CHAPITRE XIÏÏ
Réfutation de M. de La Mennais. MM. de Cardaillac, Receveur, Rozaven, Boyer et autres.
C'était une sainte pratique de tout temps usitée dans notre Eglise de France, que, du moment oii de graves erreurs s'élevaient , on commençât par les déférer au Siège apostolique. Saint Bernard, prenant la plume pour réfuter Abailard, ne manque pas de rappeler cet usage (1 ) , et l'épiscopat
(d) Contra error. Ahail. [proefat. ad pap. Innoc, II , p. 644, edit. Mabillon.
français avait dignement rempli ce devoir dans la circonstance présente, «c Est- il » , demandait l'éloquent abbé de Clairvaux , « un cœur chrétien qui .ne doive repousser « avec horreur ces profanes nouveautés de « langage et de conception (i)? « Plus d'un athlète se présenta dans la liccj et la vérité trouva de savans défenseurs parmi les laïques eux-mêmes.
Un des premiers que l'on vit s'engager sur ce nouveau terrain fut un des professeurs de l'Université de Paris , aussi recommandable par la lucidité de son enseignement, que par l'aménité de ses mœurs.
Dans une édition nouvelle de ses Leçons élémentaires de Philosophie , M. de Cardaillac , jaloux de prémunir la jeunesse de nos écoles contre le danger des systèmes, s'attacha, en passant, a démasquer celui-ci (2).
(1) Quis non horreat profanas novitates et rociini «t sensuum, (^Ibid.^Tp. 645).
(2) 2 vol. m-8% Paris, 1832, chap, xr. p. 329.
Il prouve que le Novateur détruit tous les principes de la certitude et de l'autorité ; il fait ressortir ses paralogismes, ses contradictions , ses faux raisonnemens j et , par une lumineuse dialectique , renverse tout l'édifice de cette raison générale du genre humain.
La Faculté de Théologie de Paris n'avait pas craint de faire connaître toute sa pensée sur les écrits de M. de La Mennais. On ne le lui a pas pardonné.
Dans cette même Université, si fort décriée par nos docteurs modernes; oii l'on respire avec l'air, nous disent-ils , l'ignorance et le doute (i) , cloaque impur d'impiété et de corruption (2) , un autre professeur jetait sur ces doctrines le coup d'œil pénétrant d'une logique exercée (5).
(J) M. Lacordaire, Considcrat.^p. 180.
(2) M. de La Mennais, Avenir, n. 10, etc. La Belig ion dans ses Rapports , p. 90, 92-, etc.
(3) Coup d'œil sur le Syst. de M. de La Mennais , par M. Pujol.
Ailleurs, un jeune cartésien, mais cartésien comme l'avaient été Bossuel , Daguesseau, Fénelon , vengeait l'honneur de son école , et , dans un livre publié sous le titre à' Observations critùjues sur le système de M. de La Mennais , réhabilitait la raison , la certitude et l'évidence , ébranlées par le pyrriionisme moderne (1).
Des théologiens , parmi lesquels nous citerons avec honneur MM. Bâton et Wrindts, discutaient le principe d'autorité , avec le bon sens, la sévérité de ton et de style qui conviennent au langage de la vérité. On ne leur répondait que par d'insultantes plaisanteries. Dans un écrit à qui toutefois il faut reprocher d'excéder trop souvent les bornes de la charité, la doctrine de M. de La Mennais était déférée au corps épiscopal, a l'Eglise de France et au saint
(1) 1 vol. in-J2, Besançon, 1821 , par M. Receveur, professeur de philosophie à Besançon, aujourd'hui Suppléant à la Faculté de Théologie de Paris. T. I. 28
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Siège , comme destructive du Christianisme (i).
