‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 64 sur 147 · IP · texte numérisé non relu

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Al - - - le ------ lu - in al - le lu

îa.

Cette notation bizarre, que Bellermann'2 a qualifiée de dasienne, de Saavs, c'est-à-dire ce avec le spiritus aspern, et dont le but était de réduire au plus petit nombre possible les signes à employer, n'eut point de succès ; mais, par elle, son auteur avait surtout en vue d'obvier à l'incertitude qui régnait dans l'interprétation des neumes, incertitude telle que l'on ne pouvait jamais savoir si l'intervalle exigé était une tierce ou une quinte. Aussi fait-il valoir en ces termes les avantages de son nouveau système d'écriture: rrQuod his notis, quas usus nunc tradidit, quœque pro locorum varietate diversis nibilominus deformantur figuris, quamvis ad aliquid prosint remunerationis subsidium minime potest contingere ; incerto enim semper videntem ducunt vestigie. v

Hermann Contract ne doit pas non plus être passé sous silence, car, bien qu'il n'ait pas inventé de système particulier de notation, il a indiqué une manière de noter les intervalles en lettres grecques et latines, qui, de son temps, fut en usage pour aider à déchiffrer les neumes. Il est supposable que Hermann préconisa cette séméiographie pour protester contre celle de Hucbald. Voici comment il l'a désignée: E, unisson (œquat); S, seconde mineure ou demi-ton (semitonium) ; T, seconde majeure ou ton (tonus); TS, tierce mineure ou ton et demi (tonus cum semitonio) ; TT, tierce majeure ou deux tons (ditonus); D, quarte (diatessaron) ; A, quinte (diapente) ; AS, sixte mineure (diapenle cum semilonio); AT, sixte majeure {diapente cum tono); AD, octave (diapente cum diatessaron).

C'est par erreur que ces quatre derniers signes ont été représentés par A dans Jean de Mûris (Spéculum musicœ), Coussemaker (Scriptores, t. II, p. 3o5) et Fétis (Biogr. univ. des musiciens). Ces deux musicographes ont eu trop grande confiance en Jean de Mûris, qui avoue cependant «ne connaître la notation d'Hermann Contract que par ouï-dire (reperisse memoratur) et n'avoir jamais pu l'apprendre par la pratique1». Jean Cotton, non plus, n'a pas connu de visu le traité d'Hermann, puisqu'il dit: «quod neumanti genus Hermannus Contractus reperisse dicitur, n etc.

Ces lettres étaient aussi accompagnées de points et de virgules à propos

1 Allgemcine Geschichte der M mile , f. II, p. 3io. Leipzig, 1801.

"' Die Tonleitern itnd Musiknolen der Griechen, 18/17. ^ aussi Gevaert, ouvr. cilé , p. 379.

desquels l'auteur dit : « Sed hœc notae cum punctis remissas, sine punctis intentas, vocum differentias discernunt prétextas ; d ce qui signifie qu'il entend par remissio l'abaissement du son, et par inlensio son élévation, c'est-à-dire encore, que diapenle rcmissum est une quinte vers le grave, et diapente intensum une quinte vers l'aigu. Jean de Mûris, que nous ferons mieux connaître plus loin, remarque que cette notation était «ceteris imperfectior, confusior et incertiom, et il croit qu'elle fut peu usitée, crputo ipsumparum fuisse usitatum. v L'exemple suivant démontre comment Hermann Gontract employait ces lettres combinées avec les neumes. Nous l'extrayons d'un codex latin de la Bibliothèque royale de Munich, n° i/io,65a, fol. 7v-8rl.

S-T e. ' tJ"s.

I tsjs

Tu a sunt h*c, Xriste, o ■ pe ra, tu - a mi - ra - eu - la, etc.

Odon de Cluny, ainsi nommé parce que, en 927, il devint abbé de cette célèbre abbaye où il mourut en 9^2, étudia sous la direction de Rémi d'Auxerre. Son Dialogus de musica2 traite de la division et de l'usage du monocorde, du ton et du demi-ton, des consonances, des modes, etc. On peut considérer cet ouvrage comme un manuel pratique de la musique de son temps. Il est écrit sous forme de dialogue entre un maître et son élève. A l'aide de la division du monocorde, Odon détermine les intonations des quinze tons diatoniques qui composent l'étendue des deux octaves, et arrive à cette formule:

rABCDEFGablc d e f g a

Le seizième son dépasse la deuxième octave parce que quelquefois, mais assez rarement, le chant atteignait jusqu'à ce son. Le maître explique à l'élève que les sons 1? et ^ portent tous deux le même chiffre (10) parce que souvent il se peut que le chant réclame le son b (b mol) et souvent aussi le son fcj (b dur), à l'exclusion du précédent3.

Nous trouvons aussi une notation alphabétique d'un auteur inconnu, dont la clef est donnée par Bernelin4 de Paris (x° siècle), et par l'évêque d'Ltrecht,

Nous devons la communication de cet intéressant spécimen à l'oblijeance de notre érudit confrère, M. le Dr Hugo Riemann, de Bromberg (Allemagne), auteur des Studien zur Gcschicide der Notensckrift et de plusieurs autres ouvrages didactiques sur la musique.

2 Gerbert, Scriptores, etc., t. I, p. aôa.

3 Nous reviendrons avec plus de détails sur ce sujet au livre V, chap. n.

Cita et vera divisio monochordi in diatonico génère, apud Gerbert, Scriptores, etc. , 1. 1 , p. 3i 2-33o.

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