TABLATURES
La musique instrumentale, de son côté, n'avait pas fait moins de progrès que la théorie et la séméiologie. Les instruments à manche et à cordes pincées, tels que le luth, le théorbe, la guitare, la mandore, etc., étaient dans toutes les mains. L'orgue et le clavecin faisaient l'objet de t'élude de tous ceux qui prétendaient au litre de musicien. On avait atteint, sur les instruments à clavier, un tel degré de perfection, que les pièces pour orgue, clavecin ou virginale des maîtres du xvii^ siècle, offriraient de sérieuses diOicullés d'exécution à nx>3 plus habiles pianistes. Quant au violon, à la viole et à leurs dérivés, il suffit de dire que Corelli, Stradivarius, Amati et Guamerius existaient alors.
La complication des morceaux de musique offrant de trop grands obstacles à une bonne impression par les caractères ordinaires (la typographie n'étant
' \tii erfundene tmd grûndliche Aiuweuuuff, elcHanbourg, 1711. ' Exen^^ariithe Organuten-Pnbe , etc. Hambotu^, 1719-
* Hattdhiiekv(mdemGentralbaMt*ndierContponhon,e\c.^A\0, lySS.
* NouetaH tytlimt de mutique théorique, eic Paris, 1736.
' Trailé de l' accompagnement du eiaeeein, de l'orgue et de quelquct mttre» tnttntment». Paris, 1680.
* Traité abrégé de taecoa^agnemenl potir l'orgue et pow le clavecin. Paris, 170&. ' Traité de l'aeeon^MgnemeHt du elattein.f tria, 1719.
* L'aride loucher du clavecin. Paris, tji";.
Gooi^le
pas assez avancée sous ce rapport) , il fallut recourir à un moyen pratique pour en faciliter et en simplifier l'écriture. On inaagina donc la uAlature, c'est-à-dire une représentation de l'instrument, ou plutôt de ses cordes, sur lesquelles on notait, par des lettres ou par des chiffres, les différentes positions des doigts pour exécuter la musique instrumentale. C'est précisément parce qu'on se servait de la notation alphabétique pour marquer la position des notes sur la table du monocorde, que l'on adopta ce nom de tablature.
On fit de même pour les instruments à vent et h trous latéraux, comme la flûte, le hautbois, le basson, etc., dont on reproduisit la forme sur le papier, en faisant partir de leurs trous des lignes horizontales sur lesquelles, de distance en distance, on traça des O vides ou pleins. S'il est plein, l'O (#) indique que le trou doit être bouché; s'il est vide (O), c'est que le trou doit demeurer ouvert pour former tel ou tel son désigné. En outre, on traça des lignes verticales tombant perpendiculairement sur Tes lignes horizontales ; en les suivant et en observant les O vides ou pleins, on connaît quels sont les trous à ouvrir ou à boucher pour obtenir un son voulu. Aujourd'hui encore, les méthodes pour ces instruments sont munies de tablatures de ce genre.
Mais les instruments pour lesquels la tablature devînt indispensable étaient ceux de la famille des instruments à cordes pincées et à manche. Pour que l'on nous comprenne mieux, nous allons expliquer la tablature du tkéorbe, le plus compliqué des instruments de cette espèce, et qui, avec le /uf&, fut d'un usage presque général aux xvi* et xvii* siècles.
Le théorhe, ou thuorbe (que les Italiens appelèrent aussi ehittarone, ou «grande guitares), se composait d'un corps sonore mis en vibration au moyen de six cordes passant sur la toqche, dont cinq en métal et une chanterelle en boyau; d'un manche très long et bifurqué à la partie supérieure, où venaient s'attacher cinq autres cordes métalliques plus longues que les six autres et destinées à être pincées à vidé par le pouce de la main droite. Voici quel était son accord :
Cordes paiMnl «ur II hmcht.
La portée sur laquelle on écrivait était composée de six lignes, dont chacune représentait une des cordes de la touche :
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