‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 70 sur 147 · I II III IV V VI VII · texte numérisé non relu

I II III IV V VI VII

a kl c d e f g

1 II III IV V VI Vil

Faisons observer que si Guido a marqué le gamma, il ne l'a timbré d'aucun chiffre; s'il lui a donné une place dans son monocorde, c'est, comme le dit dom Jumilhac1, par une espèce de condescendance pour l'ancien usage du système des Grecs, et pour ne pas choquer les personnes peu intelligentes ni accroître la jalousie que plusieurs avaient déjà conçue contre sa nouvelle méthode.

Il n'a donc pensé ni au système de Yhexacorde ni aux muances, dont on veut qu'il soit l'inventeur. Cependant, si l'on en croyait Fétis, qui, à la vérité, formule son opinion d'une façon dubitative, Guido y aurait contribué, mais dans une mesure bien minime. Ce qui paraît appartenir incontestablement à Guido, dit Fétis2, c'est la représentation de l'échelle générale des sons par les cinq voyelles a, e, i, o, u, appliquées aux syllabes des deux chants de l'Eglise : Sancte Johannes meritorum tuorum, etc., et Linguam refrenans temperet, etc. Au commencement du chapitre xvu de son Micrologue, il dit positivement que cela était inconnu avant lui : et His breviter intimatis aliud tibi planissimum dabimus hic argumentum utilissimum usui,licet hactenus inauditum. n ïl conseille d'écrire ces cinq voyelles sur le monocorde, au-dessous des lettres représentatives des sons, rren recommençant la série des cinq voyelles autant de fois qu'il est nécessaire jusqu'au son le plus aigu. .. ri II ne serait pas impossible, ajoute Fétis, que la triple série de voyelles, dont chacune représente des notes différentes, eût donné Vidée du système des muances, qui s'établit ensuite dans toutes les écoles de musique.

Oui, sans doute, il se peut que les successeurs de Guido aient été inspirés par ce procédé pour en arriver à leur monstrueux système, mais on conviendra que Guido n'en doit point porter la responsabilité. Entre le système des cinq voyelles et celui des muances il y a un abîme. Du reste, les auteurs ses contemporains dont nous avons les œuvres ne disent pas un mot de sa prétendue méthode de solmisation par l'hexacorde. Ainsi Bernon, abbé de Reichenau (ioA5), n'en parle pas dans son Tonarius3, ou Règle des tons; Hermann Gon-

La science et la pratique du plain-chant. Paris, 1670, in-folio. Biographie universelle des musiciens, t. IV, p. 1 53. Apud Gerbert, Scriplores, etc., t. II, p. 62-127.

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