LIVRE III. — CHAPITRE II
SIGNES DB BIICCB3BI0NS DESCENDiNTES.
Apottropbe, indiquaDt le mouvement descendant d'un degré.. . . ^ Apostrophe double, indiquaDl le mouvement descendant d'un ton. w
Hyporrhoé, signe de desceote rapide de deux degr^ (
Kratéma hyporrhoon, s^ne de descente rapide de deux tons nf
ElaphroH, signe de descente rapide de tierce majeure ou mineure. ^'-\ Kamite, signe de descente rapide de quinte ^
Ces signes n'indiquent pas de sons déterminés; ils s'appliquent aux huit tons et même aux tons moyens. Les intonations qu'ils représentent ne sont que relatives. Voici la traduction des mouvements de la voix, indiqués par les signes suivants :
SIGNES iISGENDjIIITS.
bon. OligoD. Oxéia. Pelhaite. KoDphisma.
Pâasthon. Kealéma double. Kentiou. Hypeile.
SIGNES DBSCBNDiNTB.
i •• ° 1 ° "1 61 . ■ Il
Apostrophe
Apotlrophe double.
Hïporrhoë.
Ison. Élaphron.
IMD. KamUe.
Ces signes ascendants ou descendants reçoivent la désignation générale de corps et d'esprits. Les corps sont les signes de mouvements conjoints; les esprits sont ceux des mouvements de tierce et de quinte. Ainsi, en montant, les corps sont : Yoî^on, Yoxéia, le pelhasle, le koiipkiwia, le pélaslhon et le henlêma double ; en descendant : Yaposlrophe et la double apottrophe. Quant à Xhyporrkoé et au kratéma hyporrhoon, ils ne sont pas considérés comme des corps, parce qu'ils ne marchent pas par mouvements conjoints, ni comme des esprits, parce que leurs mouvements sont trop rapides. Les esprits ascendants sont le kentêma et Vhypsile ; les esprits descendants sont Yélapkron et le kamile. Vin-t tonation propre à chaque corps ascendant se détermine d'une manière positive dès que le ton est connu par l'inscription mise en tête du morceau. L'ison
ihzodbyGoot^le
donne leur sîgni6cation tonale aux esprits descendants. On remarquera que ces derniers ne forment pas une gamme descendante, comme les corps en font une ascendante.
Les signes simples du chant ecclésiastique grec n'ont de signification déterminée que par le signe du ton, de même que les notes européennes n'en ont que par la clef posée au commencement de la portée.
Le chant ecclésiastique grec n'est pas mesuré comme notre musique ; il n'a que des durées relatives. C'est la même chose dans le plain-chant ; seulement, dans ce dernier, les valeurs de temps sont beaucoup moins variées que dans le premier.
Nous empruntons à Villoteau le tahleau suivant :
SIGNES DE TEXPS.
Apoderma t.... i o
Baréia V ^1^ J-
Diplé // i/3 J
Kratéma «. 3/8 J.
Argon ■ tjU J
Piasma ^\ 3/i6 /.
Tracbysma j i/8 J
H existe, dans le chant grec, des hypottases, ou grands signes, qui n'ont point de temps déterminé, car ce sont des signes d'ornement. Villoteau a prétendu qu'il règne parmi eux beaucoup de désordre et de confusion, r S'ils étaient classés méthodiquement, n dit-il [îoc. cit.), Rl'analogïe aurait facilité la connaissance et la nature de chacun d'eux ; mais les musiciens grecs modernes n'ont pas la moindre idée de la méthode, et ce défaut répand dans leurs traités une telle obscurité, qu'eux-mêmes ont de la peine à s'y reconnaître. Nous ne croyons pas,-» dit-il en terminant, «qu'il y ait personne, soit en Grèce soit ailleurs, qui les comprenne parfaitement.it
Fétis a été attiré par ce quasi défi, et a tenté d'expliquer ces hypostases. Aidé et conseillé par deux savants grecs, il les a traduits en notation moderne , et c'est son interprétation que nous donnons dans le tahleau suivant:
TABLEAU DES HÏPOSTASES'.
Lygisma --»
TzakysDia ^
' Ce lablean et les siiivanU doivent être las en def de sol deuxième ligne.
yGoot^lc
LEVHE m. — CHAPITRE II. 63
Parakiéliké -z.
Enarchis ^
Barëia
Chiron clasma 'S-^
Antikénomu
Tromikon synagma /i^ | i lÎJ f \t\î f ^
Kylisma
EkstreptoQ T
Tromikon ^'
Themalismos ^cho
Hétéron parakylisma x
PsifistoD ^
PsiGston synagmn ylf
PsifistoD parakylisma C^^^~^ \ \\^\ ^ \\ {\ ? ^
Antikëno kytisma ^-^ | J'JJJ p JTTI J | |
Thés apothès ^''Ve-
Slauros «^
'""■■ ^-^ I f frfrf r II
Théma haploun "^*^-
Choreuma '^•H — >
fia HISTOIRE DE LA NOTATION MUSICALE.
Nous transcrivons ici, comme exemple, un des chants de l'église grecque, noté comme ils le sont dans les livres des moines et des chantres grecs. C'est une antienne du second ton authentique.
Ep pi tar fti pa fU ta Sa Kpi m» i ri ri firil
9^'- "'1, ^^\ îjj; -^-X^'^^C' -B-»^
ao5 ai yina «et xol i >Aif Ai ^a pSt rà o7d
fia ou' TO<J tp T^ H yta à »i olv à Ki pi et.
En voici la traduction en notation européenne, telle que la donne Fétis' :
mé - la - da - kry
>:\ \\ \ \ \ f\\\u r^rrrrrr i ^ ^
Le chant liturgique grec contient aussi des quarts de ton, que l'on appelle diriston ou dimimitton. Chrysanthe de Madyte, dans son traité de musique ecclésiastique^, dit que la diminuiion est l'amoindrissement par moitié ou par tiers du ton, du demi-ton et de Vhémiole, ou intervalle d'un ton et demi; on l'appelle kyphégis et diésîg.
' Ouvr. cité, t. IV, p. aS.
' Etaayoyyi) els tô S-ïotpiTTMàv xal ■aptaetatip lîft ixnXmiaaloirfs fscvaixift, awtaxOetaa ■mpàt XP^otv TÙv avovSaiàvtuv ivtrlv xari t^ véw fié6olov {Introduction à la théorie et à la praliifue de la munique cccliitiasiique , composée pour l'ysage de ceux qui détirent rapprendre par la nouvelle méthode) . th. TU, p. aa. Poris, i8ai.
Gooi^le