison.

L^affaire allait être portée devant les assises fédérales,

quand la diplomatie commença sérieusement à se remuer: la Prusse rappela aux puis-anccslesizaran lies qu'on lui avait données à Londres en 18rj"2;('llc voulut iaire delà question une aiïaire d"interventiuii collective, mais n y réussissant pas, elle tinit par accepter les conseils de la France, qui se chargeait d'obtenir avant tout de la Suisse l'élargissement des prisonniers royalistes. Tel fut en effet lesens des notes françaises. LeConseil fédéral déclara nV voir aucune assurance que, cette concession faite, Tindépendance de la république et canton de Neuchâtel serait garantie , et il continua de procéder contre les prisonniers, en vue d'un jugement prochain. La France, voyant son arbitrage repoussé, prit le ton de la menace, tandis que la Prusse déclarait qu'au 2 janvier elle mobiliserait ses troupes, pour aller sc laire justice elle-même (novembre-décembre 1856). Les autres puissances étaient inter\eiiaes dans le même sens que la France, mais sans prendre un ton d'autorité et de menace. Personne ne croyait une restauration possible, et les sympathies de rÉurope entière étaiejil [lour la Suisse ; aussi lé Conseil fédéral demeurait-il ferme et inébranlable. Les Chambres fédérales furent unanimes i à approuver la ligne de conduite suivie par le pouvoir |

DE LA NAtlON SUISSE. iOl

exécutif de la Confédération, et quand celui-ci proposa des mesures militaires et la mise en état de défense de la frontière du Rhin , Tenthousiasme le plus vif

s'empara des r^^présenlarlls de la nation, elde la iialion elle-mônie ha deux ou trois jour s la Suisse entière fut traiisiorniée en un vaste camp; tous voulaient marcher, tous s'armaient ou s'organisaient; tous, forts du bon droit de la patrie et pieins du grand souvenir des aïeux, attendaient avec impatience l'ordre de se porter en avant. Le vieux général l>ufour fut cette fois encore Dommé commandant en chef. Un premier corps d'environ 30,000 hommes s'échelonna sur la rive du Rhin, de Bâie à Stein (premiers jours de janvier 1851). Toutefois, la^ Prusse ayant consenti à remettre au 15 janvier le départ de ses troupes, les négociations se poorsuivaient activement. La France, un instant de mauvaise humeur, éfail redevenue favorable : Napoléon III ne pouvait oublier le temps où la Suisse s'était levée pour le défendre, alors qu'il n'( i;iitque citoyen uisse. Ce prince donna au docteur Kern, envoyé extraurdinaire de la Coniédération, des assurances telles que la Suisse finit par consentir à la mise à néant du procès relatif à rinsurroction; seulement elle demanda et obtint que les individus mis en accusation par la Chambre fédérale d^accusatiott fussent éloignés du territoire suisse jusqu'à la conclusion d^un arrangement définitif. L'attitude énergique des populations, le calme et la modération du Conseil fédéral, et san.^ doute aussi Tinquiétude des puissances^ très-peu rassurées sur les conséquences d'une guerre de la Prusse contre la Suisse, c'est-à-dire du principe de la monarchie contre celui de la république et de l'indépendance, ce qui pouvait ranimer Terabrasement de 1848 et 1849, telles sont les causer auxquelles il faut rapporter la tournure pacitique du conflit Il \ eut d'abord parmi le peuple suisse un mouvement de surprise et d'indignation ; mais on revint peuà peu à la raison, et, en voyant que les assurances du gou* vernement français n'étaient point vaines, on comprit que les représentants de la nation suisse avaient été sa^

ËîSTOiRË

geset pradente, et cfaacao retourna paisiMemênt k affaires domestiques.

Des conférences s'oofrirent à Paris entre les représeni:inls des grandes puissances; le docteur Kern, plénipolentiaire de la Suisse, y fut admis et il plaida la cause de iNeuchAtel et de la Sin.'>^e avec tant d'habileté, que Prusse tinil par reconfiaître l'indépendance absolue de la rf^^publiqueet canton de NeuchAtel, aux conditions suivantes : * La Confédération garde à sa charge f tous les frais résultant des événements de septembre f {856. Le canton de Neacb&tei ne pourra être appelé à i contribuer à ces charges que comme tout autre canton € et dans la proportion de son contingent d^argent.

< Les dépenses qui demearent à la charge du canton c de Neucbâtel seront réparties entre tous les habitants, « d'après les principes d'une exacte proportionnalité. «< sans que, par la voie d'un impôt exceptionnel ou de « toute autre manière, elles puissent être mises exclusi- « veraenl ou principalement à la charge d'une classe ou « catégorie de familles ou d'individus.

