‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 170 sur 255 · A LA CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

A LA CAPTIVITÉ

que ce caractère serait respecté. Mais les juges ne virent en lui que le vassal félon , et le déclarèrent coupable. En ^conséquence il fut aussitôt saisi et conduit en prison. C'était le 4 novembre de l'an 1 1 T2. On le conduisit l'année suivante en Angleterre, où il fut enfermé au secret, dans le château de Werham. * Sa condamnation causa une grande sensation en Normandie; elle prouvait que le règne de la violence des vassaux allait finir ; aussi peu de personnes blâmèrent ce que le roi avait fait à son égard.

Cependant ses châteaux-forts n'étaient pas encore soumis; son fils Guillaume se tenait retranché à Belléme, et d'autres châtelains défendaient Alençon et les diverses places appartenant au puissant baron. Le roi , bien déterminé à ne lui laisser aucune espérance de se relever , commença en I T 1 3 par assiéger avec vigueur la place d' Alençon; elle ne tint que quelques jours, puis elle capitula ; ceux qui défendaient le château obtinrent une libre sortie; on délivra plusieurs nobles que Robert de Belléme avait enfermés dans les prisons du donjon. Au commencement de mai

' Florent. Wigorn. Chron. ad ann. 1113.

35o CHATEAU DE BELLÊMK PRIS.

Henri se porta avec des forces considérables devant le château de Bellême , dans l'arrondissement actuel de Mortagne , et quoique les comtes d'Anjou et de Blois , ainsi que Rotrou de Mortagne et d'autres barons vinssent au secours de la place, qu'ils voulaient conserver comme une espérance du parti ennemi du roi , Henri s'en empara au bout de trois jours, et pour ainsi tlire malgré lui. En effet, comme le troisième jour était celui de la fête de l'invention de la sainte croix , il voulut suspendre les hostilités pour cette fête ; cependant, comme les assiégés firent une sortie, les troupes du roi se miirent en devoir de les repousser , et y ayant réussi au-delà de leurs espérances, elles pénétrèrent à la suite des fuyards dans la place , et la réduisirent en cendres. Ce dernier asile du parti du Talvas étant détruit, les ennemis du roi n'offrirent plus aucune résistance. '

Le roi acquit la reconnaissance des Normands opprimés par les injustices des Talvas, en restituant à ceux que le violent Robert avait expulsés, les biens qu'ils avaient possédés. La joie fut grande

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