Un écrit bien supérieur a tous ccux-la , composé a Rome, et publié en France, a porté au plus haut point d'évidence la démonstration des erreurs de la nouvelle école. A l'occasion d'un écrit de M. Gerbet, apologétique du système de M. de La Mennais (2) , M. Rozaven combat a la fois le maître et le disciple , en suit pas a pas la AocXvme philosophico- théologique ^ la réduit au silence, et, par sa belle méthode, par la vigueur de son argumentation, par la politesse de son langage , reproduit parmi nous la célèbre Société h qui la science et la Religion ont dû tant d'utiles monumens.
Mais la vérité catholique allait trouver un organe encore plus éloquent dans un de
(1) Par M. l'abbé Paganel.
(2) Examen d'un ouvrage intitulé : des Doctrines pliilosophiqîies sur la certitude , par M. l'abbé Gerbet , par J.-L. Rozaven , de la compagnie de Jésus , 1 vol. in-S". Avignon , 1833.
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nos plus sa vans théologiens , nourri à l'école des Lachétardie , des Wuitasse , des Tronson, des Emery : M. l'abbé Boyer publia son Examen de la doctrine de M. de I^a Mennais , considérée sous le triple rapport de la philosophie , de la théologie et de la politique (1), et il fut vrai de lui appliquer à lui-même ce qu'il dit des bons livres en général : « Que ce sont ces eaux de « la sagesse , ces fleuves de science et de « vérité qui vivifient le champ de l'Eglise , « ce beau soleil qui dissipe les ombres de <f l'erreur plus redoutables que les ténè- K bres palpables de la nuit (2). » On y vit la discussion la plus étendue , la plus approfondie , qui eût encore paru sur celte matière. Un court aperçu de cet ouvrage en fera sentir la haute importance.
Après une lumineuse exposition du sys-
(1) 1vol. in-8% Paris, 08.34.
(2) Dans \yivis au lecteur, qui précède Tavanlpropos.
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tème de M. de La JVIennais (chap. i), l'dirteur démontre que ce système est suspect par sa nouveauté ; sophistique dans ses preuves et dans son langage (chap. ii). Obscurité générale , termes non détinis on mal définis , questions étrangères mêlées au sujet principal ; état de la question mal posé : tels sont les vices qu'il lui reproche. 11 l'accuse d'être faux et incohérent dans ses principes (chap. ni), opposé à la raison générale , et condamné par la méthode d'autorité (chap. v), inutile aux vues de l'écrivain (chap. vr), impraticable (^ibicl.) , dangereux dans ses conséquences inévitables (chap. vn) j contraire, en particulier, à la doctrine de saint Augustin. Il répond (chap. ix) aux objections ; venge Descartes des attaques que lui porte M. de La jMennaie ; conclut que tout le système est en opposition absolue avec la foi et la doctrine catholique.
Telle est la marche de ce livre , excellent
tant pour le fond des choses, que pour lu netteté , l'abondance et la pureté du style.
Honneur donc au Sacerdoce français, qui n'a pas dégénéré de la gloire de ses pères !
Les Vétérans du Sacerdoce avaient beaus'effrayer du danger de ces doctrines et les signaler a l'autorité épiscopale j leur nouveauté était couverte par l'éclat d'un style si éblouissant, auquel on était si peu accoutumé dans ces sortes de matières , que leurs objections les plus solides comme les plus pacifiques étaient comptées pour rien ou renvoyées k leurs auteurs avec dédain. C'étaient, répondait-on, des vieillards octogénaires jusqu'à l'imbécillité, ne vivant que de quelques souvenirs d'école , ensevelis dans les vieilles routines des siècles d'autrefois. La lumière s'était fait jour avec M. de La Mennais. La hardiesse de ses pensées le mettait seul en harmonie avec la marche et les progrès de l'esprit du siècle. L'éloquence dans cet écrit s'élevait a la hauteur de la théologie , pour
emprunter ses foudres a la nuée qui l'enveloppe. C'étaient Ta d'ailleurs de pures spéculations philosophiques, oii chacun est libre de se faire un système; une région jusque-là inconnue , pour laquelle il avait bien fallu créer un langage nouveau. On ne le comprenait pasj et c'était là en effet le refrain habituel du parti.
