CHAPITRE I
lien, a, comme l'autre, pour éléments les lettres de l'alphabet grec, te Destinée, dit Fétis1, à indiquer les intonations par quart de ton dans la première octave et par demi-ton dans la deuxième, elle se fait remarquer par l'ingénieuse simplicité de son système, d Déjà était établie la division de l'échelle par létracordes, et l'on avait combiné les signes pour ce système. En effet, les dix sons par quart de ton de la première quarte (et que nous désignons toujours par le signe 4>) sont représentés par les dix premières lettres de l'alphabet grec2. Les voici :
X) o fcn ~tmr
nn
^e ih&
TT
La notation de la deuxième quarte conjointe de cette échelle enharmonique est celle-ci :
IS
-e ih&
ffo 9°
~rs~
La simplicité de ce système de notation est évidente, puisque tous les signes de la première quarte reparaissent dans la deuxième, et dans le même ordre, précédés d'un iota (t), qui les caractérise comme appartenant à cette deuxième quarte. Le signe qui la complète est le kappa (x), lequel va devenir caractéristique de la troisième quarte conjointe, comme on le voit ici :
ny
QZ
TU
L'échelle cesse d'être enharmonique après la mèse ; les quarts de ton disparaissent, ainsi que leurs signes, et la note caractéristique de la troisième quarte (x) ne s'ajoute plus qu'aux signes des demi-tons : S, s, 7/. La quarte est complétée par le lambda (X).
1 Histoire générale de la musique, t. III, p. 106. Fétis dit que ces lettres provenaient de l'alphabet archaïque grec. Nous croyons qu'il a commis une erreur, car dans le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, de Daremberg et Saglio, on ne trouve comme archaïque que l'alphabet dérivant des lettres phéniciennes. 11 nous paraît probable que les lettres de cette ancienne notation grecque ont été empruntées à l'écriture cursive. Cette notation, nous le savons, est contestée, notamment par M. Ch.-Em. Ruelle, qui soutient que ces lettres ne sont que le numérotage des signes de notation. Mais quelque respect que nous ayons pour l'opinion d'un helléniste aussi distingué que M. Ruelle, nous ne pouvons la partager, et nous croyons celle de Fétis assez logique pour nous y rallier. Du reste, nous présentons cette notation sans vouloir l'imposer, et laissons à de [dus érudits que nous le soin de décider la question.
La quatrième quarte, caractérisée par ce lambda, n'a plus que des demitous; elle se complète par la lettre mu (pi). Sa notation est celle-ci :
A A/3 A<5 >s Ai? f*
Enfin la cinquième quarte, caractérisée par le mu (jx), et incomplète du premier demi-ton, se note par
(x p@ fx<5 f*s f*w
-© iirO-
Pourquoi cette notation, si simple dans son principe et conçue si rationnellement, fut-elle abandonnée pour celle qu'on attribue à Pythagore, avec ses anomalies? Nous ne saurions le dire, car les anciens auteurs gardent le silence sur ce sujet, et Aristide n'a pas complété ses renseignements. Ce qu'il y a de certain, c'est que d'alphabétique qu'elle était, la notation grecque devint, pour ainsi dire, arbitraire, et ses complications ont fait pendant longtemps le désespoir des savants qui ont essayé d'en entreprendre l'étude. La faute en revient surtout à Alypius, qui, dans ses tables des quinze modes, dans la triade des * genres diatonique, chromatique et enharmonique, a fait monter le nombre des signes représentatifs des notes au total fantastique de seize cent vingt! Mais Perne {lac. cil-.) a démontré que ce nombre n'est qu'apparent, car ces signes ne représentent «que des intonations déterminées qui se retrouvent dans tous les modes diatoniques •>•>. C'est pour n'avoir pas fait cette distinction, c'est pour s'être laissé éblouir par la fantasmagorie des signes présentés sans méthode par Alypius, que Burette1 a été conduit à la fausse conception de seize cent vingt notes. et Ces diverses modifications, dit-il, faisaient en tout cent vingt-cinq caractères différents, dont le nombre se multipliait considérablement dans la pratique. En effet, chacun de «es caractères indiquait plusieurs sons, suivant quon l'employait dans la tablature des voix ou des instruments, et suivant qu'il entrait dans celle de l'un ou de l'autre des quinze modes, variés chacun par les trois genres, et composés chacun de seize sons exprimés par dixhuit cordes: il arrivait de là que ces cent vingt-cinq caractères produisaient seize cent vingt notes, n
Cette conclusion est erronée : c'est la classification des signes par modes et par genres, qui a le grave inconvénient de les reproduire autant de fois que leurs intonations correspondantes reviennent dans les gammes. Le tableau
Dissertation sur la mélopée de l'ancienne musique, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. V, p. 18 2.