DISCOURS DE HENRI
tuer à lui ou k son fils le duché de Normandie, que Henri avait incorporé dans ses états.
Quand le pape eut terminé ses exhortations pieuses, le roi entama une longue exposition de ce qui s'était passé en Normandie, et dont le pape paraissait être peu informé. Robert, mon frère, disait-il, s'était mis en possession de la Normandie immédiatement après la mort de notre frère Guillaume-le-Roux ; mais au lieu de gouverner ce pays selon la justice et le bon droit, il n'a cessé de commettre les actes d'injustice les plus révoltans. Pendant les sept ans qu'il a eu en main les rênes du gouvernement, tous les genres de brigandage ont été exercés presque sous ses yeux. Les faibles étaient opprimés, les églises et les couvens étaient en proie à des scélérats; personne n'obtenait justice. Robert s'entourait des hommes les plus méprisables; il accueillait les bandits que j'avais été obligé d'expulser de mon royaume. De toutes parts s'élevaient des plaintes contre son incapacité. C'était à moi qu'on s'adressait pour obtenir justice; je n'ai cédé enfin au voeu général que pour délivrer le peuple et l'église. Il a fallu faire la guerre à plusieurs barons qui refusaient de déposer les armes. J'ai du