MALADIE
trefois dans l'abbaye de Caen, dont Guillaume était le fondateur, paraît avoir été écrit par l'un des prêtres qui le préparèrent à la mort ; il se ressent un peu de la déclamation d'un prédicateur de ce temps, et du goût des clercs d'alors pour l'amplification. Le fond en doit être vrai néanmoins , et offre beaucoup d'intérêt : aussi Orderic Vital l'a intercalé à peu près tout entier dans sa chronique/
Pour n'être pas incommodé du bruit de la ville de Rouen , le roi s'était fait porter au prieuré de Saint-Gervais, situé sur une colline au nord de la ville; l'église existe encore avec ses restes de construction romaine, et avec la vieille crjpte où ont été enterrés les premiers évêques de Rouen ; mais aujourd'hui l'enceinte de la ville s'étend du coté du nord , au-delà de Saint-Gervais. lii il reçut les soins de Gislebert Mamerot , son ancien
Gulielmo Conquest. , inséré dans ^nglica, IVormann., Hibern., Camhiica a veterihus scriptor. Francfort, 1603, in-fol.
' On pourrait croire que le fragment en question est tiré au con traire de YHist. eccles. d'Orderic Vital , si Wace, qui ne pouvait connaître cet auteur, et qui en diflère si souvent , ne rapportait pas les mêmes détails ; ce (|ui paraît prouver que tous deux ont puisé à une source commune, qui doit être le fragment cité-
médecin , qu'il avait fait , comme nous avons vu, évéque de Lisieux. Gontard, abbé de Jumièges, était médecin aussi, et assistait l'évéquede Lisieux, avec d'autres clercs qui pratiquaient la médecine' . La relation de ses derniers momens , dont il a été question plus haut , donne un très long discours que Guillaume, dit-on, prononça, et dans lequel il récapitula les principaux événemens de son règne. Il ne faut voir probablement dans ce prétendu discours que le résumé de toutes les conversations que Guillaume eut avec les assistans pendant les six semaines de sa maladie , et des volontés qu'il dicta ou déclara durant ce temps. Des notaires étaient là pour écrire ses dernières dispositions. Il assigna d'abondantes aumônes et des dons aux couvens, églises, prêtres et pauvres sur les trésors qu'il avait amassés; il envoya de l'argent à Mantes pour que le clergé rebâtît les églises que dans sa fureur il avait réduites en cendres. Du reste, il disait avec satisfaction qu'il n'avait jamais fait tort à l'église, ni opprimé le clergé'. Mais le souvenir de ses cruautés commises
' Orderic Vital , lib. 7.
' Ibid. — Fragmcntmn de Guhelnio.