RANULFE FLAMBARD
mait ni n'empêchait aucune de leurs violences. Robert ne savait même faire respecter sa personne, et entouré de vils parasites sans argent, quelquefois sans vêtement, il essuyait les insultes et le mépris des hommes dégradés qu'il admettait a ses débauches. Un de ces parasites était ce même Ranulfe Flambard qui , h la cour de Guillaumele-Roux , était parvenu à se faire nom.mer trésorier, grand-justicier et évêque , et que Henri , sur les plaintes du clergé et du peuple, avait fait jeter dans les cachots de la Tour de Londres ' . Flambard avait réussi à s'échapper de sa prison, et à sortir de l'Angleterre , et il avait trouvé à la com' ignoble du duc Robert l'accueil que les hommes de cette espèce étaient sûrs d'y obtenir. 11 eut bientôt gagné sur le duc de Normandie le même ascendant dont il avait joui à la cour de Guillaumele-Roux, et ce fut en partie sur lui que Robert se reposa pour le soin de gouverner son duché. Ranulfe Flambard n'oublia point les intérêts de sa famille. Sacré comme évêque de Durham en Angleterre, il convoita un évcché en Normandie, quoique ce fut une chose inouïe dans l'Église ro-
' Orderic Vital, lib. 10.