N<m-lu R
1 3. Yng-tchming Mi.
Le plus grave des lu, comme on vient de le voir, est le koang-ichout^ ft cloche jaune -o. C'est le générateur des autres sons, et il répond à la onzième lune, qui commence au solstice d'hiver. Le second degré, ta-lu «grand coopérateurn, répond à la douzième lune, et agit avec le précédent sur la germination et sur le développement des productions de la nature. Chaque degré de cette échelle marque ainsi un moment de ce développement, et le douzième, yng-tehoung n cloche d'attente n , répond à la dixième lune.
Cependant (inconséquence la plus choquante qui se puisse imaginer), il n'existe, dans la musique chinoise, rien qui ressemble, même de loin, à l'emploi des intervalles chromatiques; on n'y rencontre jamais ni le demi-ton accidentel, ni les demi-tons naturels de la gamme diatonique. Dans aucun air, dans aucune phrase mélodique chinoise n'apparaissent les deux demi-tons de la gamme européenne : mî-fa, ti-ut. Les théoriciens chinois ont dit' que le n (pien-tché) et te nu (pien-koung) «sont aussi inutiles dans la musique que le serait un doigt de plus à chaque main v. Ces deux sons n'existant pas dans leur gamme, elle n'est composée que de cinq notes, dans cet ordre : fa, sol, la, ut, ré, correspondant aux cinq touches noires de notre piano.
Dans le second système, ils réunissent deux lu pour en former un ton ; seulement on n'a jamais su de quelle manière ces tons se succèdent, car ils ne forment pas une série d'intervalles consécutifs. Les théoriciens ont fini par s'arrêter au système de cinq tons et de deux demi-tons, mais en éliminant ces deux derniers de la gamme. Voici les noms de ces tons et demi-tons, accompa^és de ceux de notre échelle qui leur correspondent :
Koung. Chang. Kio. Pien-tcbé. Tché. Yu. Pieo-Koung. fa. Soi La. Si. Ut. Ri. Mi.
Les demi-tons, qui existent seulement en théorie, mais que ton proscrit dans la pratique, tirent leurs noms de ceux des tons supérieurs voisins, auxquels on ajoute le mot ;}tett, signifiant «qui devient, qui se résout sur n. KinBi, pien-teké veut dire » qui se résout sur le lehén , etpien^coung , a qui se résout sur le koung -n.
Le système modal des Chinois a donc pour type le mode de /a, lequel serait
* Le P. Amiot, Mimmret eoneerrumt l'hùtoire, kt tcitnca, la arit, ki mmart ei k$ tuages de» Qùnoii, par le» mi»»ioimaire» de Pékin, L VI. Paris, 1776.
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