LITURGIE ÉTHIOPIENNE OU ABYSSINE
Une tradition conservée chez les Nubiens et les Abyssins fait de saint Yared, apdtre de l'Ethiopie, l'inventeur de leur musique et de leurs chants religieux. D'après la légende, le Saint-Esprit serait descendu du ciel, sous sa rornie ordinaire de colombe, tout exprès pour lui enseigner les trois modes du chant abyssin : guez, ézel et arat-ay.
Un document ancien, traduit et publié par M. René Basset', nous porte à croire que la notation de ce chant pourrait bien ne dater que du xvi* siècle, car voici ce que dit à ce sujet M. Basset, d'après la chronique éthiopienne :
tr . . . Du temps de Galéoudéouos (milieu du xvi'' siècle) apparurent Azdj Géra et Azâj Râgoueb, prêtres instruits dans la musique, ils commencèrent à faire régner l'usage de la notation dans le chant ecclésiastique, et instruisirent les prêtres de Tadbâba-Mâryâm , que ce prince avait fait bâtir. ■»
Les livres ecclésiastiques éthiopiens sont notés avec les caractères de leur langue, et, de même que dans les byzantins et les arméniens, les lettres ne représentent ni des sons déterminés ni des degrés de modes, mais uniquement des mouvements d'intervalles de sons et des formes mélodiques, ou des ornements du chant. Ces signes sont au nombre de quarante-trois. Nous en donnons le tableau ci-dessous, avec la traduction en notation européenne.