L'esprit de système y était donc a peine aperçu sous cette brillante écorce. Après tout, le zèle comme le besoin de la réforme excusaient des écarts dont l'auteur prévenait d'ailleurs le danger par l'assurance d'une soumission sans bornes aux décisions du corps épiscopal et du saint Siège Apostolique.
Tels étaient les argumens qu'opposaient à toutes les objections les admirateurs de la Défense covauiQ ceux de V Essai. M. de La Mennais leur en fournissait tous les matériaux. Ils ne faisaient que répéter son propre langage, et s'en contentaient.
Impatiens d'abréger la roule de la science, et bercés de l'espoir d'arriver du premier pas à rcxlrémilé de la carrière, nos jeunes Docteurs durent saisir avidement un système qui comblait Vabîme existant entre l'homme et l'Eglise ^ entre la raison humaine et la raison divine^ entre l'homme et Dieu (1 ). Telle est la déclaration que nous en fait dans son dernier ouvrage M. l'abbé Lacordaire, comme témoin oculaire. Dociles adeptes, ils se laissaient entraîner sans nul effort par la magie d'une puissance irrésistible (2) ; et qui sait? peut-être le charme dure encore.
(1) M. l'abbé Lacordaire, Considérât. ^ p. lijii, 200; tout le chap. ix.
Cl) Ibid.,^. 31.
CHAPÏTKE XIV,
Autres écrits de M. de La Mennais , publiés postérieurement à l'Essai sur l'Indijférence.
Le livre de la Défense avait plus nui que profité hl'auteur àeV Essai sur V Indijjfërence. Rien n'y était résolu ni éclairci ; mêmes sopliismes , mêmes paradoxes prolixement développés ; la fièvre d'imagination que l'on avait prise pour de l'éloquence s'était amortie dans les arides discussions an commentateur. Elle n'avait fait qu'amener de
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plus profonds clissentimens (i). La surprise avait fait place au mécontentement. La curiosité trompée se vengeait par l'ennui ou par la critique. L'indignation assoupie s'éveilla a la lecture des écrits qui succédèrent. Ce furent , entre autres productions du même genre , les Lettres à Msf V archevêque de Parisy à M. Vcvêque cl' Herinopollsj au R. P. J^ entura j théologien de Ptome^ qui, d'abord séduit par de beaux dehors, mais bientôt désabusé, avait hasardé quelques observations. Les répliques de M. de La Mennais avaient soulevé les cœurs les plus indifférens. Les articles insérés dans le Conservateur^ dans le Drapeau blanc ; les Kéflexions sur l'état de l'Eglise au xviii^ siècle^ suivies de Mélanges religieux et philosophiques , le Mémorial catholique , précurseurs du journal de V Avenir ou ses continuateurs, fatiguaient ses partisans euxmêmes par la monotonie des déclamations
(:1) M. Larordaire , ConsuUr., p. 37.
contre les Protestans et les Philosophes, les diatribes contre la raison individuelle , les calomnies convenues au sujet du Cartésianisme et du Gallicanisme , les utopies séditieuses mêlées à l'hérésie. 11 y avait dans cette politique haineuse une acrimonie qui désolait tous les amis de la religion (i). C'est l'aveu d'un écrivain qu'il n'accusera pas d'avoir été son ennemi, M. de La Mennais voulut ramasser ces traits épars dans un seul faisceau , et publia les deux productions dçnt nous allons rendre compte. Les ouvrages antérieurs composaient la première période de la conjuration dont ceux-ci présentent le second acte.
Dans le dessein hautement manifesté de regénérer l' intelligence humaine j entrait nécessairement la réforme de tout l'ordre social. La nouvelle école ne.se le dissimulait pas. Une pente naturelle menait les esprits des discussions théologiques k celles
(']) L'Univers religieux, n. 177.
