CLEFS
Les clefs, qui, d'après Poisson2, «ont été ainsi appelées par métaphore, parce qu'elles ouvrent comme la porte d'une pièce de chant, n furent définitivement classées et formées. Déjà en 12/10, au dire de Walter Odington, il y en avait cinq en usage3 : ce II y a cinq clefs principales usuelles, c'est-à-diiv deux graves, deux aiguës, une suraiguë; les graves sont celles de T et F; les aiguës, celles de C et de g; la suraiguë, celle de d4.
Les plus usitées au xivc siècle, d'après la Caliopea de Jean Hothby, dont nous parlons plus loin, étaient au nombre de quatre : F grave du premier ordre, ordinairement figurée par trois points; C aiguë du premier ordre, marquée par deux points; h du premier ordre et A du deuxième ordre aigu représenté par p.
Au xvic siècle, on abandonna les lettres pour donner de nouvelles formes aux clefs. Le P. Kircher5 prétend que si l'on est un peu familiarisé avec les
1 Wolfenbultel , t. III, 1619.
2 Traité théorique et pratique du plain-chant appelé grégorien. Paris, 1750.
3 ttQuînque claves sunt principales usuales, scilicet duœ graves, duœ acutae, una superacula ; graves scilicet r et F, aculae C et g, superacuta d.»
' Coussemaker, Scriptores, etc., t. I, p. 216.
s Musurgia universalis s'we ars magna consoni et dissoni , etc., 2 vol. in-folio. Rome, i65o.
anciennes écritures, on trouve sans peine que nos clefs se rapportent chacune à la lettre défigurée de la note qu'elle représente. Ainsi la clef de sol était, originairement, un G; la clef à\u, un C, et la clef de fa, un F, comme il est facile de s'en rendre compte par le tableau suivant des transformations diverses subies par nos clefs.
nu i