‹ Histoire de la notation musicale depuis ses originesChapitre 74 sur 125 · LIVRE V. — CHAPITRE II. Ht · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE II. Ht

cavatœ, denigratœ). On appela aussi tes notes noires notes cohrées [nolnlœ cohraUBJ. En outre, la musique mesurable faisant chaque jour de nouveaux progrès, et ses exigences croissant en proportion de l'importance qu'elle prenait, il fallut multiplier les figures de notes et (krire en notation blanche les signes musicaux qui, jusque-là, avaient élè. représentés en notation noire, atin qu'il fût possible de distinguer les nouvelles combinaisons de notes d'un mouvement plus vif, lesquelles furent représentées par des figures noires.

Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que cette innovation dans la musique mesurée coïncidait avec l'invention de l'imprimerie, et cette circonstance nous porte à croire que l'admirable découverte de Gutenberg n'a pas été sans exercer d'influence sur la transformation qui s'opéra dans l'écriture musicale. Ce fut dès lors également que s'établit l'expression de plaîn-climl (caniiu planus) , pour caractériser le chant ecclésiastique' et le distinguer du chant figuré, mesuré, subalterne, selon l'expression de Francon de Cologne. A la vérité, on continua d'écrire le plain-chant avec les signes et les valeui-s de notes qu'indiquaient ces signes, mais on ne tint aucun compte des diverses . valeurs de notes qu'ils représentaient, r Voilà pourquoi, dit Danjou% on adopta le mot;>^nHg pour caractériser le chanl d'église, bien qu'il fût écrit avec les mêmes signes qu'employait la musique figurée, d

C'est donc vers le milieu du \V siècle que l'on voit s'implanter la notation carrée blanche, dont les premiers pères furent Guillaume Dufay et Egide Binchois, chefs de fde de la brillante pléiade des musiciens franco-belges du moyen âge, illustres progénileurs de la splendîde école italienne avec ses innombrables chefs-d'oeuvre. II convient aussi d'adjoindre à ces deux grands musiciens l'Ecossais Jean Dunstaple.

L'influence de Dufay et de Binchois sur les perfectionnements de la notation musicale ne saurait être mise en doute; elle est attestée par Tinctoris, Adam de Fulde, Spataro, GatTori, tous écrivains didactiques qui vécurent à peu près à la même époque que ces deux hommes distingués. Nous en trouvons encore une preuve dans un fragment de poème français, Le Ckampion des dante», écrit vers 1 iSg par Martin Lefrahc, oit on lit ces vers :

Mais ODcques jour ne déchantèrent

En mélodie de tels choii

(Ce que m'ont dit ceux qui les hantèrent),

Que GttiUaume Dt^ay et Binchois.

Car ils ont nouvelle pratique

De faire frisque concordance

En haute et Itasse musique.

En feinte, en pause et e

' Vov«x ce que nous disons b ce sujet au livre III, lin du clinpilre i", p. <' ' Cr. HtBiK de la musique reUgteuse, p. 76. Paris, 18/16.

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Ces vers ne démontrent-ils pas avec la dernière évidence ta haute renommée dont ces éminents artistes jouirent chez leurs contemporains, et l'opinion générale qui avait cours sur les améliorations introduites par eux dans la musique t

La doctrine pour régler la valeur de la brève et de sa pause fut absolument la même que celle de la notation noire; mais la plique disparut pour faire place au point, dont nous allons parler. Donnons d'abord le tableau des valeurs de notes et de silences de la notation blanche.

Maxime

valant 3 longues. .

4 brèves ^ jp^ ^ fj^

8 semi-brèves. . ^ ^ ^ » û S ô Si—

1 6 minimes .

39 demi -minimes.

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Voici, comme exemple de notation blanche, un canon à deux voix, à l'unisson, du mode éoUen, par Jacques Obrecht ou Hobrecht, célèbre compositeur gallobelge du xV siècle, contemporain de Dufay, ou son successeur immédiat :

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