LIVRE I. — CHAPITRE I
ce volumineux recueil; certes i] l'y aurait trouvée si l'art d'écrire les sons avait été connu des Hébreux, A cet égard, du reste, de longues controverses ont été engagées à différentes époques entre les rabbins de tous pays, dont la majorité (ainsi que cela nous a été affirmé par les plus doctes hébraïsants modernes) a fini par se ranger à l'opinion du célèbre grammairien juif cinqcentiste Elias Levita, lequel ne fait remonter l'écriture des accents toniques et des points diacritiques qu'au temps des Massorètes de l'école de Tibériade, en Palestine, au vi* siècle de notre ère, après la rédaction définitive du Talmud^.
Ces accents toniques, qui diffèrent légèrement comme mélodie et comme dénomination chez les Juifs de nationalités différentes, ne proviennent pas de l'alphabet, et ont quelque analogie avec les neumes. Adrien de La Fage^ les 8 crus «empruntés à l'Egypte à une époque plus ou moins ancienuen; nous ne partageons aucunement celte manière de voir.
Les accents toniques ont une double fonction :
1° Par leur place dans les mots, ils indiquent la voyelle sur laquelle il faut appuyer ;
s" Par leur place dans la phrase, ils marquent les liaisons et les repos, formant ainsi un système de ponctuation assez compliqué. Voici la nomenclature de ceux du rite allemand, dit asckkenazi^:
Zarka (as), ségol (.*.), mounach supérieur (j), mounach inférieur (L.), rebii (— ), mahepacli (>), paschta ()), zakef katan {-i'}, zakef gadol (c), mercha (>), tipcha (c), athnachta (A), sof pasouk (l), pazer (H), telischa ketanah (<^), telischa guedolah (P), kadma (v), azla (c), azla guerisch {<->), guerschayim («), dargba (g), tébir (j'), yétib (<), pézik (V), schalschéleth (|) , sof pasouk final (-t), karné parah (V), mercha kefoulah (Jf), yérach ben yoma (Y).
Ils sont au nombre de vingt-neuf. Le P. Kircher, Bartolocci, Forkel et même Fétîs en ayant donné des interprétations erronées, nous les traduisons en notation moderne, suivant celle de S. Naumbourg [loc. cit.), qui a pour elle toutes les garanties d'authenticité.
j, i'-h Ij II J ri i j r '^1'J J J I I ^ J^%^1^ ^
Msbe - pacb. - PauliU. Zakct - kiUii. - Zakef gi - dal. - Hcrchi. Tipcha.
' Cf. I,. V/o^,HUtoire delà BibU et de l'Ei^gise biblique. Paris, i88i, i vol. in-8*, p. laS.
' Hitimre de la imuique etde h dmue, 1. 1. Paris, i84A.
' S. Naumbourg, ^fotiJiif;^ tcAinm (chaoU religieux des iBraéiiles). Paris, 1876.
y.Gooc^le
6 HISTOIEE DE Li NOTATION MUSICALE.
Tilib. SoT P* - uuli (final).
La forme du yéracK ben yoma est celle de Yathnaehta, mais retourné (Y). Son interprétation musicale n'est plus connue.
Il est probable que les accents toniques, dont les noms sont d'origine araméenne et syro-cbaldéenne, furent, à l'origine, des signes d& ponctuation, auxquels on donna ensuite un sens musical pour mieux les graver dans la mémoire. C'est une espèce de déclamation chantée où les liaisons, les suspensions, les pauses exigées par le sens du texte doivent être observées avec une scrupuleuse attention, mais ce n'est rien moins que la fidèle représentation de la musique des anciens Hébreux.
Les Arabes d'Orient et d'Occident, si nous en croyons Villoteau [loc. cit.), n'ont point de notation courante pour leur musique ; mais on eu trouve des traces dans plusieurs traités composés par leurs théoriciens'.
De ce qui précède, il nous semble résulter que ni les Ëgj'ptiens ni les Sémites n'eurent de notation musicale, et il n'est pas probable que les découvertes de l'avenir nous donnent un démenti.
' Voir Kos^rten , Liber eantilemrum magnus.
yGoot^lc