‹ Histoire de la nation suisseChapitre 7 sur 14 · M HISTOIRE · texte numérisé non relu

M HISTOIRE

Le crrajid conî^eil ayant refusé d'autorîser la partici* pation du conseil ecclésiastique aux nominations des professeurs de théologie , son refus servit de prétexte à la formation d'un comité d'opposition qai, sous le nom de romiléde la foi, émit des circulaires, dans lesquelles il qualifiait* d'irrégulières les tendances de l'autorité ^ et convoqua des assemblées de paroisse et de commune pour provoquer l'envoi de pétitions au grand conseil. De son côté le gouvernement, se fondant sur ce que des particuliers réunis en comité, sans caractère olïiciel, n'avaient aucun mandat pour convoquer de pareilles assemblées , les défendit par une proclamation. Le comité de la foi émit une nouvelle circulaire, qui fut

^ [lOiirsuivie comme séditieuse. Une nouvelle assemblée populaire, réunie par ses soins, décida d'envoyer au gouvernement vingt-deux délégués pour Tinviter à re-

' tirer son ordonnance du tà août, à ne pas donner suite à la poursuite criminelle dirigée contre les membres du comité central, et à faire mettre en accusation le procureur général pour s'être permis plusieurs actes inconstitutionnels. Le gouvernement fit une réponse évasive, qui ne «satisfit point les réclamants Cependant des troupes furent appelées à Zurich, ce qui n'empêcha pas la ville d'être envaliie . le 6 septembre, par 2000 à 3000 hi*mmes de la campagrie, ayant à leur tête le pasteur Hirzel. L'indécision de l'autorité supérieure et surtout la conduite du chef du pouvoir exécutif , M. le bourgmestre Hess , aussi bien que l*()[iinion généraltnnent accréditée que le gouvernement songeait ^ réclamer rassi>tance fédérale, paralysèrent les moyens de défense auxquels on pouvait recourir. Cependant un engagement eutUeu entre un détachement de dragons et les insurgés ; il y eut des tués et des blessés de part et d'autre. Le conseiller d'Etat Hegetschweiler , qui voulut s'interposer

Gur calmer les masses, reçut un coup mortel à la tête, résistance ne fut du reste pas poussée pins loin ; le conseil exécutif dut céder sa place A un gouvernement

Krovisoire , à la tête duquel resta placé le bourgmestre [ess , président de la Piète. Ce gouvernement, adre$s^

DK U HATIÛIV SUffiSB

sans délai une circulaire aux Etats confédérés pour repousser toute interventiOQ fédérale. Un noufeau grand coaseil, oommé ensuite d'opérations auxquelles les partisans du pouvoir qui venait de succomber ne prirent presque aucune part, se réunit le 19 septembre; il sanctionna ce qui sMtait fait, et pourvut, tant dans cette session que dans une session postérieure, au renouvellement iîilégral des autorités caiitonales dont la noinination était attribuée au grand conseil , en maintenant le bourgmestre Hess à la tôle des aiïaires. La presque totalité de^ antres fonctionnaires fut écartée Du reste, la constitution resta pour ie moment intacte, mais sa validité pouvait ôtre contestée après les rudes secousses qu'elle venaitd'éprouver. Une amnistie termina ce drame politique, qui fournit un aliment prolongé à la polémique des part».

Quelle avait été l'attitude de la Diète en présence des événements extraordinaires qui venaient de s'accomplir sous ses yeux? Elle s^était ressentie de sa faiblesse et de

son impuissance traditionnelles : le jour môme où la ville de Zuncli fat eiivaliie, les dépuLaliuns eurent deu\ conférences , dans lesquelles six d'entre elles proposèrent de transporter le siège de la Diète soit à Berne, soit à Baden, soit à Rapperschwyl. Cette opinion ne prévalut pas, de sorte que la Diète, privée de président, dut rester dans Tinaction la plus complète pendant dix-neuf jours, jusqu'à ce que le nouvel ordre de choses, qui venait d'être substitué violemment à un régime légal , eût revêtu, par la nomination des principales autorités, une apparence constitutionnelle. Ce ne fut pas alors sans de fortes protestations que les députations de plusieurs Etats consentirent à accepter les changements qui venaient d'avoir lieu.

