LES DEUX ABBAYES ROYALES
Ce fut surtout aux deux monastères élevés par Guillaume et Mathilde dans la ville de Caen , que les dons et les autres faveurs furent prodigués. Mathilde ne dédaigna pas d'être première abbesse du nouveau couvent de la Trinité , situé sur une éminence et de manière k dominer une grande partie de la ville ; quoiqu'elle fût mariée et qu'elle n'habitât jamais le couvent , elle fut pourtant censée être réellement abbesse du couvent qui lui devait l'existence. Sa fille Cécile , qui , peu d'années auparavant, en loyS, avait solennellement fait des voeux religieux à Fécamp, en présence de la cour, vsuccéda dans la suite à sa mère, et régit le couvent pendant près d'un demi-siècle '. Dans son cloître, elle vit tranquillem^ent les vicissitudes du sort qu'éprouvait la dynastie à laquelle elle tenait par les liens du sang. Quelques dames nobles s'étaient empressées de se faire également recevoir dans ce monastère, fondé et doté par la reine Mathilde % et qui n'est plus aujourd'hui qu'un
' Order. Vital , lib. 5.
' Diploma Wilhdmi et Matfiildis pro abbatia Stœ- Trinitntis Cadnm. , de l'an 1082 , dans le tom. xi de Gallia Christ., parmi les Jnstrum. eccles. Bnjoc. , n' 5.