W HISTOIRE DE LA NOTATION MUSICALE
cune avec son caractère propre et son but spécial ; elles ont pu utilement se compléter l'une par l'autre. La méthode de notation par les sept ou quinze premières lettres de l'alphabet est une véritable notation chiffrée, principalement propre aux ouvrages didactiques. Et de fait, nous ne voyons pas que l'on en ait fait usage autrement que dans les écoles et pour les lécoles.
Les neumes, au moins pendant deux ou trois siècles, ont servi aux deux genres de musique, et nous l'affirmons avec d'autant plus de certitude qu'il existe encore des chansons de cette époque notées en neumes, ainsi que nous le ferons voir plus loin. Les neumes se sont implantés en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, et il est facile de voir qu'ils proviennent tous de la même source. Pendant leur existence de cinq siècles, ils se sont modifiés, et ont, comme toute chose en ce monde, subi des transformations successives.
L'élément principal, celui qui sert de base à tout le système des anciens neumes musicaux, est le ^omi. Un autre élément, presque aussi essentiel, i'aocent, lui fut ajouté : l'aigu pour marquer l'élévation de la voix, ou Varsis, et le grave pour en marquer l'abaissement, ou thésis. Le circonflexe, accent composite, formé du grave et de l'aigu, en devint le complément naturel; mais c'est le point qui fut l'élément générateur par excellence de la notation, la note, en un mol. De lui a été formé le mot contrepoint, simple contraction de puneium contra punetum. Bref, c'est le prototype des notes dont nous nous servons actuellement. Le chapitre xiv de la Musica disciplina, d'Aurélien de Réomé', est d'une haute importance pour démontrer que les accents ont été les générateurs des neumes. Dans l'introduction de ce chapitre, oi!i il traite de la manière d'interpréter le chant du Gloria pairi, il ne se sert que des expressions d'accent grave, aigu et circonflexe [gravis et acutus accentus et circumjlexio).
La définition du point a été nettement exprimée dans un manuscrit du XI" siècle, cité par Th. Nisard^ oii l'on trouve ces mots: «Que sont les neumes ? Les neumes sont des points. Combien de points font un neume ? Deux , ou trois , ou cinq, etc.^.i) N'omettons pas une remarque essentielle: c'est que, chez les auteurs médiévistes, neume a une double signification. Comme signe de notation , ce mot a été le plus souvent employé au masculin pluriel ; s'il devait signifier la récapitulation du ton des antiennes, ou I'euaoub, on le mettait au féminin singulier.
Les neumes musicaux, dont la signification individuelle parait être connue, mais non la signification relative entre eux, sont formés de signes représentant des sons isolés, et par conséquent simples, et de signes représentant des groupes
' Voir ce nom au livre III, chap. iit.
' Isolations du moyen âge, dans la Aroue areliéologique, g* année, p. 37g.
' Quid etl neoma? Neoma lunt puncli. — Quanti pmcti faciaiil itnam neomam? Duo tel très, quinque, etr.
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