‹ Histoire de la notation musicale depuis ses originesChapitre 124 sur 125 · LITURGIE COPTE · texte numérisé non relu

LITURGIE COPTE

La liturgie copte a été attribuée arbitrairement, et sans que rien justifie cette hypothèse, à saint Marc l'Ëvangéliste , qui aurait fondé l'église d'Alexandrie. Nous ne nous attarderons pas à démontrer l'inanité de cette prétention , déjà déclarée apocryphe par Eusèbe; nous nous contenterons de dire que, de même que la liturgie syriaque, la litui^e copte n'a point de notation musicale. Les recherches de Villoteau en Egypte, pour en découvrir une, ont été sans résultat. Les chants coptes des offices sont beaucoup plus développés que ceux de l'église grecque, à cause de l'usage de vocaliser quelquefois pendant plusieurs minutes sur une seule syllabe'. La longueur de ces chants est telle, que les vêpres, par exemple, ont une durée de quatre à cinq heures.

' Journal atîatiqiie d'avril et mai 1 873 , p. 3o5 et suiv.

' Quoique M. l'abbé Martia ne soit paa un masicograjdM, «t qu'il ait porti §es étodeg et ses investigations d'un autre cAt^, les détails qu'il a bien voulu nous donner sont pleins d'iotâit, el nous le remercions de tout noire cœur de la bienveillance qu'il nous s montra en cette occasion.

' Voir Bibliothèque nationale, n° WVIII, in-&°, des manuscrits orientaux.

yGooi^k

«Ce peuple dégénéré, dit Fétis', s'éteint de jour en jour, et sa dimiautioD progressive est telle, qu'il est, sans aucun doute, destiné h disparaître dans un avenir peu éloigné. »

Les tons du chant ecclésiastique des Coptes sont an nombre de dix. Il est difficile de les distinguer, saaf dans Tintonation préparatoire, les mélodies ayant souvent des transitions très éloignées du ton initial. Le sentiment de la tonalité qui s'établit au conunencement se perd entièrement dans la suite, et Ton éprouve des impressions désagréables produites par des séries d'intonations si peu en rapport les unes avec les autres, qu'on n'y aperçoit point de base tonale. Villoteau, parlant des chants liturgiques des Coptes , dit qu'ils sont monotones et ennuyeux d f excès. Cet effet a plusieurs causes : d'abord la longaeur immodérée des chants; puis finsignifiance des formes mélodiques; enfin la répétition incessante des syllabes et des voyelles d'un même mot; quelques mots suffisent à leurs interminables suites de sons, dont on ne saisît le sens qu'avec une extrême difficulté. A cette obscurité mélodique s'ajoute la lenteur du mouvement de la mesure.

L'absence de notation chez un peuple dont les chants religieux ont une longueur démesurée, est, aux yeux de Fétis, un des faits les plus singuliers de l'histoire de la musique; elle ne peut s'expliquer qu'en supposant les Coptes doués d'une mémoire phénoménale. On doit s'étonner de ce que, ayant emprunté à l'église grecque d'Afrique toute sa liturgie, ils n'en aient pas pris aussi les mélodies avec leur notation.

' RUuÀre générale de h musique, t. IV, p. 97.

INDEX ALPHABÉTIQUi?

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