« Une amnistie jdciiie el entière sera prononcée pour i tous les délits ou contraventions politiques ou mdi- « taires en rapport avec les derniers événements, et en « faveur de tous les Neucbâtelois, Suisses ou étrangers, t etnotamment en faveur dea hommes de la milice qui « se sont soustraits en passant à l'étranger à robligation « de prendre les armes.

• Aucune action soit criminelle, soit correctionnelle, < en dommages et intérêts, ne pourra être diriL^ée ni « par le canton de iNeuchâtei, ni paraucime corporation « oupersoiine quelconque, contre ceux qui ont pris part, if directemeutou induectemenl, aux événements de sep* t temhre.

« Les revenus des biens de l'Eglise, qui ont été réunis f en 1848 au domaine de TËtat, ne pourront pas être « détournés de leur destination primitive.

« Les capitaux et les revenus des fondations pieuses, « des institutions privées d'utilité publique, ainsi que « la fortune léguée par le baron de Pury à la bourgeois-

t sie de Neacbâtel, seront religieusement respectés ; ils € seront maioteons conformément aux intentions des c donateurs et aux actes qui ont institué ces fondations, « et ne pourront jamais être détournés de leur Lut. »

Ce traité fut conclu à Paris, le 26 mai 1857.

Ainsi furent à jamais rompus les liens qui, jusqu'en 184-8, avaient ralLiché iSeuciiàtel à un ordre de choses incompatible avec l'alliance d^une coofédéraliou républicaine.

L'époque du traité de Paris nous reporte aux querelles et aux conflits souvent renouvelés qui s'élevèrent au sujet de l'établissement des voies ferrées. Dans le canton de Vaud, au moment même où la Confédération envoyait les premiers bataillons à la frontière^ Tadtation et le mécontentement étalon tau comble» ensuite de la décision de Tautorité fédérale au sujet du chemin de fer io Fribourg à Lausanne (par Oron), décision qui forçait le canton à accepter uije ligne qu'il croyait n'être pas dans ses intérêts. A Neuchâtel, deux compagnies rivales qui, toutes deux, dirigeaient leur voie ferrée sur le chef-lieu du canton, avaient fini, les intérêts de localité s'en mêlant, par diviser le pays, au lieu de s'entendre au plus vite pour son plus grand avantage.

Au printemps de 1859, la guerre éclata tout à coup entre la Sardaigne et la France d'une part, et PAutricbe de l'autre. L'Autriche attaqua la première: elle entra sur le territoire sarde et menaça Turin. Napoléon m jeta 150,00 hommes en Italie, joignit ces forces à celles de Victor-Emmanuel et remporta de sanglantes victoires sur les Autrichiens. La Suisse dut veiller au respect de sa neutralité ; elle occupa sa frontière méridionale, et spécialement l'extrémité du cauton du ïessin. Un corps de 6U0 Autrichiens qui occupait la forteresse de Laveno sur le lac Majeur, s^embarqua sur trois vapeurs qui protégeaient la place et vint se réfugier dans les eaux suisses. Les vapeurs débarquèrent cette

Îarnison à Magadino ; elle fut reçue avec les égards dus l'infortune; les soldats déposèrent leurs armes et furent acheminés dans Tinténeur de la Suisse. Les rap*

HISTOiAË

ports avec \q> puissances bellig^'-rantesne cessèrent pas un instant d'être sur le meilleur pied, grâce au soin tout particulier que mit l'autorité fédérale à faire en sorte que la Suisse observât la plus stricte neutralité.

Mais si la Suisse se montrait comme toujours noble et franche dans sa politique, quelques-uns de ses enfonts compromettaient son honneur aux yeux des nations. La France et la Sardaigne avaient combattu pour Tindépendance de Tltalie du Nord, et les peuples de la Toscane, de Parme, de Modène et des Légations (Etats du pape) s'étaient soulevés contre leurs souverains. La ville de Pérouse ayant voulu, elle aussi, se soustraire à l'autorité temporelle du pape, dut subir Tinjuste loi du plus fort et fut horribleaieiit maltraitée parles troupes mercenaires du souverain pontife. Cn officier suisse dirigea cette sanglante exécution; des Suisses combattaient sous ses ordres : ainsi des fils de la libre Helvétie aidèrent à tuer la liberté dans la malheureuse Pérouse ! L'indignation fut grande en Italie, bien qu'une forte partie des mercenaires dupapen^appartinssentpas aux cantons, et qu^i! n'y eût à Rome que des Ugiom iiran gères et non plus ie&réginientssuismcapiiulés. En face de circonstances aussi graves, la Confédération prit desmesures immédiates pour maintenir son honneur et sa dignité. Elle négocia ensuite avec le roi de Naples pour obtenir qu'il fit disparaître les insignes canlonaux ou fJkiéraux qui pouvaient se trouver encore sur les drapeaux des régiments suisses au senice de ce prince : car, bien que la Suisse n'eût pas renouvelé les capitnlaîions, ces insignesavaient été conservés. Les négociations aboutirent, mais les soldats se révoltèrent et le gouvernement napolitain dut les

