CHINOIS
Pour les anciens habitante du Céleste Empire, la musique était comme le principe de toutes les sciences. Si l'on peut s'étonner d'une chose, en voyant la place d'honneur qu'ils accordaient à cet art, c'est que, arrivé presque d'emblée à un état de perfection bien supérieur à celui de leurs contemporains étrangers, il n'ait pas, depuis plus de quatre mille ans, fait un pas en avant ; c'est qu'il soit demeuré aussi immobile, aussi primitif que les magots de ce pays.
Bien que les traditions chinoises attribuent l'invention de la musique à leur premier empereur, Fou-bî, qui vivait plusieurs milliers d'années avant te Christ, leurs notions certaines les plus anciennes ne remontent pas plus haut que Linc-tON, lequel florissait sous l'empereur Hoang-ti, 3,700 ans environ avant J,-C. Ung-Iuu passe pour avoir inventé l'octave, qu'il divisa en douze parties égales, appelées lu. A l'aide de ces douze lu, il établit des rapports entre les sons de la musique des planètes^, les sept jours de la semaine, les douze signes du zodiaque et les vingt-quatre heures de la journée. Imbus de l'idée que la nature entière contribue à la musique, les philosophes chinois divisèrent les corps sonores en huit classes, ayant pour type un instrument particulier possédant les propriétés qu'ils supposaient inhérentes à ces classes.
Malgré l'obscurité qui règne sur cette partie de l'histoire, nous croyons que l'on peut admettre, sans trop de témérité, que Pythagore a emprunté aux Chinois son quaternaire sacré (la sainte tétraclyij , sa proporUon triple ou séné de qumtes (1, 3, 9, 27, 81, etc.), et en6n son système musical basé sur l'octave; à moins que Pythagore et les Chinois n'aient puisé cette idée à une source commune et plus ancienne qui pourrait bien être l'Inde.
Les Chinois ont eu, et ont encore, deux systèmes musicaux. Dans le premier, ils désignent les intervalles de l'octave par les noms des douze /u, comme dans notre système des douze demi-tons égaux ou tempérés. On divise ces lu en six parfatu, ou impairs, et en six imparfaiUy ou pairs.
' Coneulter i ce sujet le P. Mersenoe, La PrOudes dt Pharmome univerMtUe, ou QMtHoiu ettriauet, t^ktauxprédiealain, aia: Aéohgieiu , aux aitrologua , anxmédeciiu et aux philoëopkti. Paris, i63i, in-S*. — Cerone , El meiopeo y maettro o mugieo perfitlo , traclado de mutica Atorùa y pratiea. Naples , i6t3, in-folio, — Le P. Nasaare, Etevela mutica ttgm la pratwa modenut. Saragoase, 1793-179&, i vol. in-folio. — Etimeno, Delf origine e dtlU regoU dtlla mutica, mUa iloria del tuo progretto , decadmui e niMonuùmf. Rome, 177A, gr. m-k'.
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