‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 11 sur 147 · On · texte numérisé non relu

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Ce que nous venons d'énoncer sur la notation chinoise et sur la musique de ce peuple s'applique également aux Cochinchinois, aux Japonais, aux Coréens et aux habitants du Tonquin, qui sont de même origine, ont les mêmes peu- Adrien de La Page, Histoire de la musique et de la danse. — Le P. Amiot, loc. cit. Félis, ouïr, cité, t. 1, p. 6o.

chants et les mêmes mœurs. Cependant, il y a lieu d'espérer que les Japonais, avec leur amour excessif pour la musique, qu'ils cultivent presque avec passion, joint à leur intelligence et à l'esprit progressif dont ils sont animés, finiront par modeler leur système musical sur celui des Européens, qu'ils imitent déjà en bien des choses, et qu'ils dépassent même à certains égards.

Nous croyons qu'on ne lira pas sans intérêt l'air cochinchinois suivant, pour guitare à quatre cordes, avec la prononciation figurée des notes en annamite1.

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ho xu' xàn

ho xu' xàn xé xàn xu' xàn xu' xàn c6n xé xàn côn xé

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]in lin u u u iin u lin côn xé lin côn xé lin côn

On voit que la gamme annamite, comme la gamme chinoise, est incomplète ; cependant, on connaît de ce peuple un air pour les enterrements, exécuté par deux ou trois flûtes, où les demi-tons diatoniques sont employés.

De ce que nous avons dit, il ressort qu'en pratique, sinon en théorie, les Cékstials se servent d'une gamme composée de cinq notes, offrant trois secondes majeures et deux tierces mineures, que l'on peut représenter ainsi :

Ut.

Ré.

Mi.

Soi.

La.

Ut.

ae maj. ae maj.

3e min.

a° maj.

3e min.

Ce que les Chinois cherchent dans la musique n'est pas la sensation produite directement par les sons, mais les symboles que ces sons rappellent à leur esprit. Cette étrangeté explique, jusqu'à un certain point, pourquoi l'art musical est demeuré stationnaire chez eux, et pourquoi ils en ont borné l'emploi à quelques formules consacrées. L'examen des livres chinois traitant de la musique prouve qu'elle n'a pas varié depuis une longue suite de siècles. Arrivé, presque à son début, à un état de perfection très marqué, cet art n'a plus fait un pas, et ne peut progresser qu'en se transformant d'une manière radicale. Mais comment espérer le moindre progrès d'un peuple pour lequel l'immobilisme est ce qu'il y a de plus parfait?

Cf. Michel Duc' Chaigneau, Souvenirs de Hué, p. 210. Paris, 1867, 1 vol. in-8°.

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