‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 161 sur 255 · ROBERT DE BELLÉME RENTRE EN GRACE · texte numérisé non relu

ROBERT DE BELLÉME RENTRE EN GRACE

duc Robert l'ordre de reconnaître Henri pour souverain. Il n'y eut que Robert de Bellême qui voulut résister encore ; il sollicita l'alliance d'Hélie de la Flèche contre le roi ; mais le comte du Maine lui fit sentir que la cause de Robert Courteheuse était perdue, et qu'il y aurait de la folie à se battre pour un prince qui lui-même déliait les Normands de leur serment de fidélité envers lui. Le Talvas feignit d'être persuadé par la réponse d'Hélie de la Flèche, et sollicita son intervention pour obtenir une composition favorable du nouveau souverain de la Normandie. En effet, le comte I du Maine obtint que Henri oubliât les griefs qu'il f ! avait contre ce baron récalcitrant, et qu'il le rétablît dans le vicomte de Falaise, et lui donnât Argentan en échange des terres qu'il lui avait" ■ prises; mais les châteaux-forts qu'il avait construits avec tant d'art dans les lieux où il n'avait pas droit d'en ériger furent démolis par ordre du roi. '

Robert de Montfort avait refusé également de se soumettre; sa résistance ne fut pas sérieuse. Cité à comparaître devant la cour du roi à Rouen,.

* Orderic Vital , lib. 11.

II 07- RÉGLEMENS FAITS A LISIEUX. 32g

il renonça aux possessions qu'il avait en Normandie , et alla confondre son nom avec celui d'autres croisés illustres dans l'armée de Boémond. '

Avant de repasser en Angleterre , Henri prit plusieurs dispositions pour faire refleurir la justice en Normandie. Il appela les juges auprès de lui , et leur recommanda les devoirs de leur magistrature. Dans l'abbaye du Bec il se réconcilia avec Anselme, archevêque de Cantorbéry, qui avait quitté l'Angleterre ne pouvant obtenir du roi qu'il renonçât à la prétention de donner des investitures aux évéques et abbés , prétention dont le pape se plaignit dans plusieurs de ses lettres. " En janvier 1 1 07 Henri tint une espèce de parlement à Falaise , et deux mois après il en tint un autre à Lisieux. Déjà l'année précédente, au mois d'octobre, il avait assemblé dans cette dernière ville les barons et les évéques de Normandie , et il y avait été ordonné que l'on réprimerait les brigandages selon toute la rigueur des lois ^; que

• Orderic Vital , lib. 1 i .

' Florent. Wigorn. , Chronic, ad ann. 1107. Voy. sur cette querelle, Parker de Antiquitate Br'Uann. Ecclesice Historia. Hanovia; , 1605, in-fol.

' Concilium Lexoviense , de l'an 1100 , dans Dessin Concilia Rolomag. provinc. , pars l".

33o ROBERT CONDAMNÉ A LA DÉTENTIOIf.

tout le monde serait tenu de prêter main-forte pour l'arrestation des brigands pris en flagrant délit; que l'église rentrerait dans la possession de tous les biens qu'elle avait tenus lors de la mort de Guillaume-le-Conquérant ; que tous les domaines de ce prince, aliénés par son fils Robert, reviendraient à la couronne , et que les dons faits par Robert seraient considérés comme nuls et non avenus; que quiconque violerait une vierge serait privé de la vue et de la virilité ; que tout fauxmonnajeur perdrait la main droite, etc. Enfin le parlement décida que le duc Robert serait envoyé en Angleterre et tenu en captivité , mais pourvu de tout ce qui convenait h son rang , afin que les séditieux ne pussent profiter de son séjour en Normandie pour tramer de nouveaux complots et le mettre en liberté ' . Ainsi le duc de Normandie fut condamné à la captivité en Angleterre par une sorte de cour plénière , composée des barons et évêques de son propre duché , et présidée

■ « Ut dux Robertus in Angliam mittatiir, ibique asscrvetur iu custodiâ , suppeditalis ibi abunde omnibus , qurc ipsius dignifas exigit; ne si captirus in INormaniâ maueat, les novas factiosi moliantur specie libcrandi principis. » Ibid.

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