A LA CHASSE
qu'un moine avait eu de sinistres visions. Depuis quelque temps déjà on parlait d'apparitions effrayantes qui annonçaient des événemens affreux. Guillaume, qui n'était pas dominé par la superstition, et sur lequel les sentimens religieux exerçaient peu d'effet, se rit de cet avertissement en disant qu'il était étonné qu'on l'entretînt des rêves de cerveaux fantasques, lui qui n'était pas habitué, comme les Anglais, à renoncera une entreprise d'après les songes d'une vieille femme. '
Il partit en effet pour la chasse avec Gautier Tyrel, Guillaume de Breteuil, et son frère Henri, qui, s'étant sans doute réconcilié avec lui en Normandie, l'avait suivi en Angleterre.
Les chasseurs se dispersèrent dans la forêt ; il n'y eut que Tyrel qui resta avec le roi. Les serviteurs étaient postés à quelque distance : aussi ne sait-on qu'imparfaitement comment les choses se passèrent. D'après le récit d'Orderic Vital \ un cerf s'étant jeté entre le roi et son compagnon , celui-ci tira une des deux flèches que le roi lui avait données peu d'heures auparavant; elle rasa
• Orderic Vital , lib. 10.
? Ibid.