Ces changements eurent pour premier résultat , sous le point de vue fédérai, de faire preiidre à la Diète une décision qui provoqua dans la Suisse entière un en d indignation. L'assemblée fédérale recula en effet devant l'exécution de sou arrêté du 11 juillet, relatif aux affaires du Valais ; au lieu d'admettre dans sou sein les

dépotés de ce cintmi, nommégeo Terto dHine reeonslH tottoo qu'elle avail elle-mêflie ordonnée , elle prétAn loavoyer et eoniir les ehanees d*iine nooTelIe médlatioo,

en décrétant renvoi de trois nouveaux représentants, j Ce revirement fut Tœuvre de Zurich, qui entraîna, dans i sa défection, les députés de Zug, de Claris, de Fribourg et de Schaffhouse, lesquels avaient également conconrn à Tarrété du ii juillet. En présence d une telle conduite, les députés des cantons de Berne, Lucerne, Saint-Gall, Argovie , Soleure et Thurgovie refusèrent de prendre part aux opérations qui suivirent, et lorsqu'elles fareot eooiommées, ils firent insérer an protocole une vigoureuse protestation contre des actes qu^ils regardaient comme cattentatoires aux droits du Valais, contrairesi la « foi jurée, déplorables pour Tavenir de la Soi^, i tmctenrs delà dignité et de Tantorité fédérales» t Le môme langage fut tenu par M. de la Harpe , Fun des commissaires délégués précédemment par le Vorort, dans une lettre à la Diète, qui fil une profonde sensation. Quant au nouveau gouvernement valaisan, il refusa nettement de reconnaître les délégués de la Diète, qui furent, en revanche, bien accueillis par le conseil d'Etat de Sierre. Cet état de choses engagea le Directoire à provoquer des mesures militaires, qui ne purent , à sa ffrande confusion, recevoir leur exécution, attenda que la plupart des cantons requis de mettre snr pied leurs bataillons, snr la première demande qni en serait faite

Bar les représentants fédéraux, refusèrent de s^exécuter* In put des lors prévoir une collision sanglante entre les deux gouvernements du Valais.

Cette année ne devait pas finir sans voir s'accomplir une troisième révolution dans l'un des Etats que l'acte de médiation avait rangés au nombre des cantons. On n'a pas oublié que, en 1829, leTessin prit l'initiative des réformes qui ne s'opérèrent que plus tard dans d'autres cantons. Cependant la constitution qui remplaça celle de 18ii, porta elle-même l'empreinte de l'époque à laquelle elle vit le jour , et ne fut guère envisagée que comme une œuvre transitoire. Sous l'empire de celte

constiliUion , le Tessin avait marché dans une voie

d'hésitations et d'oscillations telles que, soas le point de vue politiqae, ce canton échappait à toute espèce de classification. Cependaiit le parti clérical et aristocratique croyait avoir gagné a^sez de terrain pour pouvoir donner iMipuiiénient essor à ses tendances réactionnaires. Chaque session du grand conseil, où figuraient un trèsgrand nombre d'ecclésiastiques , était signalée par des mesures arbitraires dirigées contre le parti libéral. Eocooragé parles événements de Zurich, le parti dominant ne connut plus de bornes ; il alla jusqu^à prononcer la dissolution de la société des carabiniers et jusqu'à suspendre en quelque sorte la liberté de la presse. Il fit prononcer en outre un décret de bannissement contre plusieurs Italiens influents , naturalisés tessinois. Ces mesures inconstitutionnelles réveillèrent le pays; le colonel Luvini se mit à la tète du mouvement, qui éclata, le 4 décembre , sur différents points du pays, et peu d'heures suffirent pour renverser uîi pouvoir impopulaire. Une administration nouvelle fut appelée provisoirement à la tête de l'Etat En quelques jours les cercles furent réunis, les élections terminées , les nouvelles autorités constituées, et les ennemis de TËtat» dont les chefs avaient pris la fuite, réduits au silence.