Eirepar la force desarmes: le sang coula au Champ-de- , à JNaples, et ce qu'il ; eâf de révoltant c'est que des ;es durent faire feu sur des Suisses. L'agitation gagnant de proche en proche les régiments restés fidèles, le roi jugea prudent de Ucencier toutes ces troupes, et des milliers de soldats suisses rentrèrent dans leurs loyers (juillet 1859). Les Chambres fédérales, alors assemblées, votèrent une loi sévère contre les enrôlements pour des services étrangers. Et maintenant que les magistrats

peuvent invoquer les dispositions de la loi ccmtre les nommes qui se veodeotaux despotes étrangers, les bons cilojeos aiment à croire que la surveillance la plus ri* gourense sera exercée^ afin quil soit mis un terme à ce vil trafic, qui est depuis quatre siècles la plaie honteuse de la Suisse.

ttrmwmmM et «mélloratloDa dmmm le eanton de Neweliâ» tel, depvie le f wmmrm

La tâche des autorités républicaines issues de la révolution neuchàteloise du l^^ mars était grande, délicate, pleine de difficultés et d'écueils. Le nouveau gouvernement se trouvait à la tête d'un pays encore à demi plongé dans le chaos des institutions féodales ; il avait à lutter contre des préjugés enracinés, à réformer des usages séculaires, et à faire disparaître des privilèges tenaces et aveugles. Sans doute, l'énergie du peuple, éclairé et jaloux de ses franchises, avait arraché aux princes un certain nombre d'améliorations : le pays avait fini par obtenir une sorte de représentation nationale, la législation avait fait quelques progrès; mais ces réformes timides, ces concessions partielles n'avaient servi qu'à faire mieux ressortir le nombre des abus qui restaient à effacer. Comment tous les bons esprits n'auraient-ils pas été frappés du contraste qui existait encore entre les institutions du pays et les besoins de Tépoque, entre le stabilisme et la pénurie de ressources de radministration et les exigences d'une population de plus en plus éclairée, active, lîjdustrielle, dont clufTre avait doublé en moins d'un siècle? Dans un pays où, [lar le seul génie de ses habitantSj la prospérité allait toujours croissant, Tadministration marchait de di^licit en déficit. Lorsque la révolution éclata, le gouvernement était à bout de ressources, la dette publique atteignait un million, et une réforme linancière ne pouvait s'effectuer parce que la charte empêchait la création d'impôts en dehors des revenus de la seigneurie. L'administration communale était déplorable 4ims une bonne partie di^

canton. Ne pouvant satisfaire aux Chartres locales, la commune abandonnait aux particuliers divers services dentelle avait <mi anciennement la gestion. Les habitaîits devaient pourvoir eux-raôraes aux besoins les plus essentiels, en créant des commissions spéciales pour l'éducation, la police, les routes, le service des incendies, ChacuDe de ces commissions pourvoyait comme elle le pouvait à ses dépenses et fonctionnait isolément» sans direction. Llmpôt était encore tout féodal : il y avait les dîmes, les cens, les redevances, les lods oo droits de mutation, les régales, les taxes locales ; de plus, quand les fonds spéciaux étaient insuffisants, il fallait couvrir les trais du culte, de l instructioii publique, de Ixiitretien et de la construction des routes, delà police et de la endarmerie. L'enseignement primaire p('Ticlitait sous la irection des autorilés communales, presque indépendantes de l'Etat. Le canton était incapable de satisfaire m\ obligations fédérales du service militaire. L'arsenal était dégarni. L'organisation judiciaire était tout particulièrement défectueuse et arriérée. Quelques jurisconsuiies avaient bien tenté de louables efforts pour faire sortir le pays du dédale des us et coutumes, et faire adopter de meilleures formes de procédure, mais ils avaient presque toujours échoué devant la crainte des innovations. Les causes matrimoniales et de paternité étaient soumises à la juridiction ecclésiastique. Dans chaque paroisse une cour composée du pasteur et des anciens de l'église formait un tribunal de mœurs sous le nom de .Consistoire. L'impopularité qui s'était attachée à ces consistoires retombait sur l'administration ecclésiastique en général, qui, par suite d'empiétements successifs sur les droits des paroisses, était tout entière entre les mains des pasteurs qui formaient ce que Ton appelait « la vénérable Classe, »

