‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 35 sur 147 · LIVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE I

desons, et conséquemment composés. Les neumes simples fondamentaux, selon l'expression de Goussemaker1, sont le point, marquant l'abaissement de la voix, et la virgule (virga, viigula), qui en marque l'élévation. Le neume composé fondamental était le clivas ou clivis, pour indivis ou indinis, représentant à la fois l'élévation et l'abaissement de la voix, que l'on marque par l'accent circonflexe. Gomme cet accent pouvait être grave et aigu, selon que le premier son était plus élevé ou plus bas que le second, il y en eut de deux sortes : le divus et le podalus, ou pos. En résumé, la virgule représentait l'accent aigu ; le point, l'accent grave; le clivus et le podatus, l'accent circonflexe. C'est de la combinaison de ces signes entre eux que sont dérivés tous les autres neumes.

Les accents graves ou aigus constituent, dans le langage, une espèce de modulation, dont l'intonation proprement musicale n'est, pour ainsi dire, qu'un développement. Ce rapport, qui existe dans les choses, se remarque aussi dans les noms : accent (accentus) veut dire ce chanta (ad canins). De plus, comme le font observer plusieurs auleurs, les accents sont nommés rctons-n (toni, lenores), et c'est aussi le nom que l'on donne aux modes de la musique. Rien n'était donc plus naturel que de se servir, comme on l'a fait, des mêmes signes pour marquer les accents et pour noter les mélodies.

Le premier des tableaux que nous allons donner est tiré d'un manuscrit ayant appartenu à Fétis, et qui fait partie aujourd'hui de ceux de la Bibliothèque royale de Bruxelles. Il a pour titre: Breviarium de musica, et, quoique sans nom d'auteur et sans date, on peut légitimement le reporter au xic siècle.

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