CHAPITRE Hl
Adelbold', qui vivait au xt" siècle. L'échelle, dont nous donnons ci-dessous la traduction , est calquée sur le système immuable grec, commençant par la proshmhammène\ et divisée selon tes trois genres:
DIATONIQDB.
DD K rr II
Les grandes lettres capitales représentent les cordes stables des tétracordes.
Gerbert* nous fait connaître encore trois notations alphabétiques d'auteurs anonymes, dont la première n'est évidemment qu'une simpliâcation de la précédente, fondée comme elle sur le système immuable grec réduit à la division diatonique :
IKL MNOPQR
La seconde ne se distingue de celle-ci que par l'élimihation du tétracorde synemménon. C'est la notation dite Boécienne :
La troisième, faussement attribuée à Odon de Cluny, est caractérisée par plusieurs points :
i" Par sa descente à un degré plus bas que la proilambanomène ;
' DeMwka, t^ Gerbert, Aid., t I., p. 3oâ-3i3.
* Voyei ce qae nous en diaouB au livre II, chop. i, p. 3o.
* Seriplom, etc., 1. 1, p. 34a.
yGoot^lc
a° Par h reproduction des mêmes caractères latins ou de leurs équivalents grecs, à l'aigu, d'octave en octave ; 3" Par ta trite synemmémn {si b) ; h" Et enfin par son étendue à l'aigu de la nèle kyperboîéon {la).
Th. Nlsard ' parle ainsi qu'il suit d'une autre notation alphabétique qu'il aurait découverte, mais il n'en indique pas la source :
(rJe ne connais qu'une notation alphabétique qui s'étende jusqu'à l'Y. Personne ne l'a signalée, et c'est par «« heureux hatard que je l'ai découverte. La voici , comparée à la notation boécienne ;
NOTtTlON DB lOBCE.
abcdefgfaik I mn o p
NOTATION INGONNUE A TOUS LRS BIBLIOGRAPHES.
abcEHlMOXYccddffnn —
Th. Nisard se serait exprimé avec plus de justesse, s'il avait dit qu'il ne connaissait pas de notation alphabétique dans laquelle l'Y fût compris, car celle-ci ne s'étend pas jusqu'à l'Y, puisque bien des lettres de l'alphabet manquent. Avec ce rectiâcatif même, il aurait encore été dans l'erreur, la notation de la triade, que nous avons donnée plus haut, d'après Bernelin et Adelbold, contenant non seulement IT, mais encore le Z. Il n'est pourtant pas supposable que Th. Nisard n'ait pas connu cette notation, bien autrement curieuse que celle découverte par lui.
En résumé, ces diverses notations, tentatives ingénieuses mais stériles de musiciens désireux de faire progresser leur art, ne paraissent pas avoir trouvé d'adhérents lorsqu'elles apparurent; elles sont allées retrouver les neiges d'antan. Guido d'Arezzo les a toutes absorbées. Nous allons consacrer un chapitre spécial à ce grand homme. L'histoire de la notation musicale lui doit tant, que ce serait de l'ingratitude si nous passions légèrement sur lui dans ce travail.
' Etvàen fur les anciennes noUUions de fEuropt, doua la Bevve mxhéologique de 1 859 , 1. 1\ , p. 1 36 , note.