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Pour aider à l'intelligence des anciens auteurs latins, italiens et français qui ont écrit sur la musique, nous croyons utile de donner le tableau suivant:
es
A La, mi, ré.
B Fa, mi.
C Sol, fa, ut.
D La, sol, ré.
E Lrt, mi.
F frt, ML
G »So/, JY, M/.
ce
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A La.
B F«, mi.
C Sol , M/.
D La, sol.
E Zrt, mz.
F Fa, ut.
G So/, ré.
«a es fa
A J//, fa.
B Fa, si.
C l>o/, ut.
D La, m
E Si, mi.
G M, so/.
Cette dernière dénomination française ne fut inventée qu'après linlroduo
tion de la syllabe si. Les écrivains français les plus anciens se sont servis de la même dénomination employée par les auteurs latins et italiens.
On sait que les hexacordes dérivent des tétracordes grecs. Si l'on compare la méthode des muances avec la solmisation hellénique, on trouvera aussi entre ces deux systèmes plus d'un point de contact. Ainsi, les syllabes re, t<x, t*i, tw, répondaient exactement à nos syllabes modernes ré, mi, fa, sol, et pour continuer la, si, ut, il fallait reprendre xa, tv, tw; de plus, nous avons fait voir que, pour étendre les octaves à l'aigu comme au grave, on substituait des noms les uns aux autres; c'est bien là le principe des muances. Seulement nous devons reconnaître à l'avantage des Grecs, qu'ils ne faisaient de dénomination double ou triple de la môme note que dans les cordes qui appartenaient à la fois aux tétracordes conjoints et disjoints, tandis que les muances se produisaient aussitôt que l'on changeait d'hexacorde.
cr Nous croyons, dit d'Ortigue1, que ce système de solmisation, tout compliqué et irrationnel qu'il était, du moins quant à la désignation de certaines notes, a été pourtant la sauvegarde de cette tonalité, et qu'il n'a disparu que lorsque le plain-chant, déjà altéré par le contact de la musique proprement dite, s'est laissé absorber par celle-ci. v
Nous croyons, nous, malgré ce que dit d'Ortigue, que, loin de la regretter, il faut applaudir à la suppression d'un système vraiment monstrueux, d'une incommodité flagrante et d'une difficulté inouïe, système qui a duré trop longtemps, puisqu'il nous faut arriver à la seconde moitié du xvic siècle avant de constater les premiers symptômes de réaction contre lui.
' Dictionnaire de plain-chant et de musique d'église, in-/»°, p. 886. Paris, i854.