Ainsi se termina l'année 1839, qui, dans le canton de Yaud, vit régulariser les rapports ecclésiastiques, et dans le canton de Berne, Tbomme le plus influent du Jura, M. Stockmar , se liguer contre le gouvernement avec le parti ultramontain , dont il avait été auparavant le plus fougueux antagoniste ; triste péripétie , dont la Suisse n'a offert que trop d'exemples pendant les dernières années.

Lxxin

0énoueiiicnt des troublei» du Valais. IVouvelle phase de la question de la révision du pacte* DémoiM* trations militaires du Worort.

(Année 1840).

Les troLs représeutants fédéraux qui s'étaieut rendus

HISTOtlUI

dans le Valais dès le mois d'octobre, j avaient joué un triste rôle. Le gouvernement de Sien avait, comme nous Tavons dît , refusé obstinément de les reGonoattre tant que la Diète n^aurait pas elle-même reconnu la constitution du 3 août. Toutes les tentatives pour arriver à une transaction avaient échoué , au point que, dès le i janvier 1840, les délégués de la Diète, qui n avaieut pas même élé d'accord entre eux, déclarèrent qu il» euvisagaient leur mission comme terminée. Ainsi, après une année demédialion fédérale, onseropprochaitdupointde départ , de la séparation , que tous les actes du Directoire et de la Diète avaient eu pour objet d'éviter. Les parties elles-mêmes semblaient s'accorder sur ce point, avec cette différence que le Haut- Valais , préoccupé de ses idées de restauration, voulait une séparation provi^ soire , tandis que le Bas-Valais demandait qu'elle fût définitive.

Pendant que le Directoire entassait combinaison sur combinaison pour trouver une issue à Timpasse où les

variations de la Diète avaient enfermé la question , un grave incident vint accélérer le moment décisif. Des rixes sanglantes qui eurent lieu au ruois de mars, à propos de laventr du sel, dans le village d'Evolenaz, qui, quoique apparienaiit au dizain dHérens, reconnaissait la constitution du 3 août, enp£rèrent le Bas-Valais à prêter main -torte à ses partisans ; mais comme il s'agissait de pénétrer dans une vallée qui était soumise presque en totalité au gouvernement de Sierre , et qu'il était pro- ' bable qu'on rencontrerait une résistance qui pouvait amener un conflit général, les dispositions militaires les

Slus étendues furent prises ; Sion renferma bientôt 7 à ,000 hommes, qui tous brûlaient de vider p.ir les armes la lutte prolongée que les inconséquences de la Diète n'avaient fait qu'envenimer. Deson côté , le gouvernement de Sierre ne resta pas inactif; mais ses mesures portèrent un cachet d'indécision et d'imprévoyance qui contribua à la déroute de ses milices sur tous les points . où des engagements eurent lieu. Ce fut le 4®' avril que la lutte commença , et déjà le lendemain les balaiUonà

du Bas-Valsis faisaient leur entrée à Sierra , d'où les meneurs des dizains supérieurs avaient pris la fuite» laissant la colère des soldats haut-valaisans, qui se croyaient trahis , s^assouvir sur le malheureux frère du grand bailli de Courten, vieillard de 70 ans, qui paya pour les fautes des chefs de son parti.

La modéraLiou des Bas-Valaisans dans (a TÎcloire fut égale au courage qu'ils avaient montré dans combat. Aussi tous les dizains opposants s'empre.>bèreiit de donner librenient leur adhésioî) à la constitutioii du 3 août ; ce qui nHablit pin tout l unité désirée. L'inlerveiitiou fédérale devenait ainsi sans but, et Tun des anciens représentants, M. de Meyenbourg, que le Vorort avait envoyé de nouveau en toute hâte dans le Valais , et qui s'était contenté de se rendre dans le canton de Yaud, en laissant remplir sa m^sion par un homme (M. Monnard) en meilleure odeur que lui auprès des vainqueurs, s^estima heureux de contremander les ordres qu'il avait d'abord donnés pour Toccupation militaire du Valais.

