‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 231 sur 255 · CONFRÉRIES DES CHARROIS · texte numérisé non relu

CONFRÉRIES DES CHARROIS

et on communiait avant de s'atteler aux charrois; on déclarait pardonner à ses ennemis, avec lesquels on se réconciliait même publiquement; puis on s'attelait gaîment , hommes et femmes , aux charrettes , et c'est en chantant des psaumes et des cantiques qu'on traînait jusqu'aux cathédrales les pierres et les bois qui devaient s'élever en flèches ou en tours sveltes et hardies '. Tout cela était si extraordinaire qu'un chroniqueur dit que quiconque ne l'a pas vu, ne pourra se l'imaginer, et que jamais on ne verra rien de semblable '. Des hommes et des femmes, dit-il, mar-rchaient jusqu'aux genoux dans les marécages pour traîner les voitures; ils se laissaient frapper, et ne répondaient que par des actions de grâce et des chants sacrés. On parlait de miracles qui s'opéraient pendant ces actes de la ferveur religieuse , et cela dut l'enflammer encore. Les malades qui prenaient part à l'association, disait-on, s'en allaient guéris. L'archevêque de Rouen donnait sa

' Videres fœminas et homines per profuridos trahcre paludes genubus, verberibus caedi , crcbra ubique miracula fîeri , Dco cantu» et jubila reddi. » Chronicon nionast. SlL-Michael. de Monte (parmi les papiers de Baluze, à la Biblioth. du Roi.)

' n Qu* qui non vidit , jam simiKa non Tidebit. « ïbid.

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