‹ Histoire de la notation musicale depuis ses originesChapitre 73 sur 125 · NOTATION BLANCHE · texte numérisé non relu

NOTATION BLANCHE

Dès les premières années du xiv'' siècle, la notation blanche commence à se montrer, et à sa suite arrivent toutes les innovations séméiographiques qui concourront à la naissance de notre notation. On serait presque en droit de l'appeler aussi notation française, car les principaux auteurs qui en ont parlé et les compositeurs illustres qui l'ont adoptée et propagée, furent des Français ou des Gallo-Belges.

Jean de Mûris ou de Meurs, né en Normandie [Normanmts, connue il se qualifie), fut docteur et professeur en SorLonne à Paris, et vécut, à ce que l'on croit, de i3oo à 1370. C'est, à juste titre, le plus célèbre musicographe du xiv*' siècle. Son Spéculum mimcœ, dont la Bibliothèque nationale possède deux superbes manuscrits*, les seuls connus, est le plus considérable de ses ouvrages, qui se composent de deux livres de musica pratica, d'un livre sur la musique spéculative, d"un petit traité de la musique mesurée, et, d'un autre du contrepoint et du chant sur le livre, intitulé Ars discantus. Dans le deruier chapitre du Spéculum musicœ, il disserte sur la musique figurée, sur son système et sur le déchant. Il y parle de la manière adoptée par certains musiciens d'écrire à l'encre rouge les notes dont ils voulaient modifier la valeur, mais il ajoute tr qu'elle n'était en usage que pour les élégies et les rondeaux ^t'. Marchelto de Padoue l'avait déjà dit avant lui, mais Guillaume de Machault est le premier compositeur du xiv* siècle chez lequel on rencontre le mélange de notes noires avec des notes rouges [notula rubrœ), lesquelles marquaient l'imperfection. U le dit positivement dans fintroduction de sa messe à quatre voix*, que l'on croit avoir été chantée, en i366, au sacre de Charles V, dit le Sage: nLes noires sont parfaites, tes rouges sont imparfaites ^■n Ce qui revient à dire que les notes imparfaites perdaient le tiers de leur valeur.

On conçoit sans peine que l'obligalioti où étaient les compositeurs et les copistes de se servir de deux encres diiïérentes, devait rendre l'écriture musicale fort incommode, et l'on dut chercher à s'affranchir d'une .si gênante sujétion. De (A vient que, pour n'employer qu'une seule sorte d'encre, on remplaça les notes noires ou pleines par des notes blanches ou vides {notulœ vacute, albœ.

' ^°' 7037 et 7307.

' 'Nolulce rubrœ aliquando pommtur in elf^lis e( rondellie, hue el illuc ul ad mviceoi possint runi atiquis perfeclionibus computari."

' Manuscril n' aS, fonds Ln Vollière de la Bibliothèque nationale. ' ir>igrce sunt perfectte, rubrte sunt imperTectee."

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