SOULÈVEMENT DES BRETONS
plus de ville assiégée par lui ' . C'était , disait-on , une punition du ciel.
Au premier avis donné par ses lieutenans , Guillaume avait passé en Angleterre ; mais voyant la révolte si promptement et si efficacement étouffée, il jugea que sa présence serait plus nécessaire en Normandie, où l'appelaient, d'ailleurs diverses affaires.
Les Bretons qui avaient conspiré contre lui en Angleterre, et qui avaient pris la fuite, rentraient dans leur pays , et y excitaient les esprits contre le conquérant normand. De concert avec la France, on y préparait en secret des moyens de résistance. Hoel V se déclara ennemi de celui qui prétendait être son suzerain. Guillaume rassembla ses troupes, et vint investir la place forte de Dol. Le duc de Bretagne appela au secours de la place son allié le roi de France , tandis que Alain Fergent, fils du duc, y jeta des renforts. Guillaume ne pouvant maintenir le siège , se retira ,
' « Pro interfectione Guallevi comitis, Guillelmus rex a raultis reprehensus est, et multis contra eum insurgentibiis jiisto Dei judicio multa adversa perpessus est, nec unquam postea diuturnâ ace potitus est, etc. » Order. Vital, lib. 4.
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en attendant une occasion plus favorable potir faire valoir le droit de suzeraineté. '
Une affaire plus grave occupait le Conquérant. Avant l'expédition d'Angleterre , il avait solennellement promis à son fils aîné Robert de lui abandonner le duché de Normandie. Nous avons vu que Robert exerça pendant quelque temps des fonctions de gouvernement avec sa mère la reine Mathilde , mais il ne fut point duc de Normandie : tout au plus put-il se considérer pendant peu de temps comme lieutenant de son père. Probablement Guillaume s'était aperçu du peu d'aptitude de son fils pour les affaires publiques, de son goût excessif pour les plaisirs grossiers, et de son peu d'attachement h la personne et aux intérêts du roi. C'était un homme gros, lourd , brutal , aimant à passer le temps avec ses compagnons de débauche , qui tous étaient les ennemis secrets de son père. Guillaume ne put' ignorer qu'autour de son fils se groupait un parti de mécontens qui pouvait devenir dangereux
' Order. Vital, lib. 4. — Gnillaiime de Malmsbiiry,liv.3. — Henri dcHuntingdon , liv. G. — Chron. Anglo-Snxon. Voy. ces passages comparés par Dam , Hist. de Bretagne, lom. 1, p. SlO-311.