IV DISCOURS
fut proclamée la religion de la majorité du peuple français; c'était la simple énonciation d'un fait public^ incontestable, audevant duquel s'arrêtaient d'elles-mêmes toutes les inductions de l'esprit de parti. La reconnaissance , l'admiration , mieux encore , la conscience du devoir, unissaient tous les esprits et toutes les âmes dans un commun sentiment d'amour de la paix, d'oubli du passé. Mais les jours de l'Empire avaient été comptés. L'instrument dont la Providence s'élait servi pour opérer tant de merveilles fut brisé par elle seule. La journée de Waterloo expia l'abus que Napoléon avait fait de sa puissance , et ne laissa au possesseur de tant de royaumes que son roclier de Sainle-Ilélène et la mémoire impérissable de ses grandes actions. Louis XVni , ramené sur le trône de ses pères par une main invisible , fut enlevé trop tôt à la Restauration. Ne jugeons point celui qui lui succéda. Pour nous , le mallieur
PRÉLIMINAinE. V
est sacré. Sous ce règne , que la tempête de 1850 a emporté en un moment , il n'y a qu'un événement en efifct mémorable : c'est la prodigieuse accélération du mouvement religieux dans toutes les classes de la société. Le feu rallumé par les mains de Napoléon avait pris les plus heureux accroissemens , et partout le zèle des ministres du sanctuaire était puissamment secondé par la ferveur des peuples et les efforts des gens de bien. C'était là un phénomène bien digne de fixer l'attenlion de l'homme d'état et du législateur; il n'échappa point a la sagacité de l'un de nos publicistes les plus profonds. M. le vicomte de Donald , dans une opinion prononcée a la Chambre des Pairs, et rendue pubUqiie en 1825, en faisait l'authentique déclaration. Une année ne s'était pas écoulée , qu'un écrivain déjh célèbre prolestait solennellement contre cette assertion, et donnait aux espérances du noble pair le démenti le plus explicite par ces paroles :