(le la politique. Lulliers'y éliiit trouvé porté par la seule force des choses. Noncontenlede tout brouiller dans l'ordre religieux, la Réforme aspirait à tout renouveler dans l'ordre civil et séculier. Elle l'a bien fait voir dans tous ses livres, publiés "a diverses époques, pour affranchir, disait-elle, les peuples de la tyrannie du clergé. « Et quand la Réfor- <f niation , disent ses historiens, n'aurait « rendu d'autre service au monde que ce- « lui-là , Luther mériterait la reconnaissance « de tous les princes, aussi bien que de tous i( leurs sujets. Il attaqua constamment le « colosse de l'autorité ecclésiastique , qu'il « renversa dans plusieurs pays(1). » Non moins ambitieuse dans ses vues d'amélioration , la secte Lamennaisienne prétend h l'émancipation de l'humanitdj et c'est là le grand œuvre qu'elle ne cesse de poursuivre. La question des Indulgences , première
(1) De Sekcndovi-, /liât, de la Rrform., [)ai-l. i, p. 314 cl 3J.'j, note.
pomme de discorde jetée dans le sanctuaire par le novateur de Wirtembcrg, était d'une bien moindre importance que celle de la certitude en matière de foi; et si celle-lk attaquait la tradition dans la croyance du purgatoire et de la justification, celle-ci avait des conséquences bien plus graves, puisqu'elle sapait dans ses fondemens la tradition et l'autorité de l'Eglise catholique tout entière. Luther du moins ne prétendait pas, il s'en vantait du moins, confondre l'une et l'autre juridiction. Il avait respecté la barrière posée par le divin législateur entre l'une et l'autre. En relevant l'autorité des princes et des magistrats , et leur donnant un nou\>eau lus ire j il ne voulait ni assujétir l'Eglise à leur domination , ni donner à l'autorité séculière l'empire sur la foi et les consciences (i). C'est ce qu'il enseigne doctement dans son livre de l'autonlc des.
(1) De Sekeridorf , Hisl. de la Réforme. M. de Lsi Mennais , Essai sur l'Indijfcr., t. 1^ p. 178.
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magistrats j publié en 1534 3 et quand Muncer, avec se;s Anabaptistes, imagina d'établir son empire universel , en commençant son règne par la destruction des cliàteaux , le pillage des églises , l'incendie des monastères et le massacre des magistrats, promettant aux peuples de l'Allemagne que la dernière heure de la tyrannie avait sonné, et que c'en était fait de toutes les oppressions (1 ), Luther essaya, par ses prédications et ses écrits , de réprimer ces fanatiques mouvemens. « Quel malheur pour l'Europe, « s'écriait-il, si j'avais' l'âme sanguinaire, « et si j'étais assez audacieux pour exciter « des séditions ! Combien de sang n'aurais-je « pas fait couler en Allemagne? » Mais il était trop tard. C'était lui-même qui avait donné le branle a tous ces mouvemens séditieux , et , par sa première révolte , avait
(1) Calrou, Hist. des yinahapt.,t. I,p.2f). Sleidan, Comment., lib. iv, ad aiin. 1525, t. I, p. 110, 111 j Franco-Furti , 1610. Meyncrs, Hist. de la Rrform., 1). 1^1.
rendu inévitables les sanglantes tragédies dont ses extravagans imitateurs allaient donner le spectacle au monde. Il suffisait à Muncer, aCarlostad, àStorck, de promener sur les cendres de la Souabe la bannière sur laquelle le patriarche de la Réforme avait écrit de sa main : Frères .^ vous êtes appelés à la libei'te: T^ocati estis ad lihertatem y fratres. Il avait beau faire des livres sur le légitime usage de la liberté. Ses propres actes et les passions populaires leur donnaient un caractère tout autrement éloquent et persuasif. Luther du nïoins proteste contre les Insurrections. Nous verrons si M. de La Mennais, armé du même principe, a respecté les restrictions que le fougueux Apôlre du xvi^ siècle y avait mises lui-même ; et s'il avait réservé a ses feuilles de V Avenir et à ses Paroles d'un Croyant ses confidences sur les rapports religieux avec l'ordre civil et politique.
