LIVRE V. — CHAPITRE I
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La longue avait une durée double de la brève. C'était la figure de noies sur laquelle la voix devait insister. Dans la mesure ternaire ou parfaite1, la longue valait trois brèves.
La brève ou carrée (quadrangularis sine aliquo iraclu, selon l'expression de Francon) était l'unité de mesure. C'est sur elle que se réglaient toutes les autres valeurs de notes; c'est elle aussi qui devint le type presque unique de la notation du plain-chant, parce que, comme le dit dom Jumilhac (Joe. cit.), <r elle sembla la plus propre tant à marquer l'égalité de la mesure des notes qu'à faire la liaison des unes avec les autres, n
La semi-brève, ainsi que l'indique son nom, valait la moitié de la brève. C'était la figure de notes sur laquelle la voix devait couler. L'exemple de la chanson précédente, du châtelain de Coucy, en donne la preuve. Elle se divisait en majeure et en mineure. La majeure valait deux tiers de la brève parfaite, et la mineure valait l'autre tiers. Ainsi, la semi-brève majeure en contenait deux mineures. La semi-brève correspondait à notre ronde; dans la notation moderne, elle a supplanté la brève comme signe d'unité de mesure.
La brève pouvait avoir deux valeurs différentes sans changer pour cela de figure; elle pouvait être droite (recta) ou altérée {altéra). La brève droite valait un temps; la brève altérée en valait deux. Elle était droite quand elle suivait ou précédait isolément une longue, comme :
Lorsque deux brèves étaient entre deux longues, comme :
ou même lorsque deux brèves précédaient une longue, comme
la première était droite et la seconde altérée.
Voyez même chapitre ce que nous disons de la perfection el de Y imperfection.
Si la première brève était suivie d'un point appelé sigmim perfectionis ou divisio modi, comme :
chaque brève devenait droite.
Bien d'autres règles, trop longues à rapporter ici, s'appliquaient encore à la brève.
Le silence, équivalent de la brève, avait également son signe graphique; il consistait en une barre verticale placée entre deux lignes de la portée, de cette manière :
Lorsque la pause-brève équivalait à une brève altérée, elle se marquait comme la pause-longue imparfaite, c'est-à-dire qu'au lieu d'occuper un seul espace dans une portée, elle occupait deux interlignes. Exemple :
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On comptait six espèces de pauses :
La première valait trois temps, ou une longue parfaite; la deuxième valait deux temps, ou une longue imparfaite; la troisième, un temps, ou une brève; la quatrième, deux tiers de temps, ou une semi-brève majeure; la cinquième, un tiers de temps, ou une semi-brève mineure; la sixième n'avait aucune valeur de durée; on l'appelait pause non mesurable, et aussi pause finale, parce quelle était toujours destinée à former la clôture d'un morceau de musique. Elle embrassait toute la portée.
Le soupir (suspiratio) , suivant Jean de Garlande, était une pause plus apparente que réelle; il pouvait exister avec ou sans trait, et il valait moins qu'une brève.
On lit dans le traité anonyme des Règles sur l'art du déchant1 :
ccN° âS. La pause est l'omission d'un son représenté par une figure équivalente dans l'un des modes.
«IN0 â9. Les pauses valent autant de temps qu'elles embrassent d'espaces de la portée, hors celle qui embrasse toutes les lignes et qui est appelée non mesurable. Exemple :