LIVRE III. — CBAPITRE I
de sons, et eonsécjnemment compotes. Les neumes simples fondamentaux, selon l'expression de Coussemaker', sont le point, marquant l'abaissement de la voix, et la virgule [virga, virguîa), qui en marque l'élévation. Le neume composé fondamental était le cUvus ou clivis, pour indivis ou incHnis, représentant à la fois l'élévation et l'abaissement de la voix, que l'on marque par l'accent circonflexe. Comme cet accent pouvait être grave et aigu, selon que le premier son était plus élevé ou plus bas que le second , il y en eut de deux sortes : le clivu$ et le podatus, ou pes. En résumé, la virgule représentait l'accent aigu ; le point, l'accent grave ; le clivus et le podatus, l'accent circonflexe. C'est de la combinaison de ces signes entre eux que sont dérïvi^s tous les autres neumes.
Les accents graves ou a^us constituent, dans le langage, une espèce de modulation, dont l'intonation proprement musicale n'est, pour ainsi dire, qu'un développement. Ce rapport, qui existe dans les choses, se remarque aussi dans les noms : accent {accentns) veut dire « chant b [adcanlus). De plus, comme le font observer plusieurs auteurs, les accents sont nommés tttons'n [toni, tenores), et c'est aussi le nom que l'on donne aux modes de la musique. Rien n'était donc plus naturel que de se servir, comme on l'a fait, des mêmes signes pour marquer les accents et pour noter les mélodies.
Le premier des tableaux que nous allons donner est tiré d'un manuscrit ayant appartenu à Fétis, et qui fait partie aujourd'hui de ceux de la Bibliothèque royale de Bruxelles. 11 a pour titre: Breviarium de mnsica, et, quoique sans nom d'auteur et sans date, on peut légitimement le reporter au xi^ siècle.