PRISE DU MA.NS
les hommages de ses vassaux , qu'une guerre , si ses troupes , les Anglais surtout , n'eussent puni , par des ravages cruels, l'insurrection des habitans.
Le chef-lieu fut aussi effrayé que les autres places du comté , lorsque Guillaume , avec ses bandes victorieuses, vint l'investir et le sommer de se soumettre , à m.oins qu'on ne voulût s'exposer à voir les maisons incendiées et les bourgeois passés au fil de l'épée. Dès le lendemain, les habitans du Mans lui apportèrent les clefs de la ville, en le suppliant de leur faire grâce. Le reste du pays ne tarda pas à suivre leur exemple, et tout le Maine rentra en peu de temps dans la soumission à son nouveau seigneur. '
Jean de la Flèche, un des plus puissans barons de l'Anjou , s'était attiré l'inimitié des barons voisins à cause de son dévouement pour Guillaume; Foulques comte d'Anjou, et Ouel comte de Bretagne, vinrent assiéger Jean de la Flèche dans son château. Celui-ci invoqua les secours de Guillaume, qui ne demandait pas mieux que d'engager le combat contre des voisins dont il connais-
■ « Pacis legatos victori destinavcrunt , et datis ab utrisqiie dextris, ipsi regalibus signis sua vexilla gaudentcs associaverunt. » Orderic Vital, lib. 4.