PRISE DE NEUFCHATEL
Il paraît que Geoffroy Plantagenet avait cédé à Louis le Vexin normand pour prix de la paix, comme il avait fait d'autres sacrifices dans l'intérieur^ afin de vaincre la résistance de quelques barons. '
L'expédition du roi de France pour la Terre- Sainte profita au duc d'Anjou; il soumit le peu de châteaux-forts qui étaient restés fermés à ses troupes. Les gens de Guillaume de Varenne , chassés du donjon de Rouen , avaient fait une courte résistance à Neuf châtel, appelé alors Driencourt ; mais ils avaient bientôt été contraints à rendre ce fort", comme ils avaient rendu celui de la capitale. Geoffroy était venu avec quatorze cents chevaux pour l'investir; le comte de Flandre et même le roi de France, qui, en 1 144> n'avait pas encore pris la croix , furent témoins du nouveau succès du duc d'Anjou. '
phani, factum est, ut illius filius Francorum régis sororem acciperet in uxorem. » Florent. Wigorn. continuât. , ad ann. 1140.
' « Concessit eam ad tempus Ludovico régi Franc, siciil et multas alias de dominicis terris ducatus Normanniae concesserat quibusdam magaatibus, etc. « Robert de Monte, Append- adSigebert-, ad ann. 1152.
» ibid., ad ann. 1146.
ET DU CHATEAU d'aRQUES. 4^5
Après la prise de Neufchâtel-en-Brai , Hugues de Gournay ouvrit aux Angevins les portes de son château de Lions-la-Forêt. Un château important , celui d'Arqués, avait encore la bannière du roi Etienne déployée sur ses bastions. Il était défendu par Guillaume-le-Moine , qui, originaire de Flandre, n'avait rien à perdre en Normandie, et bravait par cette raison la puissance de l'Angevin. Peut-être Arques aurait-il tenu long-temps, si en 1145 le châtelain flamand n'avait pas été tué d'un coup de flèche. Privée de son chef, la garnison baissa alors le pont-levis pour laisser entrer les Angevins. '
La Normandie entièrement soumise à Geoffroy Plantagenet, n'avait plus qu'un faible intérêt dans la lutte qui se prolongeait en Angleterre entre Etienne et la comtesse d'Anjou. Lorsqu'en 1 147 Henri, fils aîné de Geoffroy, débarqua en Normandie , on lui fit une réception solennelle au monastère du Bec, et on le salua comme l'héritier futur de son père. Il retourna en Angleterre pour se faire armer chevalier par le roi d'Ecosse , puis il revint sur le continent, et y fut déclaré par le
' Robert, de Monte, ^ppend. ad Sigelert. , ad ann, 1146.
486 GEOFFROY ASSutCE
comte d'Anjou , duc de Normandie, en vertu des droits de sa mère Mathilde. '
Cette déclaration importante fut faite en i i5i - Le roi de France, après une expédition accompagnée de revers et de pertes, était depuis quelques années de retour dans son royaume , et se mêlait de nouveau des affaires de la Normandie, dont il était suzerain. Il n'avait rien fait pour empêcher Geoffroy de se mettre en possession de ce duché , ou pour installer le prétendant Eustache. Cependant il y avait uqe nouvelle désunion entre le roi et le comte d'Anjou, et il semblait que Louis n'at tendît qu'une occasion pour laisser éclater soi* mécontentement. Geoffroy avait eu à se plaindre de Giraud Berlay, seigneur de Montreuil-Bellay , dans le pays de Saumur, qui avait enlevé une fille du village de Douces , lequel appartenait au chapitre de la cathédrale d'Angers. Il avait assiégé Giraud dans son château, et l'avait forcé de se rendre à discrétion. Quelque temps après il l'avait remis en liberté. Cependant Giraud Berlay,
' « Pater suiis ei reddiderat haercditatem suani ex parte matris , scilicct ducatum Normanniœ. «Robert, de Monte , Jppend. ad Sigeberl., ad ann. 1H6.