Déjà M. l'abbé de La Mennais avait
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jeté le masque. Irrité des protestatiors que plusieurs évêques avaient faites contre ses doctrines, et plus encore delà demande par eux adressée au Pvoi pour qu'il voulûtbien faire usage de sa royale autorité, à l'efîet de mettre un frein a ses emportemens séditieux, M. de La Mennais publia ses Progrès de la Réi^olution. C'était un appel a toutes les passions populaires, un libelle diffamatoire conlre tout ce qu'il regardait comme opposé à son rêve de civilisation imiversellc. L'ouvrage , déféré aux tribunaux , fut flétri par une sentence judiciaire. C'était deux ans avant la révolution de juillet. Profitant de la disposition générale des esprits en faveur des principes religieux , et d'un retour sincère k l'unité catholique , il avait imaginé de se rendre plus agréable encore au. Siège romain, en outrant ses prérogatives les plus incontestables, et d'enchérir encore sur les prétentions ultramontaines , abandonnées de tous les partis. Pour cela, il fallait re-
louveler les idées de Grégoire VU et de Boniface VllI , faire de l'autorité pontificale l'unique puissance qui doive régir les hommes ; M. de La Mennais l'entreprit. Tout devait céder a son génie , et la puissance de Bossuet , et les vieux souvenirs de la France, et les répugnances de Rome même à s'engager dans une querelle que sa sagesse avait toujours écartée. Encore lui eût- on pardonné son exagération d'ultramontanismc; mais prêcher l'indépendance absolue, armer les peuples contre tous les gouvernemens j outrager la majesté royale sur tous les trônes, consacrer l'anarchie, anéantir dans ses bases tout l'ordre social: un pareil projet, trop clairement exprimé, réveilla les cœurs chrétiens et religieux. On commença enfin à ouvrir les yeux sur les productions précédentes, et l'on découvrit que même V Essai sur l'Indifférence couvait, pour ainsi dire , les doctrines anarchiques qui devaient éclore plus tard ; que son prin^
cipe fondamental de la raison générale n'était qu'une proclamation déguisée de la souveraineté populaire j son prétendu affranchissement de l'Eglise, qu'une révolte contre les rois et les magistrats j sa théorie de liberté indéfinie, qu'une conjuration, dont le but était le bouleversement de la société tout entière ; qu'en faisant de son témoignage universel une autorité vivante et infaillible , c'était forger une institution rivale de l'Eglise chrétienne j en un mot , qu'après avoir appliqué aux sociétés civiles et dans toute sa rigueur, l'axiome : Voxpopuli, vox Deiy plus tard il se verrait amené logiquement a l'appliquer k la société religieuse elle-même. De deux choses l'une : ou M^ l'abbé de La Mennais n'avait pas mesuré la portée de son principe j et dans ce cas, que penser de cette profondeur de génie que lui supposent ses partisans? Ou il en avait calculé toute l'étendue; et alors, que penser de la conscience du prêtre qui se T. I. 29
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dit catholique? Voyons si le dilemme va être résolu par le nouvel ouvrage que nous allons examiner. Chacun de ses livres sert en quelque sorte d'introduction a celui qui va suivre.
Etait-ce celui-là qui devait faire suite à V Essai sur l'Indifférence, et en être le cinquième volume, comme l'auteur l'annonce dans une note (i). C'est la même intempérance de zèle frondeur et haineux, la même dureté de langage dans la poursuite du Protestantisme , du Philosophisme du dernier siècle , avec de plus violentes excursions contre le Gallicanisme. Les révélations s'y montrent plus à découvert , et la calomnie s'abandonne sans nulle pudeur aux plus violens excès.
Ce nouvel écrit , publié en i 826 , dix ans après la publication de \Essai , en était la véritable continuation. Les questions qui y sont traitées tiennent au fondement même
(1) ha Religion consi^Jérée , etc., p. 153 (note).
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de l'ordre politique et de l'ordre spirituel j aussi l'auteur lui donna-t-il pour titre : La Religion, considérée dans ses rapports avec l'ordre civil et politique.