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LITURGIE COPTE

La liturgie copte a été attribuée arbitrairement, et sans que rien justifie cette hypo-

thèse, à saint Marc l'Evangéliste, qui aurait fondé l'église d'Alexandrie. Nous ne nous attarderons pas à démontrer l'inanité de cette prétention, déjà déclarée apocryphe par Eusèbe; nous nous contenterons de dire que, de même que la liturgie syriaque, la liturgie copte n'a point de notation musicale. Les recherches de Villoteau en Egypte, pour en découvrir une, ont été sans résultat. Les chants coptes des offices sont beaucoup plus développés que ceux de l'église grecque, à cause de l'usage de vocaliser quelquefois pendant plusieurs minutes sur une seule syllabe3. La longueur de ces chants est telle, que les vêpres, par exemple, ont une durée de quatre à cinq heures.

1 Journal asiatique d'avril et mai 1872, p. 3o5 et suiv.

2 Quoique M. l'abbé Martin ne soit pas un musicographe, et qu'il ait porté ses études et ses investigations d'un autre côté, les détails qu'il a bien voulu nous donner sont pleins d'intérêt, et nous le remercions de tout notre cœur de la bienveillance qu'il nous a montrée en cette occasion.

3 Voir Bibliothèque nationale, n° XXVIII, in-/i\ des manuscrits orientaux.

«Ce peuple dégénéré, dit Fétis1, s'éteint de jour en jour, et sa diminution progressive est telle, qu'il est, sans aucun doute, destiné à disparaître dans un avenir peu éloigné, n

Les tons du chant ecclésiastique des Coptes sont au nombre de dix. Il est difficile de les distinguer, sauf dans l'intonation préparatoire, les mélodies ayant souvent des transitions très éloignées du ton initial. Le sentiment de la tonalité qui s'établit au commencement se perd entièrement dans la suite, et l'on éprouve des impressions désagréables produites par des séries d'intonations si peu en rapport les unes avec les autres, qu'on n'y aperçoit point de base tonale. Villoteau, parlant des chants liturgiques des Coptes, dit qu'ils sont monotones et ennuyeux à l'excès. Cet effet a plusieurs causes : d'abord la longueur immodérée des chants; puis l'insignifiance des formes mélodiques; enfin la répétition incessante des syllabes et des voyelles d'un même mot; quelques mots suffisent à leurs interminables suites de sons, dont on ne saisit le sens qu'avec une extrême difficulté. A cette obscurité mélodique s'ajoute la lenteur du mouvement de la mesure.

L'absence de notation chez un peuple dont les chants religieux ont une longueur démesurée, est, aux yeux de Fétis, un des faits les plus singuliers de l'histoire de la musique; elle ne peut s'expliquer qu'en supposant les Coptes doués dune mémoire phénoménale. On doit s'étonner de ce que, ayant emprunté à l'église grecque d'Afrique toute sa liturgie, ils n'en aient pas pris aussi les mélodies avec leur notation.

1 Histoire générale de la musique , t. IV, p. 97.

INDEX ALPHABÉTIQUE

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