LIVRE m
Forkd le traduit ainsi ' :
■ CHAPITRE m.
Cette notation bizarre, que Bellermann^ a qualifiée de dagienne, de Solovs, c'est-à-dire «avec le spiritus asper-n, et dont le but était de réduire au plus petit nombre possible les signes à employer, n'eut point de succès ; mais, par elle, son auteur avait surtout en vue d'obvier à l'incertitude qui régnait dans l'interprétation des neumes, incertitude telle que l'on ne pouvait jamais savoir si l'intervalle exigé était une tierce ou une quinte. Aussi fait-il valoir en ces termes les avantages de son nouveau système d'écriture: itQuod bis notls, quas usus nunc tradidît, quseque pro locorum varietate diversis nibilominus deformantur Bguris, quamvis ad aliquid prosint remunerationis subsidium minime potest contingere; incerto enim semper videntem ducunt vestigie.n
Hermann Gontract ne doit pas non plus être passé sous silence, car, bien qu'il n'ait pas inventé de système particulier de notation, il a indiqué une manière de noter les intervalles en lettres grecques et latines, qui, de son temps, fut en usage pour aider à déchiffrer les neumes. Il est supposabte que Hermann préconisa cette séméiographie pour protester contre celle de Hucbald. Voici comment il l'a désignée ; E , unisson [œqual) ; S, seconde mineure ou demi-ton [semUmmm) ; T, seconde majeure ou ton [Umui]; TS, tierce mineure ou ton et demi [tonus cum semitonto) ; TT, tierce majeure ou deui tons (ditontu); D, quarte [diatessarony. A, quinte [dïapmte); AS, sixte mineure [diapmie cum $emitonio); AT, sixte majeure {diapmle cum tono); AD, octave [diapente cum diatesKm'on).
C'est par erreur que ces quatre derniers signes ont été représentés par A dans Jean de Mûris (Spéculum mmicœ), Coussemaker {^Scriptores, t. il, p. 3o5) et Fétis [Bù^. univ. des musiciens). Ces deux musicographes ont eu trop grande confiance en Jean de Mûris, qui avoue cependant trne connaître la notation d'Hermann Contract que par ouï-dire [reperisse memoratur) et n'avoir jamais pu l'apprendre par la pratique -n. Jean Gotton, non plus, n*a pas connu de visu le traité d'Hermann, puisqu'il dit: «quod neumanti genus Hermannus Contractus reperisse dicitur, ^ etc.
Ces lettres étaient aussi accompagnées de points et de virgules à propos
' Allgemeine Gesehickie der Miuik, (. II, p. 3io. Lnpiig, 1801.
' Die Tmkilern tind M^uHatolen der Grieehea, 18^7. Cf. aussi Gevaert, osur. cîf«, p. 37g.
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desquels l'auteur dit : <rSed hœc uotœ cum punctis remissas, sine punctis intentas, vocum diOerentias disceraunt praetextas;» ce <\m signifie qu'il entend par remism l'abaissement du soo, et par itilemio son élévation, c'est-à-dire encore, que dtapente remissum est une quinte vers le grave, et diapente iniensmn une quinte vers l'aigu. Jean de Mûris, que nous ferons mieux connaître plus loin, remarque que cette notation était nceteris imperfectior, confusior et incertîorn,etil croit qu'elle fut peu usitée, nputo ipsumparum fuisse usïtatum-i^ L'exemple suivant démontre comment Hermann Contract employait ces lettres combinées avec les neumes. Nous l'extrayons d'un codex latin de la Bibliothèque royale de Munich, n" 1/1965'', fol. j'-S'^
Tj - a Mint bKC, Xrisle, o - pe - ra, ta - a mi - ra - eu - U,elc.
Odon de Cluny, ainsi nommé parce que, en 927, il devint abbé de cette célèbre abbaye où il mourut en 9^2 , étudia sous la direction de Rémi d'Auxerre. Son Dialogus de musica' traite de la division et de l'usage du monocorde, du ton et du deniï-ton, des consonances, des modes, etc. On peut considérer cet ouvrage comme un manuel pratique de la musique de son temps. II est écrit sous forme de dialogue entre un maître et son élève. A l'aide de la division du monocorde, Odon détermine les intonations des quinze tons diatoniques qui composent l'étendue des deux octaves, et arrive à cette formule :
I 3 3 /i 5 6 7 8 9 10 11 13 i3 là i5 16
rABCDEFGabîc d e f g *
Le seizième son dépasse la deuxième octave parce que quelquefois, mais assez rarement, le chant atteignait jusqu'à ce son. Le maître explique à l'élève que les sons b et l| portent tous deux le même chiffre ( 1 0) parce que souvent il se peut que le chant réclame le son p [b mol) et souvent aussi le son l| [b dur), à l'exclusion du précédent*.
Nous trouvons aussi une notation alphabétique d'un auteur inconnu, dont la clef est donnée parBernelin* de Paris (x* siècle), etparrévéqued'Utrecht,
' Nous devons la oommuDication de cet inléreamnl sp^men à l'obligeaoce de notre audit coafrère , M. le D' Hugo RiemauQ, de Bromber^ (Allemagne), auleur des Studien sur Gttdtiehu Jer Noiauekrifi et de plusieurs autres ouvrages didactiques sur la musique.
' Gerbert, Seriptora, elc, 1. 1, p. a5a.
' NouB reviendrons avec plus de détails sur ce sujet au livre V, chap. Ii.
' Cita et veradii>itiomimoehùrdiindiab>nico génère, <^tidGeriK:Tt,Scriplorei, elo. , t, I, p. 3ia-33o.
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