La Diète n'eut plus dès lors à s'occuper des aiïaires du Valais que pour ^araiilir une conslitutioii dont le triomphe, obtenu sans le secours de Tintervenlion fédérale, épargna à la Confédération les plus graves embarras.

La >es>ini[ de la Diète fut du reste exemple de ces incidents irritants qui avaient signalé les réunions des années précédentes. La question de la révision du pacte sembla vouloir faire un pas en avant. Après avoir, pen« dant tes six années précédentes , maintenu le principe de la révision sans pouvoir tomber d'accord sur le mode et ré tendue de la réforme, la Diète parvint enfin, à

Eand'peine, à former une majorité de douze voix pour dder que la révision aurait lieu par une conférence des députations des Etats, sous réserve de la ratification des cantons souverains, et que celte révision partielle porterait sur Tinstilution des Vororts. La conférence, aux séances de laquelle cinq cantons s ahsiiiirent de paraître, chargea une commission de cinq meuibres de préparer des propo itioiis bien mi'iries sur la révision

des articles 9 et 10 du Pacte fédérai. Aucun des partis

n'espérait grand'chose de cette coinraissioii qui, s'ëtant réunie en octobre, ne fit gaëre avancer la question , et laissa voir seulement une profonde divergence de vues entre ses membres.

La Diète de cette année parvint enfin à s*entendre sur la réorganisation de Parmée fédérale , dont elle avait été occupée pendant les quatre sessions précédentes. Quoique le projet primitif eût subi des modifications considérables, cepefidaul le règlement adopté renfermait des amélioratioiis notables. L'introduction du drapeau fédéral eut à soutenir une lutte dont il sortit victorieux.

A ÎVpoque où la commission du pacte remplissait son mandat, ia gravité des événements qui s'accoinplissaient chez les grandes puissances , les craintes d'une guerre alors possible par suite des difficultés soulevées par la question d'Orient, engagèrent leVorort à convoquer extraordinairement la commission d'inspection militaire fédérale. Celle-ci invita les cantons à se tenir prfits à entrer au service actif au premier signal, et elle leur adressa des directions pour le cas ou il serait nécessaire de mettre sur pied les contingents fédéraux. Le Vorort crut devoir en outre charger les envoyés suisses à Paris et à Vienne de donner connaissance des mesures qu'il prenait aux cabinets auprès desquels ils étaient accrédités. Cette démarche rencontra beaucoup d'improbateurs ; elle donna lieu à des réponses , dans lesquelles le sentiment de la bienveillance témoignée à la Suisse était bien affaibli par les airs de supériorité qu'affichaient à son égard les puissances dont le Direc^ toire avait, pour ainsi dire, sollicité l'approbation.

La situation des cantons ne subit pas de changement cette année. Mais les cantons d^Argovie, de Lucerne et de Soleure préludaient à la révision de leurs constttu-^ tions. Des enquêtes eurent lieu dans le Jura bernois pour constater la source et la portée de Fagitalion qu'avait propagée la destitution d un ancien conseiller d'Etat de cette partie du pays. Une commission fut chargée d'examiner les griefs de cette contrée et de fairû des propositions pour y porter remède. -

La lenteur inouïe avec laquelle la procédure instruite à Berne contre les auteurs de la conspiration patricienne de 1832 parvint à son terme, fut compensée' par la faci*lité avec laquelle le grand conseil libéra de leur peine les coodamués qui eu firent la demande. Une amnistie large et complète eût été préférable en ce qu'elle n'au* rait laissé aucune aigreur chez ceux des condamnés qui préférèrent subir leur peine plutôt que de consentir à une démarche qu'ils envisageaient comme plus ou moins humiliante.