Telle était la situation du pays. Le gouvernement l'envisagea courageusement, et il se mit sur-ien^hamp à Tœuvre, admirablement secondé par le peuple. Les par- ' tisans de l'ancien ordre de choses ne manauèrentpas de | jeter la déconsidération sur les travaux oes nouveaux ' pia^istrats et des représentauls du ^^euple, mais Tœuvfô

de la régénération n'en continua pas moins rapide et ir« résistible.

Une énumération sommaire des principales lois jpromulgaées depuis le mars 1848, donnera une idée de . Pincroyable activité dont le pays a fait preuve.

La première législature, dont le mandat a expiré en 1852, a pourvu à Textinctiou de la dette publique, qui dépassait un million, et à rabolition des dîmes, cens et autres redevances féodales. Elle a établi le trésor public sur la base d'un impôt direct et proporliunuel sur la fortune et sur le revenu ou les ressources. Elle a prononcé l'abolition des peines corporelles, celle de l'hérédité nécessaire et d'autres usages ou institutions incompatibles avec les idées du droit moderne et de réconomie politique. Le mariage civil a été institué* Des lois ont organisé le pouvoir exécutif, et réglé tout ce qui concerne les attributions et le service du conseil d'Etat et de ses agents.

La loi sur l'organisation judiciaire a créé dix- huit justices de paix, doni les fonctionnaires sont élus par le peuple, et six tribunaux de première instance, un tribunal criinuiel et une cour d'appel, dout les membres sont nommés par le grand conseil, selon la nouvelle coJistitution.

La loi ecclésiastique a remis la nomination des pasteurs aux paroisses et l'administration de l'Eglise aux collèges des anciens de paroisse, aux colloques des districts et au synode, autorité centrale et supérieure.

La loi sur l'instruction publique a reconnu le principe de l'obligation de Tinstruction primaire. La loi concernant rinstitution du système municipal a permis à diverses localités de se créer des ressources en dehors du système communal, reconnu insuffisant, et d'organiser divers services nouveaux ou jusqu alors négligés. L'assemblée générale de la municipalité se compose de tous les citoyens contribuables, sans distinction de nationalité.

Aux travaux de cette première période appartiennent encore une foule de lois destinées à régulariser les divers services de Tordre administratif et de Tordre . judiciaire.

HISTOIRB

La deuxième législature n'a pas été moins féconde. Elle s'était ouverte sous Timpression de l'agitation politique provoquée par le parti royaliste , à la suite des assurances données à la Prusse par les puissances signataires du protocole de Londres ; mais les mesures prises

1)ar le gouvernement assurèrent de nouveau la paix et a tranquillité publiques, et la représentation nationale put, dès lors, vaquer sans entraves aux travaux que réclamaient encore la propriété, le commerce, Tindustrie et Tagricullure. Un code civil et un code pénal furent élaborés et mis en vigueur. Le code pénal repose sur Tabolition de la peine de mort.

On décréta la création d'établissements d'instruction secondaire qui, sous le nom dVcolesindush ielles, se sont • ouverts successivement au Locle, à la Gbaux-dé-Fonds et à NeucbâteL

Enfin, une banque cantonale a été fondée, des lois ont été promulguées concernant Tinstitution d'un système hypothécaire, d'une caisse hypothécaire, et Forganisatiou d^assurances immobilières; des conventions ont été

{mssées pour rétablissement dim réseau de chemins de ér, aujourd'hui terminé.

La troisième législature, entrée en activité au printemps de 4856, fut arrêtée brusquement dans sa marche par les événements du trois septembre, mais elle reprit Lien tut ce? travaux et s'occupa d'une révision de la constitution, question qui donna lieu à de vifs débats entre les partis. Une assemblée constituante, nommée au printemps de 1858, vit son projetée constitution deux fois repoussé par la majorité du peuple. Les constituants revirent une nouvelle fois leur œuvre et elle fut adoptée à une troisième votation qui eut lieu dans Fautomne.

