‹ Histoire de la notation musicale depuis ses originesChapitre 113 sur 125 · LIVRE VII. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE V

deurs proportionnelles. Quant aui durées, il tes représentait par des signes empruntés à la notation ordinaire et combinés avec les chiffres. Ce système paraît avoir obtenu du succès à son apparition, car le livre de Natorp eut cinq éditions de i8i3 à i8a5.

Un ingénieur du Palatïnat, nommé Ëisenmenger, présenta, en i838, à l'Académie des sciences de Paris, un projet de notation de la musique^ par un système de signes sténographiques de son invention, et par le moyen d'un appareil mécanique composé d'un davier pareil à celui du piano ou de l'orgue , et de deux cylindres, l'un de presse pour la formation des signes, l'autre servant de rapporteur pour la traduction, et tous deux agissant par un mécanisme d'engrenage sous l'impulsion d'une manivelle et d'une vis sans fin. Le succès ne répondit pas à l'attente de l'inventeur.

C'est en i8t8 que Galin fit connaître sa méthode*, basée, comme celle de J.-J. Rousseau, sur l'emploi des chilTres, et ses efforts ne tardèrent pas à être secondés par MM. Aimé Lemoine, Jue, Pastou, Degeslin , et surtout MM. Aimé Paris et Emile Chevé, qui mirent tout en œuvre pour la faire adopter par les maîtres de l'art. L'tdée que poursuivait Galin était d'affranchir l'enseignement de la musique de la nécessité de lire des notes diversifiées par les signes de leur durée, de discerner les diverses dénominations de ces notes en raison des clefs, et d'éviter la multiplicité des signes de toute espèce.

Instinct vement, les artistes lui opposèrent d'aJbord une inertie qui retarda le développement de cette méthode; mais bientôt cette inertie fut suivie d'une critique raisonnée qui réduisit la nouvelle méthode à sa juste valeur. Quoi qu'il en soit, le livre de Galin contient d'excellentes choses, et Fétis, bien qu'adversaire dédaré de son système, n'a pas hésité à le reconnaître dans les termes suivants': cril règne dans cet ouvrage un esprit philosophique très remarquable, et la netteté des idées, l'ordre de leur enchaînement, le style, doivent le faire considérer comme une production distinguée, quelle que soit d'ailleurs l'opinion qu'on ait de l'utilité de la méthode en elle-même. i>

Nous allons tracer un aperçu très sommaire de cette notation telle qu'elle existe aujourd'hui, après toutes les adjonctions qu'y ont faites Aimé Paris et Emile Chevé; elle a fait trop de bruit dans le monde musical, elle est trop répandue, pour qu'il nous soit permis de la passer sous silence.

On prend pour base la gamme du médium de la voix, et on la représente par les sept premiers chiffres :

Ut. Ré. Mi. Fa. Sol. La. Si.

' Trailé de l'art graphique et delà méeaiùque appliqué» à ta musique. Paris, t838. ' ExpoiilioH d'wte nmmeUe méthode pour fenteignement de la miutque. Bordeaux et P ' Bi^cfhie toùetrtelle de* vmààent , a'édit.,t. Ill.p. 3S5.

yGooi^le

Loctave supérieure se compose des mêmes chiffres surmontés d'un point :

12 3 4 5 6 7 L'octave inférieure prend le point au-dessous:

Les dièses s'indiquent par une barre oblique en direction d'accent aigu; les bémols par une barre oblique en direction d'accent grave. Les doubles dièses et les doubles bémols par deux barres, ainsi :

DIÈSBS.

BillOLS.

/ H ;r«fe

fiOUBLKB DliSEB.

DOUBLES BEMOLS.

;r >r ^ etc.

X \ Xe

Le bécarre, étant inutile, n'est pas représenté, et le système, n'admettant point de clefs, n'a, par conséquent, point d'armature.

Il n'y a que deux gammes : la gamme à'ut pour les tons majeurs, et celle de la pour les tons mineurs. Le ton absolu n'existe pas. En tête du morceau on écrit seulement la tonique, c'e.st-à-dire la note que l'on nomme ut ou la. Les mesures sont séparées par des barres verticales; quant à l'écriture des durées, on peut la résumer ainsi :

Tout signe isolé représente une unité de temps.

Cette unité peut être un son articulé, une prolongation ou un silence.

Le son articulé est représenté par un cbiffre, la prolongation par un point, le silence par un zéro répété autant de fois qu'il est nécessaire.

Quand l'unité de durée est fractionnée, les différentes parties en sont toujours réunies sous une seule barre horizontale, et forment en conséquence un seul groupe. Ce fractionnement de l'unité s'opère exclusivement par s ou par 3. Ainsi, les moitiés s'écrivent 1 2, et les tiers 12 3.

L'oreille ne se rendant un compte exact que des divisions binaires ou ternaires, les dérivés des moitiés et des tiers s'écrivent ainsi :

I Quarts dériva 12 34 — Sixièmes dérivés 123 456

/ Sixièmes dérives 12 34 56

Divisions teroaires. j ■ '■-", „

( Neuvièmes dérivés 123 345 543

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