DE PLUSIEURS NORMANDS
sépares de leurs familles en Normandie; ils renoncèrent aux projets d'ambition pour goûter le bonheur domestique dans leur patrie , et se séparèrent de leurs compagnons. Les femmes avaient pressé le retour de leurs maris , sans lesquels beaucoup d'entre elles étaient exposées à des outrages. Il y en eut qui menacèrent de chercher d'autres protecteurs si leurs maris restaient en Angleterre. Guillaume blâma beaucoup les hommes qui préféraient leurs fam^illes à ses conquêtes; et le prêtre Orderic Vital, qui probablement ne comprenait pas ces affections domestiques, épuise les termes les plus outrageans pour flétrir ces femmes qui désiraient revoir leurs maris. Il attribue à des désirs lascifs ' le besoin naturel qu'avait leur faiblesse d'être protégée contre la violence si commune dans ces temps. On peut supposer d'ailleurs que beaucoup de Normands oublièrent , dans leurs conquêtes et dans leur nouvelle grandeur , qu'ils avaient laissé
' u Quaedam Normanniaemulieres scva libidinisfaceurebantur... Rursus honorabilcs athletre quid faceient si lascivse conjuges tholum s\iutn polluèrent, et progeniei siiœ jjerenuis raaciilœ notam et infamiam gêneraient? » Order. Vital, lib. 4.