‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 106 sur 255 · DE BRETEUIL · texte numérisé non relu

DE BRETEUIL

seigneur. Il se rendit maître par surprise du château d'Ivry, et ne se sentant pas assez fort pour s'y maintenir, il livra le fort au duc Robert, à qui tout était bon, pourvu qu'il en tirât de l'argent, car il était toujours dans le besoin : aussi revendit-il la place d'Ivry à Guillaum^e de Breteuil moyennant quinze cents livres. Ce n'était pas là ce qu'avait voulu Ascelin Goël. Il alla demander l'alliance de Ricîiard de Montfort, et obtint même des secours du roi de France. Fort de cet appui, il fit marcher ses guerriers , parmi lesquels il y avait beaucoup de Français et de Normands. Guillaume de Breteuil, vaincu en rase campagne, fut fait prisonnier et jeté dans les fers avec un grand nom.bre des siens. Il ne recouvra sa liberté qu'à la suite d'une composition qui fut faite en présence de plusieurs seigneurs à Breval , et par laquelle Guillaume de Breteuil s'engageait à payer, pour sa rançon , la somme de cinq mille livres , monnaie de Dreux, à livrer un certain nombre de chevaux , d'armes et d'autres effets de guerre, à céder son château-fort d'Ivry , et enfin à donner à l'ennemi qui le dépouillait ainsi sa fille Isabelle en mariage '. Le nouveau seigneur d'Ivry fit de

■ Orderic Vital, lih. 8.

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ce château une place d'armes , d'où il inquiétait tous ses voisins. Ivry devint la terreur du pays, d'autant plus que les fils du seigneur cherchèrent comme lui à se signaler par leurs rapines.

Nous verrons ce Guillaume de Breteuil engagé encore dans d'autres guerres féodales de cette époque. Un mariage termina aussi la querelle entre Geoffroy, comte de Mortagne, et la famille de Gilbert de l'Aigle. En vain le fougueux Robert de Belléme avait cherché à enlever à Gilbert de l'Aigle le château d'Exmes , que le duc lui avait donné depuis peu, les Talvas n'avaient rem^porté du siège de ce fort , dit Orderic Vital , que les blessures de leurs gens '. Peu de temps après, le même Gilbert , allant voir sans armes une dame dans un châtel voisin , fut surpris par plusieurs cavaliers vavasseurs du comte de Mortagne, et comme il piqua son cheval des deux, pom^ s'enfuir de ce guet-apens , il fut percé d'un coup de lance. On le rapporta mort à Saint-Sulpice sur Risle, auprès de l'Aigle. '

* • Belesmensis tyrannus furibundus recessit , nihil lucralns, praeter suorum vulnera. » Orderic Vital, lib. 8. ,

» Jbid.

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