‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 25 sur 255 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Réforme du clergé anglo-saxon. — Lanfranc appelé à l'archevêché de Cantorbéry. — Destitution des évêques et abbés. — Ordonnance de Guillaume , réglant les rapports entre les Normands et les Anglais. — Distribution de fiefs anglais parmi les compagnons de Guillaume. ■^— Revenus énormes de ce roi. — Aventuriers laïques et ecclésiastiques qui accourent en Angleterre. — Abus de la victoire. — Guimond, abbé , refuse un évêché en Angleterre. — Désordre du clergé normand. — Guillaume envoie des secours en troupes à la famille de Mathilde en Flandre. — • Guillaume Fitz-Osbern est tué dans l'expédition. — Nomination de deux grands justiciers en Angleterre. — En 1078 , le Roi retourne en Normandie. — Il soumet le Maine.

Ayant rompu la force de l'aristocratie anglosaxonne , Guillaume résolut de briser aussi la puissance du clergé de cette nation, dont il avait éprouvé l'hostilité permanente , et qui montrait sa nationalité jusque dans le culte qu'il rendait aux saints, car ceux qu'il vénérait étaient principalement des saints d'Angleterre : il connaissait peu ceux de la Normandie.

LÉGATS DU PAPF. * 4?

Les troupes du roi et ses barons avaient pillé Jes églises et monastères , chassé les prêtres et les moines, et pris pour eux les terres de tout établissement religieux qui favorisait la cause anglosaxonne. Ce n'était pas assez pour Guillaume, il crut devoir abaisser principalement le haut clergé, ne pouvant plus douter des sentimens des évéques, depuis qu'Eldred, archevêque d'York, le premier qui se fût déclaré pour lui , avait maudit le roi de la conquête , à cause du mal que ses soldats et barons faisaient au clergé , et depuis que l'évêque de Durham s'était exilé volontairement, en excommuniant les persécuteurs de l'église anglo-«axonne.

Guillaume avait appelé les légats du pape avant de procéder à la réforme de cette église encore demi-barbare, il est vrai ', en comparaison de celle du continent , qui elle-même trahissait quelquefois des moeurs très grossières. Le pape se prêta d'autant plus volontiers à la demande du

' « Abominabilia facta simt , dissolutio clericos et laicos relaxaverat , et utrnmque sexum ad omnem lasciviam inclinaverat. » Order. Vital, lib. 4. — o Quoniam primores Angliae, duces, episcopi el abbates non sunt ministri Dci , sed diaboli , tradidit Deus hoc regnum uno, » etc. Math. Westmonast. , Flor. Histor., ad anu. 1066.

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