La constitution revisée du 21 novembre 1858 ne diffère pas essentiellement de celle de 1848 : le grand conseil se compose de députés élus directement par la population neuchâteloise et suisse, dans la proportion de un député sur 1000 ames de population. Ils sont nommés pour trois ans et rééligibles. Le conseil d'Etat, qui forme le pouvoir exécutif, se compose de sept membres nommés aussi pour trois ans et rééUgU)ies. L'institulioa

DE Ul nation SUI8SK.

du jury en matière pénale est garantie, de même que la suppression des lods ou droits de mutation. Tous les Neuchâtelois sont f^îecteurs à ^0 ans, ainsi que tous les Suisses du même âge ayant deux ans de séjour dans le caoton. Toutes les corporations connues sous le nom de bourgeoisies et de communes doivent prendre désormais la dénomination uniforme de commîmes, et sont soumises à la même loi. La taxe d'habitation perçue dans les communes est abolie. Linstmction pnmaure pnbliqae est gratuite. Il sera créé un enseignement supérieur correspondant à reiiscignemenl universitaire ou polytechnique. La loi sur les naturalisations doit (Mre revisée en vue de rendre plus accessible la nationaiUé neuchâteloise. La constitution peut être revis(^e en tout temps sur l'initiative du grand conseil, ou de 3000 citoyens.

Mais ce n'est pas seulement au point de vue administratif et judiciaire que le canton a entièrement changé d'aspect: Torp^anisation militaire, défectueuse et incomplète avant 1848, a été, entre autres, delà part du ffOQvernement^ Tobjet d'une sollicitude toute particulière : Tarsenal et les magasins militaires se sont remplis , les troupes ont été exercées et les contingents fédéraux, aa grand complet, peuvent répondre aujourd'hui au premier appel de la patrie. De plus, de nombreux travaux d'uliliié publique ont été entrepris et exécutés, et dans rintérét de l'industrie horiogère un observatoire a été créé à Neuchâlel.

Et maintenant, que ceux quijusqu'anjourd'hui se sont montrés froids, dédaigneux ou môme injustes envers la jeune république, descendent en leurcœur et soient sincères I Vous tous que les affections, Thabitude, les liens du passé, attachent peut-être encore aux anciens souvenirs, jetez un coup d'œil rapide sur la transformation complète qu'a subie le canton sons un régime républicain de douze années seulement, et voyez si ce magnifique développement ne prouve pas jusqu'à Tévidenee que la révolution du premier mars était nécessaire, qu'elle a été pour le pays un immense bienfait, et que certainement la Providence voulait du bien au peuple neucbâtelois^ quand elle a permis ^u'il [ûi enlevé à la

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souveraineté d'un prince étranger, pour être rfiltach(5 d'une manière indissoluble au noble faisceau de la libre Helvétie, au pays de ses rêves et de ses affections.

Et vous, républicains, et désormais tous les Neuchâtelois sont républicaios, c'est grâce à ?oas que le caûton de Neuchâtel compte aujourd'hui parmi les mieux organisés, les plus avancés et les plus prospères de la Confédération ; mais le bonhenr et la prospérité n'accompagnent que Tunion et la concorde, aussi restez unis, et que les divergences d'opinion, quand il en naîtra, soient noblement et loyalement discutées, comme il convient aux hommes libres.

Tels sont, depuis les temps anciens jusqu'il nos jours, les eijseignements que nous offre notre histoire : ils sont graves, ils sont considérables et nous devons les méditer sérieusement, afin qu'ils produisent de bons fruits et qa!il eo revienne le plus de bien possible à la commune patrie. Lisez donc, jeunes hommes, ces pages qui résument la vie de la nation, lisez les glorieux exploits des hommes libres, les prodiges de la liberté, les miracles de la tovcê et aa courage unis à la justice, les sublimes effets de la concorde ; mais lisez aussi et surtout méditez bien les pages où le génie de la patrie est voilé, parce que les fils de la liberté tirent l'épée les uns contre les autres ; où Dieu retire ses bienfaits et appesantit sa main, parce que des frères se sont pris de querelle et se sont frappés; où la croix blanche n'est plu> aussi pure dans sonchamp rouge, parce qu'une souillure a rejailli sur elle.

Etudions le passé pour améliorer le présent et préparer l'avenir; donnons-nous la main, afin que, si les puissants de la terre élèvent la voix contre nous, l'union des hommes libres leur impose ; enfin, quelque orage qui nous menace, n'oublions pas d'adresser nos prières au Dieu que Hallwyli implorait à M orat

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