‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 83 sur 147 · JU · texte numérisé non relu

JU

II. — Chanson de Guillaume de Machault (deuxième moitié du xive siècle).

lig. lig.

l'VI'i

Jaim la fleur de va-lour sans fo - lour et l'a-our nuit et jour par sa-vour.

lig. lig. lig. lig.

Car d'a-tour de coulour de dou - cour et d'o-dour et l'oimour ne mil - lour

''ff- ''ff- ligature.

n'est de li pour ce en lan-gour. Veil bien mo - rir pour' l'a-niour.

TRADUCTION

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f c I r rrff^l r 1! F CJ

' Bien que l'original ne porte aucune armature à la clef, nous croyons qu'il y faut un si b , car celte chanson est évidemment dans notre ton de fa. Dans ses Fondateurs de l'opéra-comique, M. P. Lacome a reproduit cette chanson avec un bémol à la clef.

La notation noire comportait encore bien d'autres règles qu'il nous semble inutile de reproduire. Au reste, nous écrivons l'histoire de la notation et non un traité didactique. Les lecteurs désireux de connaître ces règles avec plus de détails consulteront les ouvrages des auteurs qui vinrent après Francon et qui écrivirent sur Yars antiqua. Ces auteurs sont :

1° Jean de Garlande, originaire de Lorraine, chanoine régulier et scolastique de l'abbaye de Saint-Paul, à Besançon, qui vécut dans la première moitié du xne siècle, et qui a laissé un traité de musique portant le titre de: Tractalus musicœ mensurabihs1.

2° Jean de Bourgogne, lequel vécut dans les dernières années du xnc siècle, et qui a l'ait une sorte de tableau synoptique des valeurs des notes de la musique mesurée, auquel il a donné le nom à'arbor (arbre).

3° Walter Odington, bénédictin du monastère d'Evesham, comté de Worcester (Angleterre), qui, vers 1217, a composé un traité de musique intitulé: De speculatione musicœ2, dans lequel il cite Francon, mais où l'on voit que la doctrine de la musique mesurée était connue avant lui. Ce livre, où son auteur fait preuve d'une vaste érudition, est divisé en dix-sept chapitres, dont le sixième est consacré à la notation noire.

h° Jérôme de Moravie, dominicain, né dans le pays dont il porte le nom, et qui vécut vers 1 260 dans le couvent de son ordre de la rue Saint-Jacques, à Paris, où il se trouvait en même temps que saint Thomas d'Aquin. Il est l'auteur d'un traité de musique, sorte d'encyclopédie musicale du temps, dont on ne connaît qu'un exemplaire appartenant à la Bibliothèque nationale3, et qui a pour titre: Tractatus musicœ , compilatus afratre Hycronimo Moravo, ordini Fratrum prœdicatorum . Il y relate les travaux de Francon, de Jean de Garlande et de Pierre Picard (Pelvus Picnrdus), lequel serait demeuré ignoré sans lui4, et donne des exemples d'un haut intérêt sur la notation, la mesure musicale et l'harmonie.

5° Marchetto (surnommé de Padoue, à cause du lieu de sa naissance), qui vécut dans la seconde moitié du xm° siècle, et qui a écrit deux ouvrages de musique très importants: i° le Lucidarium in arte musicœ planœ, et 20 le Pomerium arlis musicœ mensurabilis , vers 127/1. Le premier, comme son titre l'indique, traite exclusivement du plain-chant. Le Pomerium, que Gerbert a reproduit5, est un long et savant commentaire sur la doctrine de la musique mesurée de Francon de Cologne; il élucide de nombreuses difficultés inhérentes à la notation en usage sur la fin du xiuc siècle et au commencement du xivc.

1 Dans Coussemaker, Scriptores, etc., 1. I, p. i5<). ' Ibid. , t. I, p. 216.

N° 1817, fonds Sorbonne, ancien 1 2/1/1.

Manque dans ia Biographie universelle des musiciens de Fétis. 5 Scriptores, etc., t. III, p. 65- 188.

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