Troobleft dans Imm mmnimnu Ad Soleare» d*Ar(g;oYle et du Te«sla. Changement de eonstlintion, revireaiMt

(Année 1841.)

Les années 1835 et 1836, durant lesquelles Berne avait été Yorort, avaient laissé un souvenir tel qu'il était diOQ-* cile de croire, qu'investi de nouveau du pouvoir directe* rial, il pût être à la hauteur de la gravité des circonstances.

Ces prévisions furent démenties par les événements ;

car si les complications de tout genre ne furent pas ménagées au nouveau Directoire, il est juste de reconnaître qu'elles ne le prirent jamais au dépourvu. Le Yorort eut, il est vrai, à sa icle un président d'un caractère trempé h Tan tique, et dont L'activité égalait [énergique patrio* tisme.

Nous avons laissé les cantons de Soleure, d'Argovic et de Lucerne occupés de réformes constitutionnelles. L'œuvre de la révision s'accouiplit assez paisiblement dans le canton de Lucerne ; mais dans les deux autres cantons, elle fut l'occasion de troubles qui éclatèrent peu de jours après Tavénement du Yorort bernois.

A Soleure, une décision prise par le grand conseil^ et d'après laquelle le rejet du nouveau projet de constitution élaboré à la fin de Tannée dernière, devait entraîner le maintien, Jurant dix années encore, de l ancienne

BKTOIBE

constitution, donoa lieu, de la part des hommes du parti déchu, à des manifestations hostiles à Tordre de choses eu vigueur. Une assemblée populaire, convoquée par les soins de ce parii, le â janvier, à Mumliswyl^ adhéra à une déclaration par laquelle les signataires préten* daient qae la non-acceptation du nouveau projet entraînerait pour le gouvernement ^obligation de ch<nrger une assemblée constituante d^élaborer une nouvelle constitution. D'autres démonstrations plus tranchées encore ne laissaient aucun doute sur le but et la puitée des menées qui avaient lieu.

Le gouvernement de Soleure prit toutes les mesures nécessaires pour drjouer 1rs plans de ses adversaires, et, sur sa demande, Berne s'empressa de mettre éventuellement des troupes à sa disposition. Plusieurs arrestations étaient effectuées lorsque, le iO janvier, le peuple eut à se prononcer sur la nouvelle constitution, dont Tacceptalion, qui eut lieu à la majorité des deux tiers des totants, plaça le canton sur un terrain parfaitement régulier.

Les tentatives des réactionnaires soleurois notaient au reste que le prélude de troubles bien autrement graves dans un canton voisin, celui d'Argovie. L'époque de

la révision de la constitution avait donné naissance, en septembre 1840, à un projet qui consacrait la parité de représentation entre les catholiques et les protestants. Ce projet, rejeté par h' [leupleà une immense majorité, fut remplacé par une constitution qui ne lésait en rien les droits des catholiques. L'adopUon de cette constitution occasionna néanmoins une grande fermentation dans le Freiamt, depuis longtemps travaillé par des me** neurs politiques. Les ordres des autorités ; furent méconnus ; un commissaire du gouvernement, envoyé dans les contrées insurgées, fut saisi et emprisonné ; d'autres fonctionnaires subirent de mauvais traitements. En no mot, rétendard de la révolte fut levé sur presque tous les points des bailliages libres.

En présence d'un tel clat de choses, le gouvernement ârgovien n'hésita pas à appeler sous les armes les mill-

m LA iNAilOiN SUISSE

ces des districts fidèles et, le 10 janvier, les champs de

Vilmergen, df^jà signalés dans l'histoire nationale par

les journ(''e> saiiiilantes du 44 janvier IGf)!) et du 25 juillet 1712, furent le théâtre d'un nouveau combat, qui vit la déroute complète des ii surgés. L'armée gouveriiementaie poursuivit >a luarciie victorieuse jnsqu'A Mûri, tlont le couveut passait pour être le foyer principal de la révolte.

