CHAPITRE I
d'Aquilée et moine du mont Cassin, hymne dont les premiers vers de la première strophe sont :
Ut queant Iaxis /îesonare fibris, Miva geslorum Famuli tuorum, Sohc poilu ti Labii reatum, Sancto Johannes ! '
Certains auteurs ont prétendu- que Guido choisit ces syllabes pour en faire les noms de sa gamme : d'abord Guido ne s'est jamais servi de ce terme, car il employait toujours le mot monocorde; puis, si telle avait été son intention, il ne se serait pas borné à six notes seulement, puisqu'il connaissait la théorie de l'octave, la considérant comme la suite la plus naturelle. Guido déclare eh outre qu'il y a sept degrés dans l'échelle musicale, et que sept lettres ou caractères doivent être employés pour les représenter. Voici comment il s'exprime dans le prologue en prose de son antiphonaire :
r L'octave [diapason) est la répétition de la même lettre de chaque côté (de la gamme), comme de B en b, de G en c, de D en d, ainsi du reste. Car, de même que l'un et l'autre son s'indiquent par la même lettre, ainsi sont-ils considérés comme étant de même nature et d'une similitude parfaite. De même aussi les sept jours de la semaine étant écoulés, nous les recommençons de telle sorte que nous appelons toujours du même nom le premier et le huitième jour, ainsi nous figurons et nommons de la même manière les sons à l'octave, parce que nous sentons qu'ils consonnent entre eux en vertu d'une
' Un manuscrit du Micrologue de Guido d'Arezzo, dalanl du xue siècle, et appartenant à la bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles (voyez Perraud, Essais sur la musique. Lyon, 1877), contient une version de l'hymne à saint Jean notée en neumes sur une portée de trois lignes, avec lettres servant de clefs. Sa rareté et son importance historique nous engagent à la reproduire. En outre, le chant actuel de cette hymne différant sensiblement de celui en usage à l'époque de Guido, nous en donnons la traduction en notation moderne, dans la forme usitée au xnc siècle. Voici cette version :
Ar
Ut queant la - xis re-so-na-re fi-bris, mi - ra ges-to-rum fa-mu-li tu-o-nim,
yV
s^ ^ yv
sol - ve pol - lu - ti la - bi - i re-a-tum, sanc-te Jo-hannes.
TRADUCTION
Ql
ÊÊ
I ' Il
Ut queant la - xis re-so-na-re fibris, mi - ra ges-to-rum fa-mu-li lu-o-rum,
pj9 f> f p f> ? |
sol - ve pol-lu-ti la-bi-i re-a-lum, sauc - te Jo-han-nes. ' La Borde, Essais sur la musique ancienne et moderne. Paris, 1780, in-4°, vol. III, p. iq4-3A5.
Sa HISTOIRE DE LA NOTATION MUSICALE.
harmonie naturelle. D'où il suit que le poète a pu dire, avec grande raison, qu'il y a sept degrés dans les sons, qui, alors même qu'ils semblent se multiplier, ne constituent pas pour cela une addition, mais une répétition, une récapitulation des uns et des autres, u
Puis il donne ces exemples dans les deux octaves du chant :
TABCDEFG