XXXII DISCOURS
le nombre de ses sectateurs. Or, c'est là surtout ce qui excitait nos alarmes. La doctrine de M. de La Mennais , nous dit un de ses disciples les plus ardens, bien que repoussée par le corps épiscopal, avait fait néanmoins de nombreuses conquêtes parmi les ecclésiastiques du second ordre , que l'exercice du saint ministère met en point de contact journalier avec les habitans des villes et des campagnes. C'était , de l'aveu du même écrivain , une puissance élevée dans le sanctuaire à côté de l'autorité épiscopale, et souvent supérieure h la sienne (1). Elle exerce sur une portion considérable de la Jeunesse cléricale un ascendant presque irrésistible (2). Avant qu'il n'eût publié ses Paroles d'un Croyant j M. de La Mennais était encore a l'apogée de sa gloire , et peut-être que l'autorité même des cen-
{\) M. Lacordaire, Considérât., etc., p. 36, 37. (2) M. Boyer, Exameti du Syst., etc., préface j p. xxxr.
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sures dont sesprcccclens écrits étaient l'objet, n'eût pas prévalu contre la séduction qu'ils avaient entraînée. Il n'y avait que lui qui pût se détrôner lui-même. S'il est vrai que le trait le plus marqué du caractère de M. de La Mennais fut l'esprit de prosélytisme, jamais novateur n'eut plus qu-e lui a s'applaudir de ses succès. 11 est bon d'entendre à cette occasion un critique qui paraît l'avoir bien connu. « Ce besoin de domination qui V l'a toujours travaillé , cette espèce d'at- « traction presque invincible qu'il a exercée, « dès le commencement même de sa car- « rière , sur presque tout ce qui était jeune, « intelligent et curieux de l'avenir, cette « soif de conquête entretenue par des vic- « toires dont la dernière en appelait preste que toujours une autre plus glorieuse enw core , cet apostolat intellectuel , en cxal- K tant sans mesure en lui la conscience (f d'ailleurs si profonde de sa force, a été, « ce nous seml)le , Tune des causes les plus