Outre ces dispositions, l'assistance fédérale avait été réclamée d'une manière effective des cantons de Berne et de Bâle-Campagoe. Berne qai voyait, dans ces levées de boucliers, le commencement d'exécution d'un plan qui devait, en cas de succès, s'étendre à toute la Suisse, jugea qu'il était nécessaire de prendre des mesures mili* laires sur une large échelle, et aussitôt après avoir reçu la demande de secours de son coétat, de nombreux bataillons lurent mis sur pied ; quelques-uns d'entre eux franchirent sans de lai la frontière argovienne et vinrent occuper pendant quelque temps les contrées qui avaient été le théâtre de l'insurrei tion.

Sur ces entretniles, le grand conseil d'Argovie, réuni en grand nombre, fit tomber tout son ressentiment sur les couvents, contre Thostilité desquels le gouvernement avait eu sans cesse à lutter depuis dix années; par un décret solennel rendu le 13 janvier, ces corporations furent supprimées dans toute l'étendue du canton. Leurs propriétés , qui étaient considérables , furent déclarées partie intégrante de la fortune de l'Etat, pour être administrées au profit des églises, des écoles et des pauvres. De fortes pensions furent né anmoins accordées aux conventuels, qui ne tardèrent pas, moines et nonnes, à se retirer dans d'autres cantons.

Ce décret, rendu sous l'impression de la colère, causa un grand retentissement dans la Suisse entière. Les cantons primitifs prirent fait et cause pour les corporations, et voyant dans leur suppression une violation flagrante de ràrticle 12 du pacte, ils deman dèrent, ainsi que Fribourg, Zug et Neuchâtel,la convocation d'une Diète extraordinaire, Le nonce apostolique crut, de son cOté, dQ-

HiSTÔlHE

voir protester contre nne mesnre dans laquelle il voyait

une grave atteinte aux droits de l'Eglise; le ministre d'Autriche alla plus loin, en faisant valoir des droits de patronage que la uiai^u.'i régnanle s'arrogeait sur 1(; couvent de Mûri, comme de.^cendante de la maison de Habsbourg, fondatrice de ce couvent. D'auUes renr(^se!îfa' tions diplomatiques, qui se bonu'^rent néanmoins à des lectures de d(''p(?ches plus ou moins confidentielles, vinrent écriouer devant la fermeté du i^résidenl du Yorort, M. ravx)yer Neubaus.

Ce fui le 15 mars que s'ouvrit à Berne la session extraordinaire de la Diète. De longs débats reproduisirent au sein de cette assemblée les divisions qui s'étaient manifestées dans les populations. D^un côté, on invoquait la garantie que l'article 12 du pacte accordait aux couvents; de l'aulre, on rappelait la complicih' de ces corporations aux attentats dirigés contre la sûreté de TJltat, et Ton se demandait si Argovie n avait pas agi dans les liuiiles de l'article I''" qui proclame rindépendaiice et la bouveraineté des cantons, et si le premier devoir d'un Etat n'élaitpasde veiller à sa conservation. Une opinion aurait voulu qu'Argovie, au lieu de se constituer ju^^e dans sa propre cause, eût abandonné à la Diète le som d^examiner ses plaintes et de punir les coupables, si une enquête régulière les eût en effet révélés

Ce ne fut pas sans neine qu'une m^orité de i2 voix tomba d^accord pour déclarer que le décret d^Argone d« 18 janvier était incompatible avec le pacte et pour inviter ce canton à revoir ce décret [i avril). Après quoi l'Assemblée iédérale s'ajourna.

Au lieu de se rendre au désir de la Diète, le grand conseil d'Argovie invita ses coétafs à ne pas donner suite à l'arrêté du 2 avril, se déclarant prêt toutefois, par esprit fédéral, à apporler des modifications au décret de suppression , si la Diète persistait dans sa manière de voir.

C'est dans cet état que la DicMe trouva la question, lorsqu'elle se réunit au mois de juillet. Dans rmtervalle qui s'était écoulé jusqu'alors^ les partis avaient préludé à la

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